• Samedi 26 juin 2010 à 14 h 09
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J’étais hier en sueur, nageant dans des draps confus ne sachant plus trouver leur place dans un lit douloureusement brûlant, quand m’est apparu aussi clair qu’un magma secondaire au niveau d’une dorsale océanique en activité le paradoxe que nous appellerons  »de la passion estivale ».

Été, outre le participe passé du verbe être, est largement synonyme de passion(s) éphémère(s) consumée(s) (nous mettons des s car nous sommes optimistes. Oui, bah… on fait ce qu’on peut) sous les éclairs de la nuit enveloppée par les douces lumières de la lune glissant sur l’huile d’une mer qui offre ses zéphyrs à nos peaux en sueur.

Mais je m’écarte. Surtout intellectuellement. D’ailleurs, l’amour sur la plage, je suis désolé, mais c’est pas forcément cool. Pourquoi ? (Ceci est un interlude qui ne concerne pas vraiment l’article. Mais bon. Je fais ce que je veux.) D’une part, parce-que l’été à la plage ça veut surtout dire coups de soleil sur les cuisses, les mollets, le dos et la poitrine. Et le nez, le nez n’échappe jamais aux coups de soleil.  Bref, autant dire que les embrassades poignantes se retrouvent compromises. Pis, en plus des coups de soleil se dessine l’énigmatique problème du sable qui se retrouve toujours dans les endroits qu’il ne faut pas. Alors bon, des allers-retours qui râpent, bof, puis les coups de genoux dans la nuit, les surprises des touristes qui marchent paresseusement sur la promenade et l’affreuse déception de ne pas avoir eu d’orgasme (si vous êtes une femme, un homme se débrouille toujours pour avoir un orgasme. Oui, nous sommes égoïstes, chacun sa merde) sont autant de facteurs qui participent plus ou moins à l’échec d’une relation.

Fin de l’interlude. Maintenant que l’on repère ce qu’est la passion estivale, parlons des cas plus sympathiques qui se déroulent dans les lits normaux des hôtels madrilènes. Étonnamment, car Dieu a beaucoup d’humour, le célibat qui se prolonge de l’automne au printemps (dû notamment à un manque d’entretien total (je ne parle pas de moi) laissant se découvrir des poils partout, des cheveux longs et gras qui ont abandonné toute tentative de rester en place, et le froid qui ne laisse que peu de place à la variété vestimentaire qui se résume essentiellement à un pull le lundi, le mardi, le mercredi, le jeudi, le vendredi et le pyjama le samedi dimanche parce-qu’il fait trop froid pour sortir), ce célibat qui occupe donc les trois quarts de l’année disais-je donc avant la parenthèse, dont je suis sûr que les lecteurs les plus attentifs sauront se souvenir, ce célibat éclate souvent l’été venu. Je ne parle pour le moment que du célibat, n’allez pas chercher de perversité là où il n’y en a pas.

L’amour dans la chaleur a d’inconvénient la chaleur. Mettez-vous en situation, avec un petit peu d’imagination, ça doit être possible. Les doigts se croisent, les corps s’effleurent, s’effeuillent et se déflorent avec autant de facilité que Christian Vanneste raconte des conneries. Les paumes restent comprimées, les cous restent fatalement caressés par une mèche virevoltante tandis que les lèvres ne rafraichissent rien d’autre que mon âme qui a soif.

Les trente premières secondes passées dans le plus grand désirs se retrouvent vite essoufflées, chacun prenant son côté du lit et transpirant dans son coin. Ainsi se dresse le paradoxe : l’hiver, quand il fait froid, on est seul dans un grand lit froid avec la seule couette (et le traversin pour les plus téméraires) pour compagnie, tandis que l’été, où on sue comme des sangliers suaves à Soissons, la promiscuité se dessine comme un supplice qui empêche la passion de se retrouver à son paroxysme.

Bon, vous m’excuserez, je vais acheter un ventilateur et de la crème solaire qui ne colle pas.

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3 Responses

  1. 1
    -Ize- 

    Pourquoi Soissons? Mais pourquoi SOISSONS?!

  2. 2
    Simon 

    En fait t’es la réincarnation de Pierre, hein ?

  3. 3
    Araen 

    @-Ize- C’était pour continuer l’allitération en « s ». La pub Opel de Spotify m’a tout appris.

    @Simon Si seulement…

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