• Mardi 07 juillet 2009 à 15 h 47
Auteur :

Le premier Juillet exactement, la twittosphère française démontre encore une fois de plus sa puissance en déclenchant un nouveau Buzz. Ce Buzz s’appelle Benjamin Kientz, 31 ans, et s’est fait remarqué de par son livre « Benjik – Journal d’un fou » (téléchargeable sur son site benjik.fr au format pdf). Les lectures se sont enchainées, les blagues ont fusé, les hashtags #benjik et #conspiration se sont vite vus associés (« Aujourd’hui, je n’ai plus de coca dans mon frigo. Conspiration ? #benjik #conspiration ») et la viralité du truc est montée aussi rapidement qu’une mayonnaise battue au fouet électrique. En effet, se proclamant « Bachelor du net » et déclenchant une chasse à l’âme sœur, ce garçon décrit dans son roman quelques mois de sa vie qui auraient appartenus à une sorte de conspiration et autre caméra cachée, comparée à la fin au « Truman Show » (très bon film d’ailleurs), avec tout le sérieux implacable d’une autobiographie. Si vous voulez plus de détails sans avoir à lire son livre, allez voir l’article de Jesuisun_blog.

Bref, il n’en fallait pas plus aux internautes pour se jeter sur cette proie facile.

Vous connaissez la gentillesse de la twittosphère (le phénomène s’est néanmoins étendu au dehors du cercle fermé de Twitter him-self), la folie attire et la folie semblait être là. Votre bon serviteur, qui rappelons-le est en vacances, s’est empressé de profiter de son rang de blogueur pour dresser une interview du personnage. Ce qui est bien, c’est que l’éthique journalistique, moi, vous savez… (remarquez que j’ai fait les choses sérieusement)

Antithese.fr (C’est moi, suivez un peu s’il vous plait) : Votre « Real Roman »[1], comme vous l’appelez, a plus marqué la webosphère française que votre concept de « Bachelor du net » sur lequel je reviendrai plus tard. Twitter, le site de micro-blogging, est le premier à s’être enflammé. Le titre de votre livre, « Benjik – Journal d’un fou », est aussi provocateur qu’évocateur puisque c’est une autobiographie. Vous avez donc conscience d’être victime d’une certaine paranoïa ou vous restez persuadé d’avoir été le témoin d’une manipulation ?

Benjamin (Alias Benjik) : C’est en effet probablement le livre qui a fait venir du monde sur le site, ce n’était absolument pas prévu à la base. Je ne pensais pas qu’il y avait autant d’internautes capables de lire un livre. Je me montre sous l’angle d’un paranoïaque, et tout le monde croit que je suis parano… Mais si je m’étais montré sous un autre angle, ça aurait tout changé. Je fais dans mon livre comme si je croyais à 100% à mon histoire, au complot. Mais dans la réalité je n’y crois pas autant, il est possible que tout ne soit que pure coïncidence. Comme il y en a qui gagnent au loto, il y en a qui enchaînent les épisodes malchanceux. Ce qui peut être mon cas. Mais j’ai été vraiment paranoïaque durant deux jours, croyant qu’on voulait m’assassiner, ce pourquoi je me suis retrouvé en hôpital psychiatrique. En tant qu’angoissé, rien de plus.

La seule chose dont je suis certain à 100% : c’est Mimisophie, la fille qui a fait copain avec moi pendant quatre mois, puis m’a dit à la fin qu’elle m’aimait. Je ne l’ai jamais vue en vrai. Elle m’a posé des lapins dans Paris. J’avais sauvegardé son blog sur mon disque dur, alors j’ai encore des preuves, je peux en parler. Je ne suis pas le seul qu’elle a manipulé. Son but, c’est de mettre les mecs dans des situations où ils vont avoir des choses à se reprocher, de manière à ce qu’ils ne puissent pas se retourner contre elle à la fin. Dans mon cas, je me suis retourné contre elle mais la police ne m’a pas trop écouté. D’ailleurs, si parmi vous il y en a qui se rappellent avoir entendu parler d’elle (il y avait une actu sur le net un moment), merci d’en parler sur votre blog, je le mentionnerai dans mon actu. Il me faudrait des témoins.

C’est à cause de Mimisophie que je me suis demandé si tout cela n’était pas une caméra cachée, quand on s’est fait manipuler on ne distingue plus le vrai du faux pendant un certain temps. Pas de quoi être méchant.

A : Est-ce que vous pouvez nous expliquer avec précision où s’arrête la réalité et où commence la fiction dans ce livre ? On a bien compris que la fin était fictive, mais à quel moment exactement votre imagination prend le dessus ?

B : La seule chose fictive, c’est à la fin lorsqu’un animateur de télévision arrive dans l’hôpital psychiatrique. Ce serait une bonne fin si l’on en faisait un film.

A : Pourquoi avoir choisi d’étaler ainsi votre vie sur le net et d’exposer la face obscure de votre personnalité ?

B : Je ne pensais pas qu’il attirerait autant l’attention. Et ce n’est pas toute ma vie ! Seulement ce qui se rapporte au « complot ». C’est un témoignage. Cela devait m’éviter d’expliquer à chaque fille ce que je fais dans la vie, elle n’a qu’à lire le livre. Comme cela je suis transparent, pas besoin d’aller raconter que je suis allé faire un voyage à l’autre bout du monde ou je ne sais quoi pour l’épater.

A : Vous n’avez pas peur que l’intrigue qui vous entoure (Fake or not) et vos antécédents psychiatriques puissent rebuter justement les femmes susceptibles de répondre à votre appel ?

Tout à fait ! Mais ce qui doit le plus rebuter, c’est le fait que je sois au Rmi (+ allocations logement). Au moins je ne mens pas. C’est ça qu’on devrait me dire d’enlever sur mon site ! S’il n’attire pas les femmes, j’emploierai des méthodes plus traditionnelles, comme sortir en boîte, mais ça coûte plus cher.

A : Pour les lecteurs qui d’ailleurs ne sont peut être pas au courant, vous pouvez présenter votre site, benjik.fr, en quelques mots ?

B : C’est avant tout un bachelor, dans le sens où je sélectionnerai les candidates qui auront le meilleur blog. Dans le but de trouver peut-être l’âme sœur.

A : Vous vous autoproclamez « Bachelor du net », ne trouvez pas l’idée prétentieuse ou même impersonnelle ? Cela se rapproche du speed dating, alors que vous ne voyez même pas la personne en face de vous. Tous les mensonges sont permis, toutes les arnaques sont possibles.

B : Ça fait très prétentieux en effet, mais je n’ai pas trouvé mieux pour en faire un jeu. La seule différence avec Meetic, c’est que je dis que je vais d’abord choisir dix finalistes maximum. Sinon il s’agit d’un profil un peu comme sur les sites de rencontre. J’aimerais qu’on puisse ajouter des vidéos sur Meetic, les profils seraient plus parlant.

Il est possible que fin septembre je ne choisisse qu’une seule finaliste, ce serait plus respectueux qu’enchaîner les rencontres… mais moins intéressant pour les internautes. Je ne m’estime pas Bachelor dans le sens où je ne suis par exemple ni super musclé, ni beau parleur. Le terme de Bachelor me permet d’être compris très rapidement, voilà tout.

A : Cela ne vous inquiète pas ?

B : Aller sur un site comme Adopteunmec.com me fait encore plus peur ! C’est internet qui est un problème en soi, pas mon site. J’avais déjà abandonné l’idée de faire des rencontres sur internet en inventant le concept d’avoir un code à porter sur soi, une sorte de numéro de téléphone anonyme. Mais il faudrait beaucoup de pub télé pour que ce concept fonctionne.

A : Vous avez déjà obtenu des réponses suite à l’explosion des discussions vous concernant sur Twitter ?

B : Quelques jours après la mise en ligne du site, toujours pas. Je reste le plus grand sceptique, je ne suis pas persuadé qu’une fille aura la force de créer un blog pour moi. Quand je fais mes recherches sur les blogs de Skyrock, il n’y a pas tant de filles qui recherchent le « Big Love », et parmi elles très peu paraissent sérieuses. Dommage, car c’est un site gratuit, contrairement à Meetic.

A : « Que ce soit en bien ou en mal, peu importe, l’essentiel c’est qu’on parle de moi »[2] ?

B : Ce n’était pas voulu au départ, mais finalement, c’est un peu le cas. Le « Journal d’un fou » dérange. C’est un petit livre écrit au kilomètre, je n’ai pas cherché à faire de la littérature. Mais s’il intéresse un éditeur, je peux le réécrire en mieux et en plus long, j’ai encore des choses à dire…

A : On a pu constater que votre vie tournait en particulier autour des femmes. Elles sont le centre de votre roman, votre site de rencontre un peu à part, Lovny.com, n’est pas né d’un hasard. Quand on lit votre bouquin, on se rend compte au fil des pages – ne le prenez pas mal – que vous avez la candide impression d’attirer tout ce qui a un vagin, vos rencontres se soldant par des échecs cuisants. À l’heure d’aujourd’hui, et avec les retours que vous avez eu, vous pensez encore avoir été le témoin d’une immense manipulation envers votre personne dont la gente féminine était la principale instigatrice ?

B : J’enchaîne les râteaux, mais dans la réalité ça s’est passé sur long terme heureusement. Si l’on compte les râteaux de mon livre, il n’y en a pas tant que ça. Quant à la candide impression que j’ai d’attirer le sexe opposé… si en l’espace d’une semaine j’ai l’impression d’attirer une femme dans Paris, cela veut aussi dire que j’ai l’impression de ne pas attirer toutes les autres. Dans mon livre je ne vais parler que de celle qui s’intéresse à moi, et cela donne l’impression que je pense toutes les attirer[3].

L’immense manipulation dont j’ai fait l’objet, j’y ai cru deux jours, ensuite j’ai cru à une caméra cachée. Aujourd’hui la seule chose dont je suis certain, c’est une manipulation de la part de Mimisophie dont j’ai parlé au début. Elle s’est créé plusieurs personnages, s’est mise en relation avec des gens que je connais. C’est elle qui m’a rendu « malade », justement.

Je remercie Benjamin d’avoir accepter de répondre à ces questions, à bientôt (pour de nouvelles aventures) !

[1] Terme qui n’existe pas. Real est anglais, et roman en anglais se dit « Novel ». Mais pourquoi pas ?
[2] Copyright Léon Zitrone. J’étais pourtant persuadé que c’était de Wilde. Dieu m’écartèle (si possible sous anésthésie générale) [4]
[3] Je disais ça, mais en fait, c’est plus « toutes les filles qui vous adressent la parole ou vous regardent avec insistance ne sont pas forcément intéressées ».
[4] Copyright feu Pierre Desproges.

Articles similaires :

    None Found

Catégorie : Web
Vous pouvez suivre tous les commentaires de cet articles grâce aux fils RSS 2.0. Les commentaires sont ouverts.

2 Responses

  1. 1
    Cactuz 

    Très bon article, et Benjik parait franchement lucide là, y’a rien à buzzer et c’est tant mieux.

  2. 2
    Helran 

    « C’est avant tout un bachelor, dans le sens où je sélectionnerai les candidates qui auront le meilleur blog. Dans le but de trouver peut-être l’âme soeur. »
    –> lol si ton blog me plait alors tu me plais, sinon non ! En plus il parle de skyblog !

    « Aller sur un site comme Adopteunmec.com me fait encore plus peur ! »
    –> Bah il fait la même chose mais en inversé

Laisser un commentaire