A cette époque de l’année, rien n’aurait pu laisser prévoir le drame qui se tramait alors. La France, bien qu’à cet instant baignée dans les fleurs lumineuses, tremblait de peur et d’angoisse, comprimée sous l’effroi diabolisant des sombres évènements qui agitaient le territoire hexagonal depuis déjà quelques semaines.
Antonin, jeune détective privé au chômage, n’était finalement pas dans un cas différent de tous ses camarades bouffés par la terreur. Harassé par les vagues de suicide, il avait essayé l’exil londonien, vénitien ou New-Yorkais, mais sans succès : il finissait toujours rattrapé par les évènements troublants d’une ampleur mondiale.
Ginette, la boulangère, s’était tuée en rentrant dans son four, inspirée par son grand-père Ulrich qui lui en avait raconté les bonheurs incroyables ; Edouard, le pharmacien, s’était piqué à l’œstradiol, faisant une overdose d’hormone féminine ; Emilie, la buraliste, s’était tranchée la gorge avec un ticket à gratter perdant.
C’était la débâcle la plus complète, la plus totale, la plus ravagée de ces dernières années. Antonin voyait ses proches pleurer dans la rue, assis sur des trottoirs usés ou perchés sur les branches fragiles de quelques arbres. Lui-même n’en pouvait plus de tant de haine, de tant de violence.
Les journaux titraient avec violence : « Le micro-onde : principal suspect dans l’affaire des disparitions », « Affaire du socketgate : la ville de Datang mise en cause par la cour de cassation », « Gammarelli : Le témoignage d’une marque à la pointe ».
Cela faisait déjà quelques années que ces mystérieuses disparitions touchaient le monde – avec plus ou moins de force – mais rarement une telle verve n’avait été exhibée jusqu’alors. Les gens se demandaient : « Pourquoi ? Pourquoi moi, pourquoi maintenant ? ». C’est toute la saveur du ciel qui s’était envolée.
Antonin avait été contacté par un richissime héritier la semaine dernière, Gustavio, afin de résoudre cette affaire au plus vite. Lui-même, qui était d’une grande intelligence, ne pouvait plus renifler un pissenlit sans pleurer de désespoir, malgré la beauté de ses vingt ans. C’est de cette façon que leur collaboration commença dans la plus grande discrétion, le quartier général se localisant dans l’immense manoir de Gustavio.
- Ecoutez-moi bien Antonin, ce que je vais vous dire est peut-être difficile, mais il faut que vous l’écoutiez sans sourciller. Le monde est à la veille d’un inversement des ordres d’idées, et ceux qui résoudront cette affaire se retrouveront armés d’un pouvoir certain dans le déroulement de l’organisation post-socketgate. C’est un enjeu mondial que nous sommes en train de vivre. Mais pour l’heure, je dois aller aux toilettes, sinon je vais me faire dessus.
Ainsi, Gustavio partit aux toilettes et tira la chasse quelques minutes plus tard.
- Mais où commencer nos recherches ? lui demanda Antonin à son retour (et ayant, du coup, aussi envie d’aller aux toilettes). Interpol, la CIA, le FBI et la NSA sont sur l’affaire, sans parler des coalitions privées internationales qui travaillent nuit et jour à la recherche d’un indice quelconque !
- Antonin, nous avons quelque chose que ni Interpol, ni la CIA, ni le reste n’ont ! Nous avons… cette magnifique paire de 1798 ayant appartenu au pape Pie VI un an avant sa mort, finement maillée pour épouser parfaitement la forme du pied. Je suis convaincu que c’est d’elle que viendra la solution.
La semaine qui suivit, ni Antonin ni Gustavio ne dormirent beaucoup. De son côté, le riche héritier avait concentré l’intégralité de ses forces sur l’analyse de cette paire de chaussettes assez mystérieuse. Il en avait dressé une fiche exhaustive, notant ses cycles circadiens, l’évolution de sa température et la fréquence de ses défécations. Tout cela sans aucun aboutissement.
Antonin quant à lui recueillait les témoignages bouleversements des victimes de disparations de chaussettes. Il avait alors pu se rendre compte qu’il n’y avait aucune trace de discrimination dans la couleur ou la condition sociale. Les chaussettes prolétaires étaient tout aussi touchées que les chaussettes les plus élaborées avec gyrophare, les noires, les blanches, les jaunes, les rouges, les rayées, les longues et les basses. Seules les écossaises semblaient finalement survivre à ces inexplicables disparitions.
Au cours de ses pérégrinations dans toute la France, se heurtant quelques fois aux badauds effrayés, Antonin avait quand même eu des pistes fortes intéressantes. Il avait en effet rencontré la dame qui changea la donne en accusant son micro-onde, des arguments solides à l’appui. Elle affirmait ainsi que les disparitions n’étaient en réalité qu’un vaste complot monté par les industries de l’électroménager.
A la suite de ces accusations très graves, la cour de cassation avait lancé une enquête approfondie sur les pontes de l’électroménager, en particulier ceux du micro-onde, sans trouver quoi que ce soit de tangible. Le justice se retrouvait vaine à résoudre un problème de première priorité, sans parler des diverses crises qui bouleversaient la géopolitique du monde arabe.
Pourtant, à ce moment précis, tout changea dans l’esprit d’Antonin. Il appela en vitesse Gustavio, qui ne répondit pas tout de suite car il était aux toilettes.
- Gustavio ! Je crois que j’ai la solution. Retrouve-moi à minuit derrière l’église, je te donnerai les résultats de mes dernières recherches.
- Derrière l’église ?
- Oui, avec un peu de chance on tombera sur un prêtre et on se fera passer pour des enfants. Joignons l’utile à l’agréable.
- Mais enfin Antonin, ce n’est pas raisonnable ! Je n’ai aucun déguisement d’enfant.
- Ah mince.
La discussion se poursuivit de cette façon pendant quelques longues minutes, pour aboutir à la supériorité manifeste de Bob L’éponge sur Dora l’exploratrice. Antonin rangea son téléphone dans sa poche, et remonta dans sa voiture. Au moment où il tourna la clé de contact, le moteur à combustion explosa et la voiture avec lui…
Gustavio réussira-t-il à résoudre seul ce mystère proprement effroyable ? Antonin aura-t-il survécu à cette explosion bouleversante ? Christine Albanel réussira-t-elle à développer ses pare-feux open-office dans le monde entier ? Toutes les réponses à ces questions (où presque) dans la seconde partie de cette saga haletante : http://www.antithese.fr/une-bien-mysterieuse-disparition-deuxieme-partie/
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My god, tu es sous ecstasy ?
Continues, c’est agréable à lire
Non, tout ça en étant sobre (malheureusement ?). La suite tombera demain, elle est riche en rebondissements et en révélations fracassantes !
Nan mais je suis COMPLETEMENT d’accord ! Bob l’éponge a une nette et incontestable superiorité sur Dora l’exploratrice, qui se fait vilement passer pour une amélioration du quotidien des enfants de moins de 5 ans, une prof d’anglais une vétérinaire et une cartographe, tout cela en parlant un espagnol à peine compréhensible…. mais que fait le monde ? Le cataclysme Dora a plus besoin de notre attention que les chaussettes les enfants, promenenez vous pieds nus mais arretez cette impostrice/teuse/teure.