Tout le monde connait Martin Luther King, l’homme qui a inventé les rêves. L’homme qui fait que maintenant, si tu dis que t’as fait un rêve, on te rétorque que t’as rien inventé. Mais Luther à terre (elle était petite, j’ai un peu honte) n’a rien fait de vraiment passionnant. Egalité, tout ça, bof quoi. Et je ne suis pas raciste, comme je l’ai déjà dit, on m’a dit qu’il existait des arabes très biens. D’ailleurs, aujourd’hui, un d’eux m’a filé un euro (tandis qu’une vieille dame s’est mise à courir quand je lui ai dis « Madame ? ». Du moment, avant qu’elle tombe, les pieds embourbés dans son cabas aux roues franchement mal accrochées).
Le rêve de la nuit dernière se situe dans ma tête, quelque part entre mon double et mon triple, autant dire que ce fut joyeux. J’étais dehors, le soleil faisait un bisou à la lune car ils s’étaient réconciliés après des siècles de persécution, le ciel était le Jacuzzi de Dieu qui prenait un bain en se frottant le dos avec une étoile de mer. Autant dire que les nuages était la mousse bien placée.
Au sol, qui était en réalité un xylophone géant qui faisait des sons à chaque pas, en fonction de l’inclinaison du pied et de la matière des semelles, les pavés s’éclairaient de temps à autre pour pallier au manque de lumière. Sachez que dans mes rêves, il peut faire beau et faire nuit en même temps.
Je participais au championnat du monde de poésie en SMS. Les participants étaient là, je dois dire que je ne me suis pas trop attardé sur eux après avoir salué Buzz L’Eclair que je n’avais pas vu depuis longtemps. Nous étions tous là, la sueur aux doigts, la langue qui nous grattaient les cheveux et les chaussures sur les oreilles pour ne pas être dérangés par le bruit. Le regard rivé sur nos téléphones (je partais avec un handicap, un vieux motorola au clavier physique avec aucun accès au web, ça ne peut pas rivaliser avec les technopilotiphones écran plasmaoïde à dérivation interstellaire, avec rasoir intégré), nous réfléchissions à la poésie que nous écrivions.
Après une mûre réflexion sur « T9 or not T9 ? I don’t know, va voir ailleurs », j’ai pris un truc qui écrivait directement ce que je pensais. Ça n’avait pas de nom, mais un fil était branché dans ma narine. Je me suis lancé, effréné, épuisé, la tentacule entre les jambes, j’écrivais : « Lol ! Excité d’1 désire curieu, cet nui je lé vu arivé en c lieu xptdr ! De son imaj en v1 g voulu me distrair pouet LOL ». J’avais toutes mes chances.
C’est à ce moment là que la rivière a débordé, engloutissant tous les participants dans un tsunami géant sur lequel j’ai fait du surf. Inutile de dire que ce rêve fut totalement stupide, puisque, comme chacun le sait, je ne sais absolument pas surfer. Vraiment, n’importe quoi.

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La routine la plus totale.
Tu rivalises avec les miens (c’est un compliment).
Ah, je suis content de te revoir, je te croyais mort ^^
Désolé, je rêvais.