• Mercredi 28 juillet 2010 à 18 h 23
Auteur :

Je suis reparti en vacances après être rentré récemment (mais pas pour longtemps), et j’ai repris le bus. Pour Avignon, avec une amie à lunettes grasses honteusement marchandée à un noir, heu, non, Africain de souche à fort taux de mélanine concentrée à 98% nettoie sol et WC disponible dans vos supermarchés aux rayons ultraviolets. Donc, pour les plus incultes d’entre vous qui n’auraient jamais lu et apprécié Ionesco, j’étais au festival d’Avignon réputé dans le monde de toute la planète pour les pièces de théâtres proposées pendant un mois.

Oui, bah tiens. On s’en souviendra de ce festival et des quelques trucs qui en ressortent. Premièrement, très important, à chaque fois que je vais dans la cité des Papes, il y a du vent. Dans la mesure où nous dormions dans un camping (et que nous crions dans nos tentes qu’on aurait bien aimé se faire violer en chantant du Brel, les voisins ont dû halluciner. La proposition n’a d’ailleurs, malheureusement, pas été satisfaite), ce fût fun. Tu sens la toile qui te fouette la tête, le vent qui s’insinue dans ton cou.

Tu sors les bras du sac de couchage parce que tu as chaud. Tu remets en place le jean qui te sert d’oreiller parce que t’as oublié d’en prendre un. Tu rentres les bras dans le sac de couchage parce que tu as froid. Et tu essaies de mettre le réveil. Or, parlons des portables que nous avions à disposition. Un des deux, pas le mien, avait un problème de batterie. J’entends pas là que le téléphone n’avait plus de capot, que la batterie ne cessait de tomber partout et de se faire écraser par des bus (mais ne vous inquiétez pas, elle marche encore) et que du coup, l’heure n’est jamais bonne. Le mien a un problème de batterie. J’entends par là qu’il aurait fallu que je le branche et que y’avait pas de prises.

Un réveil sans heure, c’est pas évident, et ça déclenche des trucs assez bizarres.

NOUS : Oui, allô, c’est moi.

LUI : Putain, mais t’as vu l’heure ? (en effet, il était tard dans la nuit)

NOUS : Non. Mais ça me dérangerait pas que tu m’informes de ton aimable savoir horloger.

LUI : Tuuuuuuuuuut.

Du coup, on part à la recherche de l’heure dans le camping, en croisant des gens maquillés un peu partout (pas moi, moi je reste dans la tente pendant que la femme ramène l’heure).

Puis le camping sérieusement. Toujours des douches crades, de l’eau froide, de la queue (la file d’attente en fait, je ne suis pas prétentieux à ce point) interminable pour aller aux toilettes, les inconvénients du matelas gonflable pas assez gonflé et la promiscuité. Magique quoi.

Mais ce n’est pas tout. Avignon, c’est la capacité de se faire des jambes d’acier en quatre jours en courant d’un bout à l’autre de la ville pour rejoindre un théâtre qui n’est finalement pas là où tu le cherches. C’est la capacité d’apprendre un plan par coeur et de découvrir des rues vachement sympa (teinturiers, si tu m’entends, ton moulin à eau me manque). Avignon, c’est les pancartes promotionnelles que tu te prends dans la gueule tout les trois mètres si tu essaies de marcher sur les trottoirs. Avignon, c’est la magie de se rendre à des spectacles complets et à essayer de marchander en suppliant de t’asseoir par terre. Ou alors, tu te retrouves à crier « JE SUIS INTERPRÈTE, LAISSEZ-MOI RENTRER » parce que tu as la carte d’un interprète. Oui, j’étais acteur, ma collègue était costumière, nous avons des connaissances. Mais c’est aussi la classe de ne pas pouvoir se rendre à un autre spectacle parce que le théâtre est trop loin.

Mais ce n’est pas tout. On a aussi des tracts par milliers, des « Putain, j’aime pas le théâtre, merde » pour ne plus en avoir des dizaines par poche, l’argent qui tombe du ciel. Oui, faut rentabiliser le truc. Je vous donne l’astuce au risque que ça ne marche plus, mais vous allez n’importe où, vous arrêtez les gens et vous leur demandez s’ils n’ont pas les deux euros qui vous manquent pour aller voir une pièce. Et paf. On vous les donne.

Avignon, c’est le vol à l’étalage Rue de la République. C’est les spectacles à la con desquels tu peux plus t’enfuir. C’est les soldes avec des chemises à 70 €. C’est les parades d’artistes assez cute et qui ont l’air talentueux, mais qui finalement te proposent des pièces à la con qui ne font rire que les gros de devant.

Mais Avignon, c’est la magie de la beauté théâtrale. C’est l’illusion esthétique, la beauté à l’état pur, trempé dans de la platine rafraîchie, l’interprétation poignante et frissonnante d’une histoire qui vous touche, c’est l’originalité d’une mise en scène qui renouvèle un genre. C’est aussi, certes, les engueulades concernant les spectacles qu’on devrait voir, ne pas voir, n’aurait pas dû voir (y’a pas que de la merveille) mais c’est avant tout un truc assez extraordinaire.

Articles similaires :

    None Found

Catégorie : Non classé  | Tags: , ,
Vous pouvez suivre tous les commentaires de cet articles grâce aux fils RSS 2.0. Les commentaires sont ouverts.

2 Responses

  1. 1
    Senseless 

    Bon, je vais commenter quand même.
    Tu m’as fait rire comme une bossue xD C’est même pas ironique.
    Mais comme je te l’ai dit en direct tu as oublié quelques épisodes cocasses telles que la gaffe, et autres.
    La mémé perspicace :)
    Je vois pas du tout à qui tu fais référence. Des gens maquillés ?

  2. 2
    Araen 

    Si. Dans le camping, j’AI VU DES GENS MAQUILLES ! T’as pas dû faire attention.

Laisser un commentaire