• Vendredi 16 septembre 2011 à 21 h 24
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En fait, c’est trop con, mais il semblerait que j’ai un accent et que « je parle par le nez de temps en temps ». Est-ce que vous y croyez ? Moi je n’y crois pas. Et je ne suis pas non plus en train de croire que je suis sur le point de vous raconter mes âneries alors que j’ai un DS de maths demain – un samedi matin, à 8h, OUI – sur tout un tas de trucs trigonométriques et complexes (mais c’est de la bonne, pas des complexes « quelle est la forme exponentielle de 1 + i ? »).

Dans ma petite bourgade du sud, quand on essaie de qualifier un objet dont la teinte se rapproche de celle du mimosa, on dit jaune. Jaune, avec un peu le fond de la gorge. « Jauuune ». Ici, on dit « jône ». Avec la bouche ouverte en rond, un ô qui plonge dans les abîmes  « Jôôôône ». Et c’est laid, non ? On entend même pas les cigales chanter. Et c’est ça pour tous les « o, au » de la langue. Et ceux qui ont un accent circonflexe sur le ô, ça descend sous le cap fatidique de l’audible. « Nôôôôôôtre » au ralenti. C’est ri-di-cu-le. Mais je suis en infériorité numérique, et la majorité a toujours raison, donc maintenant je suis contraint de dire « jône », et j’ai l’impression d’être ridicule.

Mais il me semble que le pire dans tout ça ne soit pas tellement les divergences multiples sur les qualifications linguistiques de prononciations diverses, mais les considérations cantinières du midi. Autant on fait tous des maths de façon plutôt pas mal, autant parfois, on tombe dans des bassesses de sujets de discussion qui font pâlir la philosophie des textes de Zaz. Et on retombe dans le débat « Pot d’eau ou pot-à-eau ? ».

Que ceux qui disent  « pot-à-eau » mettent un commentaire pour me témoigner leur infini soutien. Moi, je dis pot-à-eau, et c’est beaucoup plus logique. Mes détracteurs arguent, de leur côté, qu’on ne dit pas « pot-à-lait » ou « pot-à-café », et ils ont raison, mais il faut voir la magie du pot-à-eau d’une façon différente.

Quand on dit « pot-à-eau », on désigne le contenant. C’est un pot avant tout, un pot qui est supposé contenir un peu d’eau, sinon tu te lèves parce que t’as soif et tu traverses le self pour le remplir. Un pot-à-eau, c’est avant tout la forme du truc, la carafe dans sa structure (et pas le pichet, parce que l’accent re-rentre en jeu à coup de « pichaiiis » ou « pichê »). Le pot d’eau, lui, c’est différent. Le pot d’eau, c’est avant tout un machin qui contient quoi ? De l’eau.

D’ailleurs, l’année dernière, nos parrains ont eu un sujet de maths où il fallait démontrer la formule de Machin. Machin, c’est un mathématicien qui a trouvé une formule INUTILE, mais il a un nom tellement rigolo que tous les profs de maths doivent vouloir la mettre dans leurs contrôles. La « formule de Machin ». C’est trop lol. C’est mon rêve de dire un jour « Et là, on utilise la formule de bidule, pardon, de Machin ». Oui, ça n’avait aucun rapport.

π = 4*arctan(1/5) – arctan(1/239)

Je reviens au sujet. Un pot d’eau, c’est quelque chose qui contient de l’eau. Et si le pot il est vide ? C’est plus un pot d’eau. C’est un pot de VIDE. « – Passe le pot d’eau – Il est cher vide (« cher truc » : expression lyonnaise qui pue). – Ah. Passe-moi le pot de vide alors ». C’est ridicule. Et s’il est rempli de café ? Le pot d’eau = fail sémantique. C’est pas un pot d’eau, c’est un pot de café.

Et là, pot-à-eau vous casse la gueule à tous, parce qu’il résout en deux temps trois mouvements (n’importe quelle équation différentielle avec la transformée de Laplace) le problème du pot d’eau. Petit un : s’il est vide, peu importe, c’est un pot-à-eau qui a juste besoin qu’on le remplisse. Petit deux : c’est du café ? C’est implicitement souligné dans la formulation qu’un pot-à-eau n’est pas forcément à eau, mais que c’est conseillé pour plus de facilité dans l’usage. Petit trois : la réponse D. Petit quatre : là, j’ai mis Desproges en fond sonore, me demande plus de trop réfléchir.

La prochaine fois, nous démontrerons la supériorité des passages piétons en Provence.

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5 Responses

  1. 1
    Nikoala 

    Oulah mais je commence à croire que t’as un peu suivi le même parcours que moi (en plus glorieux)
    Je viens du Sud (avec une belle majuscule parce que quand même), et je suis monté à Lyon pour les études, pour une prépa (sauf que moi j’ai pas vraiment pris mon pied à faire des maths, ma moyenne s’en souvient)
    Serait-il éventuellement possible de savoir dans quelle prépa es-tu ? Pour ma part j’ai fait la prépa (intégrée, oui j’ai presque honte de le dire pour une fois) de l’ECAM, où je suis toujours (ouf).
    Laisse-moi deviner… Le Parc ?

  2. 2
    Araen 

    Ouaip, le Parc ^^ Les sudistes en puissance !

  3. 3
    Petit Poney Pailleté 

    POT A EAU !
    Et, moi le jône ne me dérange pas tant c’est le son aiiii qu’ils foutent dans tous les mots. Je ne comprends pas la logique. Enfin, je fais exprès de ne pas la sentir, okai ?

  4. 4
    Valentin 

    Tu peux te moquer, mais la formule de machin faut quand même allez la trouver ^^ »
    Et puis je te rappelle qu’intuitivement, c’est pas au mimosas que tu as pensé mais à la fuchsia (ou le lilas, j’ai un doute soudain) en premier lieu pour une fleur jaune (avec un o pour moi, désolé, mais surtout change rien, on t’aime trop comme tu es).

  5. 5
    PankkypH 

    J’allais t’affubler d’un brofist.jpg pour la prononciation des « o » (je suis bien placé pour savoir comment se prononce « rose » dans « ville rose », putain de Nordistes !), mais la suite du texte m’a laissé baba (au rôme).
    Qu’est-ce que c’est que ces histoires de pot à eau et de pot d’eau ? J’ai vécu en Gironde, dans les Landes, à Toulouse et à Rouen, et je n’ai jamais entendu ni l’un ni l’autre. On dit carafe. Débat réglé.

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