• Vendredi 08 janvier 2010 à 11 h 44
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La neige, c’est tellement beau quand on est chez soi, à tranquillement regarder les frais flocons tomber avec monotonie sur le capot de voitures sales. On écoute le silence et on sourit un peu. En virevoltant, les cristaux se posent sur le sol sans que personne n’ai encore laissé ses empreintes de pas dans le manteau immaculé de la nuit qui tombe.

Avant d'aller se coucher.

Avant d'aller se coucher.

Le matin arrivant, vous douces pupilles s’ouvrent, et là, vision apocalyptique. La neige a fondu sur la route, formant une sorte de boue épaisse qui ressemble à du Mr Freeze saveur coca délavé qu’on aurait écrasé pour en extirper le jus (arrêtez, on a tous fait ça, écraser la glace pour que ça fonde plus vite). Les marques de chaussures ont brisé la beauté d’un trottoir recouvert de poudreuse, et alors que vous contemplez les fils électriques qui font tomber la fine couche qui s’était déposée sur eux, vous songez qu’il est peut-être temps de partir.

Après la folle joie de penser sortir par ce temps merveilleux (rappelons qu’il y a 10 cm de neige par terre, que j’habite en ville et qu’il pleut des cordes), je met mon plan à exécution. Avec des chaussures en toile. Bon. Oui, certes, les chaussures en toile, c’est pas ce qu’il peut y avoir de plus JUDICIEUX.

Passant le pas de ma porte, j’entends très vite les gouttelettes (qui sont presque des crachats à ce stade là) tomber sur mon parapluie bleu et blanc. Je commence à marcher (c’est à ce moment que je me rends compte que les chaussures en toile c’était pas judicieux), j’essaie d’esquiver des flaques qui font à peu près la longueur de la rue (la neige bloque les bouches d’égout) et je me rends compte d’une vérité ontologique ; quand il y a de la neige (et de la pluie), premièrement les humains sont très « un pour un, chacun pour soi ». Si t’as une fine tranche d’allée sèche, sans rien dessus, où tu peux passer pour t’accorder un moment de répit, même si tu vois arriver une veille femme enceinte en fauteuil roulant à qui il manque une jambe et qui a un oeil de verre, tu te dira « Qu’est ce que je fais ? Je la laisse passer ? Non, je vais me coller un peu contre le mur, je pense qu’elle aura assez de place ».

Deuxièmement, dans l’éventualité où cette putain de tranche sèche nous aurait été piqué par un culturiste, on a tous l’air de gros cons. On fait des grands pas pour avoir à toucher le moins possible la dangereuse chaussée, on glisse, on se rattrape et on est fier, on est glisse, et sliiiip. Pendant ce temps, votre parapluie s’envole, vous sentez plus vos orteils qui sont sûrement déjà gelés (je vous jure que l’espace d’un moment, je me suis psychologiquement préparé à me les faire amputer), vous tentez de gérer la situation style « Ouais, mais c’était fait exprès, t’as pas vu connard ? ».

Après un quart d’heure de pérégrinations dans une ville déserte que n’habitent que le froid, la neige, la boue, la pluie et les flaques à 0°C au lieu des cinq minutes habituelles, vous arrivez devant votre point d’arrivée. Il n’y a personne, le lycée est fermé, vous faites demi tour en vous demandant où vous pourrez trouver un chirurgien compétent pour s’occuper de vos orteils.

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Un commentaire

  1. 1
    Simon 

    Et pendant ce temps là, aux confins de la campagne profonde, il ne neige pas. Injustice !

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