• Dimanche 03 mai 2009 à 14 h 56
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(Voir premier jour)

« Je ne savais plus très bien ce qu’il pouvait advenir désormais. Après la démission de la plupart des membres du gouvernement, causées par des menaces, il semblerait qu’il n’y ait plus aucune puissance politique dans le pays. Il me semble que dans l’histoire de l’humanité, jamais tel scénario ne s’était produit. Le début de guerre civile qui opposait les membres de la jeunesse dorée au mouvement révolutionnaire (il semblerait que ce titre soit devenu officiel) ne s’était pas modifié, même après que cette dernière se soit propagée dans toute l’Europe Occidentale comme une trainée de poudre.

Ce n’était plus un affrontement pays contre pays, les frontières n’existaient plus. C’était des idées contre d’autres idées. La Suisse perdit sa neutralité et l’Allemagne fut la première puissance à fournir un chef d’Etat aux révolutionnaires. Les organismes que l’on croyait soudés volèrent très vite en éclats ; l’armée et la marine mettaient sur un pied d’égalité les batailles qui se livrèrent dès lors. La guerre avait commencé pour une raison encore bien moindre que l’invasion de la Pologne par Hitler.

Chaque groupe comportait son lot de génies, eux-mêmes qui dirigeaient l’Europe entière dès lors. Je fus ce matin contraint de partir. Le soleil n’était pas encore levé et je n’avais pas eu le temps de regarder les roses se désécher, seul un foulard de glace courait sur l’hozizon dentelée.

Je n’avais sur moi que les vêtements de la veille, deux ou trois vieux biscuits dans une poche. Quelques heures plus tard, après quelques kilomètres de route, je me retrouvais avec une centaine de personnes dans les locaux du « Scary Journal », le plus influent des journaux révolutionnaires. Les articles étaient distribués à ces seuls membres. Critique d’un régime et mise en place d’attaques stratégiques, le Scary Journal se définissait de cette manière.

Peut-être est-il utile que je consigne sur ces pages blanches les difficultés naissantes. Les transports se faisaient difficilement, les trains ne partaient presque plus et les voies ferrées étaient sabottées, les lignes de métro étaient bloqués, quelques avions subsistaient encore dans les airs et la quasi-totalité des routes étaient interdites par des barricades et des barrières de fer. Ce n’était plus qu’un vent de ténèbres qui passaient, la vie se zombifiait jour après jour, les nuages de poussières obscurcirsaient le soleil qui en devenait d’une paleur mortuaire. Puis ce fut la pénurie ; les magasins se vidaient sans être réapprovisionnés, fermant les uns après les autres. Les gens avaient bien trop peur pour continuer à vivre exposés. Il devenait courant désormais que, derrière une voiture renversée dont la carosserie était aussi froissée qu’une feuille de brouillon, l’on trouve un sans abri sans vie, le regard vague ou les paupières closes, le manteau resserré sur le torse. Le marché noir avait connu une augmentation bien plus importante que le nombre d’utilisateurs de Facebook l’année dernière, créant de cette façon une troisième catégories de personnes neutres qui organisaient les transactions.

J’écrivais, frappant les touches et écoutant leur ronronnement sous mes doigts quand la nouvelle tomba comme un masque de plomb sur nos visages. Une bataille sous-marine s’était livrée dans la Manche entre la Grande-Bretagne et la France. Selon les sources, la France aurait provoqué Londres en lui reprochant son manque d’implication. La une du journal de ce soir était intulée « La France sera-t-elle le déclencheur de la troisième guerre mondiale ? ».

Le soleil se couchant était toujours bleu.

C’était le deuxième jour. »

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5 Responses

  1. 1
    Valentin 

    Bon bah  » No Future  »
    Trop bon n’empeche j’adore ton style d’écriture, vivement la suite =P

  2. 2
    Araen 

    Oh, un compliment, ça fait toujours plaisir :)
    La suite, la suite, c’est facile à dire (je savais que j’aurais jamais dû faire un truc en sept jours…). Je risque de pas faire 7 jours d’affilés avec la rentrée qui se rapproche. Mais je suis là :D

  3. 3
    Valentin 

    C’est pas gràve, du moment qu’elle est la, elle se fait désiré c’est ça qui est bon xD

  4. 4
    Pierre E 

    Ce fut le deuxieme jour :D
    Sympa tout de même

  5. 5
    Araen 

    Merci :) Et voici le troisième jour.

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