J’ai jamais réussi à m’endormir de suite. C’est fou ? Je suis sûr je suis pas le seul dans ce cas. Déjà au cours préparatoire, je me souviens, je regardais la nuit tomber avec lenteur, les secondes duraient des heures, mes draps n’avaient plus de place dans mon lit tout froissé. Mon traversin était chaud, mon front en sueur. Et les heures passaient. Et chaque nuit ça recommençait.
Demain, c’est la rentrée pour le chroniqueur (en folie) (débutant) (fatigué aussi) que je suis. Ça fait trois heures que je suis dans mon lit à essayer de m’endormir. C’est peu être la faute du thé au citron trop sucré que j’ai bu juste avant mais je doute : hier c’était pareil et j’en avais pas bu. CQFD. J’essayais de réguler ma respiration, de focaliser mes pensées sur des chiffres. Je comptais les moutons, mais ils étaient trop désorganisés (ce n’est pas que je sois obsessionnel compulsif, mais je ne supporte pas la saleté). Infernal, je perdais vite le compte. Actuellement ma couette ne ressemble plus du tout à une couette (je sais pas où est le devant où est le derrière), la moitié de mon traversin est en dehors de la taie, et bien entendu je ne sais toujours pas sur quoi repose concrètement le modèle économique de Facebook (j’y pense depuis environ deux heures). Et comme j’aime bien écrire et que j’ai des idées qui ne servent à rien quand je suis crevé, quand je sais que demain c’est la rentrée et que j’arriverai jamais à me lever, eh bien je vais vous raconter l’histoire d’une insomnie anthropomorphisée (comment ça sonne bien).
J’errais cette nuit encore, seule et vagabonde telle la nuit aux courbes féminines. De toits en toits, d’esprits en esprits je courrais sans autre but que celui de semer le trouble dans le monde des humains. Que ma plume va vite quand j’écris à leur désarroi ! Je les vois s’ébouriffer, toujours, encore !, l’heure passe, tourne, roule, les chiffres digitaux rouges s’affichent en enfonçant chaque minute un peu plus ma proie dans une peur incontrôlable. Le royaume des rêves est inaccessible ce soir pour toi. Je ris de moi-même, cruauté cristalline ! Je contemple la lune et me nourris de son argentée lumière. La température augmente soudain, tes yeux deviennent rouges. Ils deviennent humides et se remplissent de larmes qui coulent inévitablement quand tu fermes tes paupières. Tes pensées se heurtent encore plus vives que jamais à la surface de ton crâne. Qu’il te plaise ou t’en déplaise, ton nez se bouche et tes tympans te lancent. En plus de ce réveil digital que tu t’es levé débrancher, le frappement régulier de l’horloge murale marche en syncope avec le battement de ton cœur. Tic – Boum – Tac, Tic, Tac – Boum. Tu ne bouges plus, tétanisé par la peur d’entendre encore ton lit grincer, gémir sous des ressorts rouillés par l’humidité. Tu avales ta salive péniblement dans ta gorge sèche quand mes bras se glissent en bas de tes beaux yeux pour t’apporter le sommeil quand le petit matin se lève.
Faut pas croire, les insomnies, c’est vraiment la grosse éclate (j’en peux plus, je vais m’évanouir demain si je m’endors pas dans les cinq minutes qui suivent, c’est à dire le temps d’éteindre mon ordinateur que j’ai allumé spécialement pour l’occasion). Pour la peine je classe pas cet article dans humour, tu vois pas de sourire là.
EDIT : Pour ceux que ça intéresse, la dernière fois que j’ai regardé l’heure il était 2:20.





ouais… ben moi je m’couche genre minuit, à minuit 10 je suis debout, et 3h du mat’ arrivent comme rien, les yeux écarquillés devant l’écran de l’ordi, bof, à pas faire grand chose, mais à 4h enfin je vais au lit, après avoir niqué une bonne fois pour toute le windOoos de mon autre ordi… Ya des nuits avec, ya des nuits sans…
PétardEnFlamme