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• Vendredi 19 juillet 2013 à 13 h 01
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Nathalie Sarraute est un des personnages les plus importants du XXe siècle en littérature. En effet, elle est notamment avec Alain Robbe-Grillet, Michel Butor ou encore Claude Simon un des emblèmes du nouveau roman, mouvement qui voulait dépasser les codes établis par la littérature jusqu’alors (son apparition a lieu vers le milieu du XXe siècle). Si vous voulez en savoir plus.

Pour un oui ou pour un non - Nathalie Sarraute

Affiche Pour un oui ou pour un non

Par conséquent, je me suis fait un devoir, à Avignon, d’aller voir la pièce « Pour un oui ou pour un non » du même auteur, moi qui ne suis que peu familier avec l’écrivaine. Le pitch de départ est assez simple : deux amis de longue date se fâchent pour une raison complètement dérisoire en apparence mais qui va soulever de nombreuses questions. Le couple interprété par Jean-Marie Russo (qui est également à la mise à scène) et Paddy Sherlock sert un texte qui met habilement en avant les faux-semblants de toutes les relations sociales, en prenant pour point de départ un éloignement d’une des deux parties (Paddy Sherlock) dont personne ne sait la cause mais que l’autre partie (Jean-Marie Russo) voudrait bien comprendre.

Nathalie Sarraute nous dépeint finalement un monde assez sombre. Pour elle, tout est conditionné par un contrat implicite dont chacun est au courant mais que personne ne dénonce car il s’agit d’une condition nécessaire au fonctionnement efficace des interactions qui constituent une relation. Il y aurait, dans toute amitié, amour ou autre qui implique deux personnes, une volonté de l’autre d’être non pas le meilleur au sens strict du terme, mais de se faire mousser. Et même pour les plus philanthropes d’entre eux, de petites phrases viennent ponctuer une mégalomanie ambiante. Dans la pièce, un des deux répond à l’autre qui se vantait d’un quelconque exploit : « C’est bien… ça« .

Et au travers de cette petite phrase pourtant bien anodine — et notamment ses points de suspension —, les personnages vont démêler la pelote de l’exclusion dont nous sommes tous des victimes. Le pouvoir est contingent, chacun va s’en emparer pour retourner la situation. Qui sera le vainqueur ? Quelle en sera l’issue finale ? Un seul moyen de le savoir.

La mise en scène ne tombe dans le savant parfois sirupeux que l’on peut souvent trouver à Avignon de la part de metteurs en scène qui se tripotent, mais sert tout de même le texte de façon intelligente.

Conclusion : De bons acteurs qui déclament un texte intelligent dans un huis-clos angoissant, une mise en scène bien pensée qui transporte en elle-même une idée. Un bon moment et une façon légère de réfléchir sur les engrenages d’une société. A mettre en parallèle avec Art de Yasmina Reza.

Note : 8/10

• Mardi 10 juillet 2012 à 22 h 50
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La danse habituelle se remet en route. On se fait tracter, on remballe les « tracteurs », on discute avec eux ou on leur fait la tirade d’Otis. De temps à autres nous sommes tristes de penser que des pièces comme « Faites l’amour avec un Belge » ou « Le sexe pour les nuls » (voire « Le Buzz », qui n’a malheureusement rien à voir avec Toy Story) existent et contribuent à la décadence d’un des festivals de théâtre qui était jadis parmi les meilleurs. On pense à Jean Vilar avec une certaine nostalgie – ce créateur du festival comme on le connait (l’on fête par ailleurs aujourd’hui le centenaire de sa naissance) – et l’on se demande ce qu’il en penserait. Car finalement, dans ce marasme coagulant que forment ces quelques 1500 pièces de théâtre, il en est peu qui valent vraiment le coup d’être vues.

Je vais aujourd’hui vous parler d’une pièce en particulier, « L’importance d’être Wilde ». Peut-être n’êtes-vous pas sans savoir que je voue un culte à Oscar Wilde, que je l’adule, lui, son allure de dandy, ses réparties féroces, sa mégalomanie criante, sa décadence créatrice et ses « outrages aux bonnes mœurs » pour lesquelles il fut condamné à de la prison, avec travaux forcés. J’aime tout ça. Car l’auteur du Portrait de Dorian Gray a apporté au monde une nouvelle conception de l’art et a renouvelé cette littérature qui s’étiolait dans les clichés absconds de l’amour et de la morale. Voilà pourquoi j’aime Wilde.

« Je ne voyage jamais sans mes mémoires. Il faut toujours avoir quelque chose de sensationnel à lire dans le train ».

Cette pièce donc, présentée au théâtre du Balcon (compagnie Philippe Person) avec Emmanuel Barroyer, Anne Priol, Pascal Thoreau et mis en scène par Philippe Person, nous propose une quasi-rétrospective de la vie du personnage Irlandais. Toutefois, le principal défaut dont je parlerai est que cette pièce est uniquement portée par les textes de Wilde.

Alors de fait, il me semble qu’il devient un peu facile de monter une pièce, de piquer dans les textes d’un auteur connu de façon sporadique, et de les déclamer en faisant des mimiques avec la bouche. Les acteurs ne sont pas mauvais, loin de là, et on leur trouve un certain charme, mais cela ne suffit pas. On a pas forcément l’impression d’une certaine cohérence et les textes (issus du Portrait, de pièces et de lettres diverses) sont diffusés comme un déodorisant dans la chambre de grand-mère, pour dissimuler les quelques pets de ses incontinences.

Les éléments comiques qui fonctionnent sont répétés jusqu’à l’extrême usure et, quand on n’a plus rien à dire, on déclame quelques aphorismes bien pensés écrits par un génie du genre. Cette pièce s’est parfois transformée en compte Twitter. Alors certes un compte Twitter de qualité, mais un compte Twitter quand même.

Je vais au théâtre pour me dépasser, pour voir une pièce qui me fasse me dire à la fin « Jamais je n’aurais été capable d’écrire quelque chose de cette puissance, d’avoir cette idée de génie ». Je veux penser que je suis une merde artistique.

Et ce n’est pas le cas de « L’importance d’être Wilde ». On se souviendra néanmoins qu’il s’agit d’Oscar, et que ses textes méritent d’être lus et relus, quand bien même le seraient-ils dans une ambiance manquant d’originalité.

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• Lundi 09 juillet 2012 à 0 h 19
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Le festival d’Avignon a commencé le 7 Juillet, festival qualifié par les plus téméraires de plus grand théâtre du monde. Que ne faut-il pas un peu de témérité pour se plonger dans les méandres tortueux d’un des festivals les plus – s’il n’en est pas LE plus – mal foutu de l’histoire de l’univers.

Car le festival d’Avignon 2012, c’est l’explosion du nombre de spectacle. C’est le marronnier de chaque année : il y a de plus en plus de pièces présentes à Avignon, et il en devient impossible de faire le tri. On ouvre le programme de la taille d’un annuaire, aux horaires qui nous intéressent, et on pioche au hasard.

Grand mal m’en fut. Il n’en fallait pas plus pour tomber sur une pièce s’intitulant sobrement « Temps de Femmes », un brûlot en apparence féministe qui, se situant en 3012 (soit 1000 ans après le Big Big (notons la finesse et la subtilité qui, plus tard, caractériseront l’ensemble de cette pièce à l’humour exquis et pas du tout graveleux), qui a détruit toute trace de ce qui avait existé avant 2012), en profite pour décrier une société dominée par les femmes et où les hommes sont finalement les sous-fifres délégués aux tâches ménagères. Pitch surréaliste s’il en est un.

Toutefois, servie par des textes de Victor Hugo, Louise Labé ou encore Aristophane, on pouvait s’attendre à quelque chose qui se regarde, faute de s’apprécier. Mais c’est devant la comédienne seule sur scène, qui s’embourbe au fil de minutes qui apparaissent interminables dans des failles temporelles proportionnelles aux failles de l’attention que lui porte le public, on se rend bien compte que cette heure et demi sera longue.

Un décor médiocre pour un prix de quinze euros, un régisseur portant une moustache qui aurait fait honte à Freddy Mercury et des tentatives ratés dans les domaines de la mise en scène, de l’humour, de l’engagement politique et de l’écriture, voilà le lot de solitude qui constitue l’essentiel de « Temps de Femmes ». Ce qui était censé être une œuvre à l’hommage de la splendeur féminine et de ces inégalités qui conduisent à la création de ministères, n’est finalement rien de plus qu’une succession creuse d’inutilités crasses qui au bout du compte vous donnent envie de vous suicider avec une cuillère à soupe.

Bien entendu, cette recette de l’échec annoncé ne va pas sans cette volonté omniprésente de faire participer un public qui n’en demandait pas tant. De longs regards qui mettent mal à l’aise, des insistances désagréables et des LUNETTES EN CARTON.

Mais qui diable fait porter à son public des lunettes en carton ? Personne, je vous le dis. Au  lieu de s’évertuer à écrire des pièces qui, si elles m’avaient été confiées, auraient été torché en l’espace d’une défécation sur le rose d’un carré de papier toilette, que ces auteurs en papier mâché aillent relire un Aristophane que, manifestement, ils n’ont pas compris.

À bon entendeur.

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• Mercredi 28 juillet 2010 à 18 h 23
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Je suis reparti en vacances après être rentré récemment (mais pas pour longtemps), et j’ai repris le bus. Pour Avignon, avec une amie à lunettes grasses honteusement marchandée à un noir, heu, non, Africain de souche à fort taux de mélanine concentrée à 98% nettoie sol et WC disponible dans vos supermarchés aux rayons ultraviolets. Donc, pour les plus incultes d’entre vous qui n’auraient jamais lu et apprécié Ionesco, j’étais au festival d’Avignon réputé dans le monde de toute la planète pour les pièces de théâtres proposées pendant un mois.

Oui, bah tiens. On s’en souviendra de ce festival et des quelques trucs qui en ressortent. Premièrement, très important, à chaque fois que je vais dans la cité des Papes, il y a du vent. Dans la mesure où nous dormions dans un camping (et que nous crions dans nos tentes qu’on aurait bien aimé se faire violer en chantant du Brel, les voisins ont dû halluciner. La proposition n’a d’ailleurs, malheureusement, pas été satisfaite), ce fût fun. Tu sens la toile qui te fouette la tête, le vent qui s’insinue dans ton cou.

Tu sors les bras du sac de couchage parce que tu as chaud. Tu remets en place le jean qui te sert d’oreiller parce que t’as oublié d’en prendre un. Tu rentres les bras dans le sac de couchage parce que tu as froid. Et tu essaies de mettre le réveil. Or, parlons des portables que nous avions à disposition. Un des deux, pas le mien, avait un problème de batterie. J’entends pas là que le téléphone n’avait plus de capot, que la batterie ne cessait de tomber partout et de se faire écraser par des bus (mais ne vous inquiétez pas, elle marche encore) et que du coup, l’heure n’est jamais bonne. Le mien a un problème de batterie. J’entends par là qu’il aurait fallu que je le branche et que y’avait pas de prises.

Un réveil sans heure, c’est pas évident, et ça déclenche des trucs assez bizarres.

NOUS : Oui, allô, c’est moi.

LUI : Putain, mais t’as vu l’heure ? (en effet, il était tard dans la nuit)

NOUS : Non. Mais ça me dérangerait pas que tu m’informes de ton aimable savoir horloger.

LUI : Tuuuuuuuuuut.

Du coup, on part à la recherche de l’heure dans le camping, en croisant des gens maquillés un peu partout (pas moi, moi je reste dans la tente pendant que la femme ramène l’heure).

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