• Dimanche 04 juillet 2010 à 23 h 12
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J’aurais également pu intituler cet article « Pourquoi quand tu bois tu finis toujours par chanter du Goldman en karaoké », mais ça faisait long et je me suis rendu compte que A devait être le seul à finir comme ça.

A sera le personnage principal de cet article. Pourquoi A ? Parce-que j’avais pas envie de l’appeler B et que j’allais quand même pas dire qu’il s’agissait de moi (parce-qu’il ne s’agit pas de moi). Et parce-que c’est plus court à taper que « Jean Sarkozy ». Et que j’ai encore la tête qui tourne un peu et que je vois à peine ce que j’écris. Mais il ne s’agit pas de moi.

La soirée commença dans une ambiance festive sous les trois étoiles d’un ciel à peine obscurci par le voile de la nuit qui le recouvre. La soirée commença vraiment quand le ciel mit sa burqa et que l’horaire avançait. La soirée débuta ainsi quand le premier verre de whisky fut descendu. Après ce premier verre, néanmoins, l’inquiétude est inexistante il faut dire, ce n’est que l’amorce d’une descente qui s’avèrera finalement interminable et qui nous emportera très vite dans des confins de désespoir où la joie n’est plus que l’adage des plus chanceux.

Nous noterons cette inquiétude « 1″ sur une échelle de 1 à 13.7. A 1, donc, A chante, mais juste parce-que c’est marrant, les détours psychologiques dus à une quelconque ingestion d’éthanol n’y sont pour rien. A chante quoi ? Alors, A tente de chanter (nuance importante) des chansons qui sont de toute façon toujours trop aiguë pour lui (prenons un exemple concret, comme si ça vous intéressait : Eve lève-tooooooooooooi et danse avec la viIiIIIIiIIIIIIIIEEEEHIHIHIHI).

Pour essuyer cet échec amer — car chanter du Julie Piétri sobre, c’est clairement pas une solution —, A prend un deuxième verre de whisky qui se fera cul sec. Oui, A prend du whisky cul sec, et il vous emmerde. Attendez la suite. L’inquiétude, nous la noterons 3, car A est lucide et sait bien que 2 verres de whisky dont un cul sec, après une bière pour étayer les quelques divagations footballistiques concernant une victoire potentielle des Pays-Bas et de son gouda, ça n’annonce rien de bon.

Mais A, ne s’arrête pas là, car A est un peu fou. Oui, A va boire un verre de Vodka, également cul sec car il faut bien que quelqu’un participe à la montée des vidéos Facebook. A va vomir, mais pas dessuite, car A a du caractère. Par contre, A (qui n’a pas senti la vodka passer, faisant augmenter l’inquiétude à 5) a conscience de ne plus être dans son état totalement normal.

A peut réciter son alphabet à l’endroit, comme à l’envers, résoudre une équation du second degré dans les airs en faisant les chiffres avec son doigt et mettre son index sur son nez en passant le bras sous la jambe. Voire tout ça en même temps. Mais A se rend compte qu’il ne parle pas normalement, ce qui le poussera donc à se demander « Pourquoi j’arrive pas à parler normalement, alors que j’ai conscience de ne pas parler normalement ? ».

Ça, c’est assez incroyable (enfin, c’est une des choses incroyables de l’alcool). Tu as conscience d’être complètement bourré après le dernier verre de Malibu que tu as pris (je parle toujours de A, que j’appellerai maintenant B car on ne peut plus dire que ce soit les mêmes personnes), mais tu es incapable de résoudre le problème. Impossible de réguler le ton ou la vitesse de la voix, de maitriser les mots qui peuvent en sortir.

Tu vomis.

Puis là, tu te souviens plus. L’inquiétude passe à 10, mais comme t’en es plus conscient, tu t’en fous. Encore un truc fabuleux : oublier tout un pan de la soirée. B se souvient s’être fait prendre en photo, mais absolument pas avoir tourné autour d’un balais pour montrer qu’il était pas bourré (il a d’ailleurs bien tenu, avec une bière, deux whiskys, de la vodka et du malibu. B, quel type formidable, selon ce qu’on peut voir sur la vidéo) ou avoir balancé un pot de chips par terre en se demandant pourquoi il est bourré alors qu’il en a conscience. B, le type formidable qui ne souvient pas pourquoi il a un gros trou dans la lèvre ou qu’il a foutu une baffe en mettant un doigt dans l’oeil.

Tu vomis. Enfin, on te raconte.

Tu chantes « Quand la musique est bonne » en karaoké, tout seul, et t’as vraiment l’air d’un gros con sur les vidéos qu’on te montre.

Tu vomis. Enfin, ce sont ce que les restes semblent dire.

Tu te réveilles, et tu sais absolument pas comment tu as pu atterrir par terre, à trois mètres de ton sac de couchage (qui est plein de vomi. Par contre, on ne sait pas si c’est le premier, le deuxième, le troisième, la chronologie échappe à B) et dont, finalement, tu préfères rester loin, quitte à trembler comme un gros con et à te dire « J’ai pas froid, j’ai pas froid ». Ça marche très mal.

C’est le matin. Tu vomis. Enfin, tu essayes. Mais bon.

Tu as froid, parce-que tu es quand même allongé par terre, c’est cinq plombes du mat’, tu te dis que c’est l’été, que le soleil va pas tarder à se lever et à te réchauffer.

Le soleil ne se lève pas. C’est sept heures, tu as mal au dos.

Tu pars te promener en laissant les grosses feignasses qui dorment encore (mais qui semblent ne pas avoir vomi. Oui, bon).

Tu reviens.

Tu vomis.

Tu arrêtes l’alcool.

B, quel type formidable.

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8 Responses

  1. 1
    Angélina 

    Bravo mdr quel récit qui relate tellement bien ce qui c’est passé =p

  2. 2
    PankkypH 

    Le jour où t’auras compris que « parce que » ne prend pas de tiret, tu n’auras plus de défauts.

    Ça me fait un peu peur.

  3. 3
    Araen 

    HAN ! Oui, j’oublie à chaque fois. Mis à part ça, je me demande pourquoi je suis le seul blogueur de cette planète à me faire harceler sur mon orthographe alors que certains (stagueve par exemple, pour ne citer personne) sont clairement pire. Et je me trouve quand même pas mauvais d’un point de vue strictement orthographique.

  4. 4
    PankkypH 

    C’est précisément parce que tu en fais très peu que je t’aide à en faire encore moins. S’il y en avait d’avantage, je me dirais « peine perdue ». Sinon autant aller corriger les skyblogs !

  5. 5
    required 

    Lisez ‘zéro fautes’ on a fait pas mal de pub dessus, c’est vrai, mais il est plutôt intéressant (et Dieu sait que j’aime pas les livres à promo,en mode France loisirs …)

  6. 6
    Araen 

    Ceci sous-entend il la médiocrité de mon orthographe ?

  7. 7
    The Ize 

    Oh, tiens, je ne l’avais jamais lu, celui-ci. Cette destinée est-elle dévolue à tous les péquenauds du monde, ou seulement aux âmes torturées?
    Considérant qu’il m’est arrivé sensiblement la même chose (troublant, troublant, tant de coïncidences…), je penche pour la A.
    Sauf que moi, j’ai violé un gars, mais je ne m’en souviens plus alors tout va bien.

  1. [...] différent de celui qu’il aurait dû prendre. Plus jamais je ne pourrais parler d’une biture infâme où j’ai terminé dans le vomi et où mon lendemain amer s’était retrouvé évaporé dans les vapeurs d’éthanol [...]

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