(Voir premier jour, deuxième jour, troisième jour, quatrième jour)
« Dieu dit : Que les eaux produisent en abondance des animaux vivants, et que des oiseaux volent sur la terre vers l’étendue du ciel. Dieu créa les grands poissons et tous les animaux vivants qui se meuvent, et que les eaux produisirent en abondance selon leur espèce ; il créa aussi tout oiseau ailé selon son espèce. Dieu vit que cela était bon. Dieu les bénit, en disant : Soyez féconds, multipliez, et remplissez les eaux des mers ; et que les oiseaux multiplient sur la terre. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le cinquième jour.
Dans le royaume onirique, elle dansait dans un cercle de lumière, pieds nus et gorge déployée. Sa disparition n’empêcha pas la vie de reprendre son cours et les combats de continuer. L’épidémie américaine qui avait touchée quelques personnes en France s’était propagée à cause des conditions sanitaires dont je parlais récemment. Les taux de décès dans les hôpitaux insalubres explosaient, les malades aussi. Le virus H1N1 avait muté en une nouvelle souche totalement différente qui faisait exploser les cellules du corps à une vitesse incroyable. Il suffisait de quelques heures pour que des pustules aient envahi l’épiderme du malade et pour que s’ensuive la mort de ce dernier.
Se propageant par un contact, les malades survivant furent mis-en-quarantaine, où ils prirent des traitements qui les maintenaient en vie dans un état de demie-somnolence, entre la vie et la mort. La situation était telle depuis quelques semaines, si bien qu’on avait commencé à l’oublier de part une baisse considérable de la population contaminée. Mais aujourd’hui j’en reparle, et j’ai peur.
J’ai bien pensé à aller rejoindre Julie, quitter une bataille que je croyais perdue quand l’espoir m’avait quitté. Mais le temps ne s’offrait pas à moi et je n’avais même pas le loisir de pleurer sa mort. Non, il nous fallait nous isoler. J’étais sorti hors de Berlin avec 4 autres personnes, afin de ne pas être trop exposé. Nous étions dans une sorte de grange abandonnée, seuls avec les quelques provisions en boites que l’on avait apportées avec nous.
Ce sont les poissons qui ont commencé à être contaminés. Des pêcheurs avaient attrapé dans leurs filets des centaines d’espèces présentant des sortes de protubérances sous les écailles luisantes. Tout le résultat de la pêche fut jeté, une semaine plus tard tout l’équipage (trois hommes et une femme d’une quarantaine d’années) était décédé. Ils avaient été trouvés séparément, présentant les mêmes caractéristiques que les malades atteints par le virus. Cela s’était passé il y a environ une semaine, les journaux avaient relayés l’information, déclenchant une vague de panique au sein de l’Allemagne qui s’était rapidement apaisée.
Puis fleurirent comme des roses au printemps les nouveaux cas, en France, en Italie, en Grèce, puis en Angleterre, au Danemark, et aux Etats-Unis. Les poissons ne connaissent de frontières que les océans. Et quand les oiseaux s’y mirent, lâchant des fientes toxiques sur un peuple qui était décimé, je pense que nous avons tous compris que c’était fini. Qui s’en sortirait ? Entre une guerre qui n’avait d’ampleur égale que la seconde guerre mondiale et une pandémie comparable à la peste noire, que pouvons-nous faire ? Ce matin, les combats cessèrent, une trêve fut instaurée entre pays afin de résoudre au préalable ce problème plus important alors.
Il y eut un soir, il y eut un matin, les animaux que Dieu avait vus bons étaient en train de détruire les Hommes. Ce fut le cinquième jour. »



