Je n’aime pas vraiment la jeunesse, vous savez. Ces jeunes filles augmentées de trente centimètres par la sournoiserie exhibitionniste de leurs talons aiguilles, dont la beauté souvent incroyable n’attirerait même pas un Marc Dutroux dans les parages. Et comme disait l’autre, quand le footballeur décérébré marque du pied, le pédophile, bien plus imaginatif et tout en subtilité, Marc Dutroux.
Les jeunes (que je serais tenté d’appeler personnes à mobilité intellectuelle réduite tant un titre spécial devrait leur être attribué, la place de parking allant avec puisque le jeune ne veut pas avoir à faire plus d’une vingtaine de mètres pour acheter son paquet de clopes), les jeunes. Je met un point ici, sinon ma phrase devenait trop longue et les milliers d’adolescents qui ne me lisent pas n’auraient jamais eu l’occasion de ne pas me comprendre. C’eut-ce pu être un drame funeste.
La jeunesse, en fait, ne vit que pour se faire remarquer, pour parasiter de son acné sirupeuse la société actuelle qui déjà va mal. Mais ne soyons pas les infâmes vipères qui crachent leur ignoble venin sur un groupe social minoritaire, ce ne ferait qu’accentuer cette discrimination scandaleuse vis-à-vis d’une ethnie étrangère. Car oui, la jeunesse est une ethnie étrangère.
L’été, alors que les oiseaux chantent, que la mer va et vient au creux des rochers (pour plus de simplicité, l’action se passe sur les côtes maritimes du Sud-Est), que cette douce brise estivale caresse avec parcimonie (doit-on préciser que Parcimonie n’est pas une jeune fille ?) les raides brins d’herbes agités par des nuées d’insectes myrmécéens, que le prof ignorant a installé des ventilateurs rafraichissant un peu partout dans la classe et entreposé à côté de la porte une pile de bouteilles d’eau afin de favoriser les conditions de travail de ses élèves en cette fin d’année, la jeunesse (que je ne qualifie pas d’ahurie car, comme chacun doit le savoir, le pléonasme est une erreur grammaticale qui m’effraie) glande allongée par terre si parc à proximité il y a, ou vagabonde au sein d’une ville enfumée, slalomant entre les magasins avec un mouvement oculaire effrayant, dont l’expression glauque ne peut que me rappeler avec délice le regard bovin que jette une vache sur un pissenlit tout juste sorti de terre après un hiver rugueux. N’est-ce pas fantastique ?
La bouche ouverte et le rectum serré, ce mammifère à poils courts n’a pour seule vocation celle de contempler avec stupeur ses contemporains, sur lesquels il lance sans peine des éclats de lumière crasseux, eux-mêmes qui sont venus se réfléchir avec dégoût sur l’épaisse chevelure de l’animal suintant dont le sébum dégouline avec paresse sur sa peau pustuleuse et parsemée de furoncles aussi gros que le ventre bombé d’une blatte goulue. Le pré-pubère souffre, néanmoins.
Son activité hormonale, qui est toute aussi inexplicable que les audiences scandaleuses de la Star Academy (quoi que, il faut aller chercher du côté du QI moyen des français), lui fait désirer le premier mustelidé enragé qui se retrouvera bien vite avec le regard crémeux typique des orgies parisiennes du XVIIIe siècle. Ceci entrainant cela, son esprit dérangé le poussera à se rendre, et c’est son rôle de mâle, dans les quartiers les plus malfamés de sa banlieue, où le seul moyen de lire Proust par ces nuits sans étoiles est de brûler les bagnoles cabossées qui se reposent le cul à moitié sur le trottoir. Les sens aiguisés et le dos arc-bouté, il cherchera quelques furets bien graisseux qui présentent un orifice suffisamment béant.
Après l’agression pour le moins mouvementée que l’adolescent au sourire ferroviaire a subit entre le bâtiment C et le bâtiment D, la seule consolation qu’il aurait pu espérer trouver ici pour assouvir ses désirs les moins avouables ne subsiste qu’une patte mutilée dont la tribu maître du territoire ne tardera pas à s’emparer.
L’adolescente moyenne, quant à elle, préférera de loin se badigeonner les lèvres de graisse de cétacés, qui ne seraient plus en voie de disparition si elle avait donné son corps aux instituts cosmétiques. Sauvez les baleines, donnez votre graisse. L’appel est lancé.
Non, définitivement, je n’aime pas les jeunes.