Je suis retombé sur ça tout à l’heure et je me souviens qu’à l’époque (Ah, l’époque !), ça m’avait bien fait rire (et aujourd’hui encore d’ailleurs, je vois pas pourquoi j’utilise l’imparfait). Je pense que ça se passe de présentation, juste des couples de mots masculin/féminin avec leur sens. Le français serait-il sexiste ? Youpi !
« Aujourd’hui, j’ai acheté un maillot de bain 30 €. VDM »
Je sais pas si vous vous rendez vraiment compte de ce que c’est 30 €. Plus 5€ pour le bonnet. Quand on fait quelque chose, on le fait bien. Alors bien sûr, à ce prix là, je peux m’acheter, au choix, 175 préservatifs, 233 carambars, 2 swiffer maxi XXL, 3.2 kg de steaks hachés ou un lot de 120 Pampers Baby Dry Maxi.
J’espère que vous vous rendez mieux compte.
Du coup, je me suis dit « Mon Dieu, réfléchis, c’est peut-être un produit aux capacités cachées, crée par les services secrets russes en pleine guerre froide », car je n’ai rien d’autre à faire. J’ai cherché les micro-réacteurs, ou quoi que ce soit qui rende cet objet extraordinaire (ou lui accorde au moins une valeur de 30€), mais ce n’est même pas du polyuréthane. Mais où va le monde ?
D’autant plus qu’en l’achetant, mon estomac s’est noué alors que ma conscience me posait cette intense question : « Penses-tu que tout va tenir ? Ca me semble un peu large…« . Ainsi, arrivé chez moi, je me suis dévêtu dans un élan de courage qui ne m’était pas coutumier, dans le but d’enfiler (je vous vois venir, mais non, bande de pervers) la chose qui m’a fait hypothéquer ma grand-mère.
Si seulement j’avais su, je vous promet que j’aurais mieux fait de rester chez moi, ce fameux jour de piscine. Certes, ce maillot a bien tenu (au-delà de mes espérances), mais il est nécessaire de souligner les dangers des sports aquatiques. Bien. Nous avons donc commencé, imaginez vous la scène, faites un effort d’introspection, par nager. Tout dessuite dans le grand bassin, car on n’a pas de petit bassin, faute de moyens. Passé le premier effort et les premières nausées qui surviennent aux abords de la première période de repos, arrivent le deuxième effort et la deuxième période de nausées qui surviennent aux abords de la deuxième période de repos. C’est une fonction de type f(x) = k.
Aux alentours de la sixième période de nausées et après m’être assuré que non, je n’étais pas enceinte, j’ai pu avoir la joie de sentir un muscle se déchirer alors que j’arborai mon plus beau dos crawlé. Rien que ça. A partir de là, j’ai essayé tant bien que mal de rejoindre les rives du bac qui me tenait prisonnier de mes faiblesses avec une jambe en moins. Sachez que ce n’est pas évident, de nager avec une jambe disfonctionnelle. Par mégarde, j’ai heurté de la main une dinde placée devant moi qui, malgré la présence de ces deux jambes, nageait plus lentement. Estropié et l’index légèrement enflé, j’ai quitté les vestiaires l’égo cassé et la jambe bousillée.
J’ai oublié mes clefs et mon portable. Mais pourquoi les ai-je sorti de la poche de mon jean pour les poser sur le banc de ce con de vestiaires? Pourquoi ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi ? Je suis retourné là-bas le soir, j’ai demandé si ils avaient « pas trouvé mon téléphone » (ndlr: rien à battre de mes clés), mais on m’a dit que non. Je fus néanmoins interrompu dans mes pensées suicidaires à cause d’un doigt qui enflait copieusement et qui était affreusement bleuâtre comparé à d’habitude.
Deux hématomes, le doigt cassé, la radio a été formelle. J’ai une attelle qui empêche ainsi mon majeur de s’exprimer, alors qu’il n’avait rien demandé, et mes évolutions pianistiques se retrouvent nettement compromises. D’autant plus que j’ai une jambe qui a on ne sait quoi et qui fait que je boite comme un clodo. Et un téléphone et une paire de clés en moins. La piscine, c’est vraiment dangereux.
NB : Oui, j’ai écrit tout cet article avec deux doigts collés entre eux (dont un cassé).
Nous sommes Samedi soir. Il est donc normal que j’écrive un article sur les bonheurs et les sommets extatiques atteints chaque lundi matin depuis les trois lustres printaniers que j’ai pu passé depuis ma naissance. C’était un jeudi, il pleuvait, je m’en souviens, le vent glacial soufflait dehors.
Le lundi matin. Je vais un peu prendre sa défense, le voir critiqué et lacéré par des paroles virulentes aux premières lueurs matinales d’un week-end révolu me donne un peu la nausée. Le pauvre n’a jamais rien demandé, il n’est pas raciste, homophobe, paraplégique et n’appartient pas à la gente féminine. Et surtout, il n’est pas militaire, parce-que bon. Aucune tare donc. Pourtant…
Car le lundi matin, je me sens pas pire qu’un mardi, mercredi, jeudi voire vendredi ou samedi matin (sans parler du dimanche matin, parce-que hein). Chaque jour, je me lève, je me cogne le petit orteil qui n’existe que pour se cogner dans une putain de porte qui n’existe que pour le petit orteil se cogne dedans. CQFD. Le lundi matin, je me prends le mur que j’évite le mardi matin, le mardi matin, je renverse mon café sur mon pyjama que je préserve avec brio le mercredi matin, le mercredi matin je me trompe de trou pour passer ma tête dans mon pull (genre ça vous ait jamais arrivé) et je met deux chaussettes différentes que je met au sale le jeudi matin, le jeudi matin je sais même plus ce que je fais, je suis fou, me demande le sens de la vie et je suis obligé de récupérer un truc que j’avais mis au sale parce-que j’ai plus rien de propre (pas les chaussettes du mercredi non plus) (genre ça vous ait jamais arrivé ça aussi, on y croit).
Tous les matins ont la même saveur amère de celui qui est seul, la même dureté brisante, éprouvante, épuisante, éreintante, esquintante, excédante, exténuante, fatigante, lassante, harassante (J’ai un très bon dictionnaire des synonymes, je remercierai mon libraire à l’occasion). Le même matin au vitriol acide d’une rengaine éternelle, la même terreur angoissante du soleil qui apparait aplani à l’horizon.
Tous ces matins durant lesquels on passe dix minutes à tenter de régler la température de l’eau en dosant le chaud et le froid de la douche (et le débit pour les plus téméraires, la plupart mette le chaud au maximum et règle le froid, mais soyons maniaques), on se trompe encore de plaque pour faire chauffer le café de la veille. Tous ces matins aux lustres éblouissants qui vous crèvent la rétine, et pour peu que vous ayez oublié de changer l’heure de réveil lors du changement d’horaire, vous êtes mort.
Que le lundi matin repose en paix car il n’est pas seul : existe-il un jour sans qu’on ne tire notre chaude couverture pour ne pas avoir à glisser une nuque nue dans l’air frais d’un hiver rude ? Chaque jour, il y a cette heure qui me fait aspirer à mieux, qui m’offre l’espoir d’une vie ou je commencerai à 10h30.
Et tous les jours, ça recommence…
Il se peut quelques fois que vous ayez à enfiler votre chemise la plus éclatante, un pantalon plus clair que la ramure d’une colombe qui s’envole ou un Tee-Shirt si pâle qu’il fait rougir le jour. Il se peut que les raisons ne soient pas louables, un baptême ou un mariage par exemple, un enterrement plus rarement (mais c’est de très mauvais goût, ne nous voilons pas la face, encore qu’au Japon, le blanc est couleur de deuil. Je trouve ça plutôt intéressant de comparer notre propre culture à celle des pays orientaux où on mange des sauterelles), un enterrement disais-je ou encore parce-que vous n’avez plus rien à vous mettre.
Ce matin, j’ai fait carton plein. La chemise ET le pantalon (et le Tee-Shirt (Tshirt ? T-Shirt ? Tisheurte ?) sous la chemise parce-qu’il fait froid). Mis à part le fait que les gens se demandent pourquoi t’es habillé classe — car le blanc semble inspirer le respect —, j’ai été aujourd’hui la victime d’une vérité qui nous concerne tous : l’angoisse métaphysique qui surgit quand tu portes du blanc.
Si tu as plus de douze ans (car avant, t’en as rien à foutre de tes habits, y’a Vanish qui t’encourage à te tâcher pour faire du chiffre d’affaire), tu as forcément été touché une fois dans ta vie par l’angoisse du vêtement clair. Réfléchis. Réfléchis mieux.
Tu te souviens maintenant, t’être mis quatorze serviettes et une combinaison antiatomique parce-qu’on mangeait des pâtes à la bolognaise (ou des homards, mais là faut vraiment être masochiste), avoir tendu le menton au maximum, ouvert grand la bouche pour que la fourchette n’heurte SURTOUT PAS la commissure (j’écris ça avec un « m », Chrome me propose « vomissure » sérieux) de tes lèvres, sinon c’est le drame assuré.
Et le repas n’est que le moins angoissant des moments de cette journée terrible. Constamment dans la peur d’essuyer la fine couche de sueur qui s’est déposée sur tes mains, presque tu demandes un mouchoir (et t’en profites pour essuyer la chaise quand on te propose de t’asseoir), tu ne poses plus tes bras sur le bureau et tu les gardes le long du corps, si t’as un truc à écrire, tu te fais le chemin de feuilles (ou de quoi que ce soit qui soit propre) pour poser tes bras avec délicatesse, le moindre mouvement brusque alentour pouvant entrainer des tâches potentielles te stresse si bien que tu en fais un ulcère.
Un bébé (méfiez-vous) vient te voir, tu lui fous une gifle pour qu’il pose ses mains sales ailleurs que sur toi (je ne parle pas de moi, ne venez-pas me voir, madame la DASS, j’aime beaucoup les enfants), ta copine pose sa main sur ta cuisse (je ne parle toujours pas de moi, alors ta gueule) tu lui attrapes la tête par la cheveux et tu lui pètes le nez contre un mur EN PRENANT SOIN D’EVITER LES ÉCLABOUSSURES tout en disant « Chérie, fais attention voyons, je suis habillé en blanc ! ».
Le crépuscule enrobe maintenant la verdure mourante d’une nature épuisée d’avoir chantée toute la journée (c’est beau ce que je dis, non ?). Les mésanges zinzinulent de moins en moins, le ronflement d’une rivière qui ruisselle quelque part se fait plus sourd. Mais apprenez que quand vous portez des vêtements blancs, vous pouvez faire tout ce que vous voulez, y’aura toujours une tartine de Nutella © pour vous tomber dessus.
Les enfants, notre avenir, nos têtes blondes aux yeux bleus si chers au IIIe Reich. Ils sont tellement magnifiques quand ils jouent dans le parc, quand ils font semblant de faire la guerre avec des branches mortes et des cailloux qui s’émiettent. Ils sont si beaux quand ils se lancent des boules de neige en riant alors que les nuages noirs de l’hiver s’entassent au-dessus de leur crâne.
Mais les enfants ne sont pas des gens comme nous. Je soupçonne le complot, la conspiration, l’aboutissement des recherches de la zone 52 (qui se situe approximativement entre le garage de ma voisine et chez moi, les voisins ne sont pas des gens comme nous non plus, ils sont sans aucun doute l’aboutissement des recherches de la zone 53, approximativement située… il me semble que je m’égare tiens, c’est pas normal). Je le disais donc avant d’être grossièrement interrompu par moi-même et mes tergiversions syndicales, les enfants ne sont pas des gens comme nous. Et je ne manque pas de tolérance puisque je peux écouter Damien Jean pendant au moins deux minutes sans tomber dans les pommes. C’est pour dire.
Les enfants se cachent, ils camouflent leurs noirs desseins pour mieux nous assassiner dans notre sommeil. Mais ça ne marche pas avec moi, je sais ce qu’ils essaient de faire. Je les vois, coller leurs crottes de nez nano-technologiques — qui sont des micros — sous nos chaises et bureaux pour mieux nous espionner, faire semblant de construire des cabanes dans les arbres avec des feuilles d’acacia et des troncs rongés par les termites qui recèlent en réalité des QG top secrets renforcés au titane. Je les ai vus, arborer leur mièvre expression faciale à la tristesse perceptible pour nous faire céder dans un moment de faiblesse, exercer leur contrôle mental sur nos esprits humains.
Les enfants sont sur le point de prendre le contrôle de notre planète pour la plonger dans l’anarchie la plus complète, dans le chaos bactériologique de ces microbes qui leur coulent de narines bouchées. Jusqu’au moment fugace qui signe le passage de l’enfance à l’adolescence — je parle de l’instant où le sujet se met à écouter Tokio Hotel, à se torcher à la bière et à découvrir les joies des pays extatiques —, jusqu’à ce moment, les enfants n’ont de cesse que de tenter de renverser le système actuel pour tous nous détruire et pour pouvoir dévaliser le magasin toysrus le plus proche de chez eux.
Avec cet écheveau de preuves que je viens de démêler, ne dîtes plus que je suis paranoïaque, car vous exagèreriez vraiment et ma névrose pourrait ressortir. Encore que. Certes avant j’étais schizophrène, mais aujourd’hui nous allons mieux.
Les gens biens, honnêtes, fervents patriotes et bons samaritains, puis tous ceux qui ne rassemblent aucune de ces caractéristiques car je n’ai rien contre les arabes, ont leurs habitudes bien ancrées et leur routine tracée au bâton dans la neige d’un parc immaculé. Cette routine éternelle qui vous fait vous rendre dans le même Casino tous les trois soirs pour vous acheter un paquet de chips, cette routine qui vous pousse à toujours emprunter le même chemin pour vous rendre au boulot alors que vous savez qu’il est plus long mais que vous ne croiserez personne, bref, la routine.
Cette routine, souvent, peut être mise à mal par des envies fugaces et inattendues qui vous prennent au ventre et vous poussent à désirer l’indésirable. Cette mésaventure désagréable source de conflits et de « putain de merde, comment je vais faire ».
Pour bien me faire comprendre, j’ai envie depuis quelques jours de lire Jean Genet. Non seulement parce-qu’il semblerait se distinguer dans une écriture riche et raffinée qu’il mêlerait à des récits poignants et au caractère peut-être trop réaliste. En gros, il a été censuré de nombreuses fois pour ses narrations se perdant dans le sein de l’érotisme, et ça, ça me plait. Mais comprenez que ce n’est pas la même censure que pour Les Fleurs du Mal de Baudelaire (là c’est une censure qui contribue au succès du truc), là c’est de la censure qui te fout la honte même si c’est plus censuré aujourd’hui.
J’ai toujours été attiré par l’interdit, là je l’étais par Jean Genet qui est un personnage fascinant. Pour les plus littéraires de tous, je comptais bien me procurer un exemplaire de Querelle de Brest et de Notre-Dame-des-Fleurs. Maintenant que c’est dit, passons.
Mais drame, malheur, la honte m’envahit, un libraire connait FORCEMENT ces ouvrages et ne vous regardera plus JAMAIS comme avant. N’ayant que deux librairies dans ma ville de misère, j’ai déserté celle qui, usuellement, me voit faire mes achats pour celle se situant au bout de la ville. Pourtant, curieuse chose, le malaise ne disparait pas.
De ce fait, je suis allé avec un ami dans la librairie, et une fois dedans, je lui ai dit : « Ecoute. Je te fais cadeau de deux heures d’explications de mathématiques (ndlr : Oui, je donne des cours de maths à mes amis contre une rémunération et je vous emmerde parce-que c’est pas ça qui me fait vivre, ça paye les chips que j’achète tous les trois soirs) si tu commandes les bouquins à ton nom et que tu repasses avec moi les chercher. »
Tout ça pour dire que ces moments où vous avez besoin (plus qu’envie) d’aller acheter de la crème contre les hémorroïdes (je ne parle pas de mon cas personnel, faut pas déconner) à la pharmacie, du produit anti points noirs dans votre supérette, des préservatifs dans un distributeur à quatre du matin par une nuit tempétueuse sont de ceux que l’ont souhaitent éviter. C’est pourquoi il est toujours bien d’avoir des amis ou des magasins de secours, ces fameux « magasins de la honte ».
Après ce stratagème de la honte, je vous apprendrai la semaine prochaine à demander une augmentation tout en ne séquestrant pas votre patron.
Comme vous tous, je pensais que Chuck, cette merveilleuse série à l’humour délectable et aux références informatiques excellentes, reprenait en Mars. C’est ce que cet article reprenant toutes les dates de reprises des séries aux Etats-Unis annonçait du moins.
Eh bien figurez-vous que hier soir, alors que je trainais sur un TinyChat, l’excellent AtlanticBlue (voir son Twitter) m’a annoncé que Chuck reprenait ce soir 10 Janvier 2010. Je vous cache pas ma joie puisque je vous avais fait découvrir cette série dans un article, aux côtés de The Big Bang Theory.
Bref, si vous voulez confirmation, c’est disponible sur Chuck-France. Et comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule, nous aurons droit à deux épisodes d’un coup et au troisième lundi soir ! Maintenant, le suspens plane, est-ce que la série sera toujours aussi drôle avec les nouvelles capacités de Chuck dues aux modifications de l’Intersecret ( »I know Kung-Fu… ») ? Est-ce que le naïf Chuck que l’on appréciait tant ne perdra pas de son charme en devenant un super agent ? Réponse bientôt

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