Je suis reparti en vacances après être rentré récemment (mais pas pour longtemps), et j’ai repris le bus. Pour Avignon, avec une amie à lunettes grasses honteusement marchandée à un noir, heu, non, Africain de souche à fort taux de mélanine concentrée à 98% nettoie sol et WC disponible dans vos supermarchés aux rayons ultraviolets. Donc, pour les plus incultes d’entre vous qui n’auraient jamais lu et apprécié Ionesco, j’étais au festival d’Avignon réputé dans le monde de toute la planète pour les pièces de théâtres proposées pendant un mois.
Oui, bah tiens. On s’en souviendra de ce festival et des quelques trucs qui en ressortent. Premièrement, très important, à chaque fois que je vais dans la cité des Papes, il y a du vent. Dans la mesure où nous dormions dans un camping (et que nous crions dans nos tentes qu’on aurait bien aimé se faire violer en chantant du Brel, les voisins ont dû halluciner. La proposition n’a d’ailleurs, malheureusement, pas été satisfaite), ce fût fun. Tu sens la toile qui te fouette la tête, le vent qui s’insinue dans ton cou.
Tu sors les bras du sac de couchage parce que tu as chaud. Tu remets en place le jean qui te sert d’oreiller parce que t’as oublié d’en prendre un. Tu rentres les bras dans le sac de couchage parce que tu as froid. Et tu essaies de mettre le réveil. Or, parlons des portables que nous avions à disposition. Un des deux, pas le mien, avait un problème de batterie. J’entends pas là que le téléphone n’avait plus de capot, que la batterie ne cessait de tomber partout et de se faire écraser par des bus (mais ne vous inquiétez pas, elle marche encore) et que du coup, l’heure n’est jamais bonne. Le mien a un problème de batterie. J’entends par là qu’il aurait fallu que je le branche et que y’avait pas de prises.
Un réveil sans heure, c’est pas évident, et ça déclenche des trucs assez bizarres.
NOUS : Oui, allô, c’est moi.
LUI : Putain, mais t’as vu l’heure ? (en effet, il était tard dans la nuit)
NOUS : Non. Mais ça me dérangerait pas que tu m’informes de ton aimable savoir horloger.
LUI : Tuuuuuuuuuut.
Du coup, on part à la recherche de l’heure dans le camping, en croisant des gens maquillés un peu partout (pas moi, moi je reste dans la tente pendant que la femme ramène l’heure).



