• Mercredi 03 mars 2010 à 20 h 13
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On a osé dire que je plagiais, alors là, je plagie. Ou plutôt, je vous renvoie à des références. Tout ce qui ici sera dit ne sera pas de moi, tout sera pioché dans ma culture générale, et si vous retrouvez toutes les références, vous gagnerez peut-être un truc. Mais si vous trouvez tout, vous êtes sans aucun doute Dieu, donc bon. J’attends le procès de tous les auteurs concernés.

J’ai croisé la mort hier, elle était belle comme la femme d’une autre. Grande, le capuchon rabaissé sur ses croutes et le trou qui lui servait à offrir ses derniers baisers, la faux à la main fine. Je l’ai frôlée. Sensuel. Je ne sais pas si elle s’en remise. En tout cas, du bas de mon balcon, elle pouvait toujours tenter le « Roméo, mon beau Roméo », que je lui aurais craché au capuchon tiens !

Je lui ai simplement dis que ce n’était pas encore mon heure, que je n’étais pas dans le fleur d’un âge qui sent la chrysanthème, que l’amour que j’attendais n’était pas encore venu (Cupidon se conduit franchement en faux jeton, soit dit en passant). Puis je lui ai dit que je n’avais pas encore fait tout ce que j’avais à faire, que je n’avais pas totalement craché au visage de Sarkozy comme il est coutume de le faire, qu’elle devait au moins me laisser le temps de lui marcher dessus. Elle m’a demandé « Pourquoi ? », je lui ai répondu que ça portait chance apparemment. Du pied gauche surtout.

C’est à ce moment là qu’elle s’est coincé le talon dans la gouttière en tentant d’escalader le lierre frêle de ma façade décorée. Je crois que depuis ce moment là, en la voyant tituber et se plaindre sur le sort de son genou qu’elle avait écorché, je n’ai plus eu peur d’elle. Puis merde quoi, quand Line Renaud était jeune, la mère morte était pas encore malade, elle pourrait quand même revoir ses priorités (ou qu’elle s’occupe du voisin, puisque comme chacun le sait, un bon voisin est un voisin mort).

Finalement, décidé à aller jusqu’au bout, elle est montée à ma fenêtre, sans se coincer les doigts, et m’a dit « Bon tu te bouges, je voudrais pas te mettre dehors, mais c’est l’heure d’aller baiser ». J’espère au moins que je ferai un bon cadavre, et que je mettrai mon cercueil en valeur. Pourtant, je ne voulais pas répondre à la pelle du fossoyeur. Elle a quand même sorti son poignard, qui s’est mis à rougir. Le ciel peut s’éveiller, les étoiles fleurir, ni les fleurs soupirer, et des prés l’herbe noire accueillir la rosée où le matin va boire, le clocher peut sonner : moi seul je vais mourir.

Comme il le disait si bien (je vais vous dire qui non plus, vous êtes fous !), aujourd’hui on survit à tout, sauf à sa mort.

En sortant de ma chambre, la mort n’avait plus rien à désirer.

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