• Lundi 27 juin 2011 à 17 h 44
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Tout a commencé avec cet article, publié sur Rue89 et intitulé « Dix ans après, Catherine Millet vous reparle de sexe (et d’amour)« . Dans cet article qui va sans doute faire beaucoup de bruit même si pour le moment c’est tout relatif (il me semble), la brave Catherine s’exprime en ces mots :

Je risque de choquer, mais je ne comprends pas les femmes qui se disent traumatisées, sévèrement traumatisées par un viol.

OH MON DIEU ! Good lord ! Ouïs-je bien, mes sens ne seraient-ils pas entrain de tromper ma pauvre conscience ? Une femme, qui dit qu’en fait le viol, c’est pas non plus si grave que ça en a l’air ? Je me meurs, sur place, transpercé par le couteau de cette affirmation inhumaine. Mais avant tout, demandons-nous qui est Catherine Millet.

Catherine, tout d’abord, est une femme. Elle a publié en 2001 un ouvrage que je n’ai absolument pas lu et que je ne lirai sans doute jamais, à caractère autobiographique et sobrement intitulé « La vie sexuelle de Catherine M.« , dans lequel elle raconte ses expériences sexuelles débridées, le caractère vraiment dérisoire du sexe, en tentant finalement de montrer (il me semble) que tout ceci est amusant, et qu’il faut bien consumer une vie qui se trouve être unique. Bon. Bien. A la limite, on s’en fout. Elle est également critique d’art, apparemment érudite, et elle a dit que le viol, c’était pas traumatisant.

Je crois que je vais encore faire un article pas très drôle, mais on va quand même essayer malgré la gravité du sujet. De toute façon, combien d’entre vous me liront jusqu’au bout, je vous le demande.

Gravité qui en vérité, vous allez très vite le comprendre, n’en est pas vraiment une. En sortant un propos pareil de son contexte, on le prend, brut, comme une phrase à elle seule et évidemment on s’offusque devant une sentence si peu enrobée et si peu politiquement correcte. Je vous incite donc à lire l’article complet qui est d’ailleurs très intéressant. Mais peu importe, essayons de dépasser tout ça, comme il faut également ne pas tomber dans l’absurde en disant que seuls les violeurs et les pédophiles sont contre le rétablissement de la peine de mort pour ces derniers.

Relisons cette phrase.

Je risque de choquer, mais je ne comprends pas les femmes qui se disent traumatisées, sévèrement traumatisées par un viol.

Catherine sait qu’elle vient de balancer une bombe. Pourtant, a-t-elle vraiment tort ? J’ai beau y réfléchir, je n’arrive pas à me dire que c’est une connasse. Elle n’a certes jamais été violée, mais c’est comme tout dans cette société merde, on peut pas critiquer Israël si on est pas juif, on peut pas rire des noirs si on est pas noir, des pédés si on est pas pédé, des arabes si… vous avez compris. Là, Catherine reste dans le ton entier de l’interview, c’est-à-dire qu’elle critique le conditionnement de la société.

En réalité, il faut concevoir le monde comme l’inconscient. En restant simple, les instances inconscientes (le surmoi, aussi appelé principe de perfection) exerce une censure sur celles qui sont conscientes (le moi, principe de réalité). Selon Sigmund, la censure s’incruste en nous et agit sur le Moi sans que celui-ci ne s’en rende compte. Ca peut venir de l’influence des parents et de, plus généralement, la société toute entière. Dénués de toute influence sociale (c’est pas évident, mais essayons de douter 30 secondes s’il vous plait), comment réagirions-nous alors ?

Personne ne nous a jamais rien dit sur le viol, sur le sexe, on n’a jamais entendu de témoignage de femmes traumatisées, brisées. On ne sait rien. Si vous, mesdames (ou mêmes messieurs), vous vous faites violer, que feriez-vous ? Vraiment, honnêtement, ne vous en relèveriez-vous pas ? Continueriez-vous, toute votre vie, à avoir cette image en tête d’un rapport sexuel non-consenti ? Le soir, vous réveilleriez-vous en sueur, le front brûlant et les yeux larmoyants ?

Franchement, permettez-moi d’en douter. Ce qu’il se passe, c’est que la société nous dit que le viol est quelque chose de traumatisant, que le sexe est quelque chose de tabou. Pourquoi ? Si nous avions le sexe sur la main, serait-ce encore tabou ? Trotski disait que le jugement moral était conditionné par les nécessités intérieures de la lutte. Et il a raison, la morale personnelle est intimement liée à la représentation dans les médias. Si bien qu’on fait passer pour des vérités absolues des jugements tout à fait relatifs.

Observons maintenant un commentaire extrêmement intéressant posté à la suite de ce même article sur Rue89 :

J’ai été séquestré et torturé avec trois autres personnes  [...] il y a un an de cela maintenant. [...] Je sais clairement que la seule amorce de réaction psychologique négative que j’ai eu, venait directement de la réaction des autres victimes qui me reprochaient implicitement de ne pas avoir été traumatisé.

Tout cela parce que je suis resté rationnel et conscient de ce qu’il se passait de bout en bout.

Des trois autres victimes, au moins deux ne s’en sont pas encore vraiment remis, mais j’ai remarqué aussi que le fait déterminant pour assimiler l’expérience a été les mots que chacun d’entre nous ont utilisé pour qualifier les évènements.
Ce qui m’emmène à penser (ça et ce que j’ai appris de la discipline appelée « sémantique générale ») que « l’environnement sémantique » d’une personne est sûrement ce qu’il y a de plus important pour la « prise d’expérience » et savoir si elle est traumatisante ou pas en l’occurrence.

Je peux dire aussi que j’ai subi une pression sociale considérable, de bout en bout implicite et totalement involontaire de la part de mon entourage, pour considérer ce qu’il s’est passé comme un traumatisme. [...]

J’ai vraiment l’impression que la dramatisation est la pire chose possible pour une victime au final, et que c’est vraiment son environnement psychologique qui va déterminer si une expérience est traumatisante ou pas.

C’est donc exactement ce que je viens de dire. En plus d’avoir prouvé au monde que je suis quelqu’un d’extrêmement intelligent, talentueux et génial, que dire d’autre ? Qu’il y a une influence de l’environnement, et qu’une idée qu’on nous met en tête, ou que la représentation d’un évènement que les gens nous renvoient, est déterminante dans la manière dont on percevra nous-même cet évènement.

Si je me fais violer, le monde entier va venir me voir en disant que c’est terrible, qu’il est de tout coeur avec moi, que celui qui m’a fait ça mérite la mort. Et voilà, on me montre l’image que je suis censé renvoyer, et inéluctablement je vais me retrouver traumatisé parce que les gens le veulent.

Ce que tente de nous apprendre Catherine, ce n’est finalement pas tant que le viol n’est pas traumatisant, car il peut bien sûr l’être quand il y a des violences, une remise en cause de l’intégrité physique, mais que l’acte en lui-même de se faire retourner contre une poubelle dans une rue faiblement éclairée aux relents délicats d’urine et de vomi n’est, en soi, pas un évènement traumatisant. Il faut essayer de se libérer de ce que l’on nous dit, de sortir de ce cercle vicieux du parce qu’on me l’a dit je vais le dire et les gens le diront à d’autres qui seront obligés de le dire à leur tour.

Oui, quand je suis en vacances, mes articles font plus de 1200 mots. C’est comme ça.

EDIT de 21h 51 :

Toutefois, entendons-nous bien. Je ne cautionne et ne tolère en rien le viol, les violeurs doivent être punis. La seule chose qui doit ressortir de cet article (le reste est de l’enrobage), c’est que le traumatisme est sans aucun doute possible amplifié par la société, et qu’il faut réussir à se détacher de ça pour ne pas être traumatisé. L’image du corps doit être perçue différemment. Après, ni Catherine, cette brave dame, ni moi ne renions le traumatisme du viol. On dit simplement qu’il faut passer au delà.

[Photo : Catherine Millet chez elle à Paris, en juin 2011 (Audrey Cerdan/Rue89)]

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Catégorie : Actualité
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22 Responses

  1. 1
    Le Topinambour Espiègle 

    Je ne suis pas d’accord.
    Bien sûr, bien sûr, l’influence des autres est bien présente: à voir tout le monde s’apitoyer, on finit par se prendre en pitié. Mais lorsque tu dis « l’acte en lui-même de se faire retourner contre une poubelle dans une rue faiblement éclairée aux relents délicats d’urine et de vomi n’est, en soi, pas un évènement traumatisant », je proteste. Bien sûr que ça l’est. On ne prend pas la chose bien, sans être marqué à vie, je pense, lorsqu’on est agressé, mais alors si l’on prend possession de ton intimité sans ton accord, si on te force à faire quelque chose de particulièrement significatif c’est à dire laisser quelqu’un entrer dans ton corps, devenir la personne la plus proche de toi, je pense que oui, ça a un aspect traumatisant.
    Catherine Millet a toujours avoué se sentir désincarnée de son corps alors je comprends qu’elle ne puisse pas imaginer le caractère ignoblement lent à cicatriser de la chose, mais je ne pense pas que dire aux victimes de viols qu’elles sont des chochottes qui chialent parce que la société le leur demande arrangera les pots cassés.
    N’oublions pas que ces choses là dépendent de chacun, amen.

  2. 2
    Araen 

    Non mais évidemment. Tu n’as pas compris ce que j’ai tenté d’écrire, mais c’est le genre de sujet sur lequel il faut tenir un mot juste tout le long, clair et limpide, qui ne soit pas doublement interprétable. Je ne dis pas du tout que ceux qui se font violer et qui s’en plaignent sont des chochottes, parce que je le comprends parfaitement. Mais c’est là le problème. Ce que je critique, c’est l’influence de la société qui fait que l’on conçoit le viol comme un traumatisme. Comme il me semble l’avoir dit, si on fait abstraction des conditionnements socio-culturels, le viol devient soudainement quelque chose de beaucoup moins « grave ». Catherine Millet est géniale quand elle dit qu’elle se sent désincarnée de son corps, parce qu’il le faut à mon avis. Je ne vois pas pourquoi on fait cet ignoble amalgame entre corps et esprit. Les deux sont liés, mais pas au point de détruire une vie lors du viol.
    C’est là ce que je dis. Peut-être que si la société tentait de « dédramatiser » le viol (c’est pas le mot, parce que les agresseurs de viol doivent évidemment être punis), ou au moins ne pas véhiculer l’image d’une victime détruite à vie d’un point de vue psychologique. Pour ce qui est de l’image que tu reprends au début de ton commentaire en disant que c’est traumatisant, je te dirai que ça peut ne pas l’être.
    Après je suis d’accord, ça dépend des gens. Mais quand Catherine Millet dit ce qu’elle dit, elle n’essaie pas d’être universelle, elle dit que c’est possible de se détacher d’un traumatisme.

  3. 3
    Le Topinambour Espiègle 

    Même, toujours pas d’accord. Un viol, même détaché de toute influence, ça reste une action imposée, donc potentiellement traumatisante. Pour vraiment dédramatiser, il faudrait alors s’attaquer au sexe: l’expression « faire l’amour » ne réunit-elle pas l’idée de corps et d’esprit? Si le sexe était une chose tout à fait banale, hop hop hop dans la rue avec un sdf qui passait par là devant tout le monde parce que quoi, ce n’est qu’un coït, oh, ok, le viol ne serait pas traumatisant. Parce que ce ne serait plus une action forcée, mais un acte habituel. Donc, ce ne serait plus un viol.

  4. Tu utilises les théories freudiennes un peu simplement.

    Quand tu dis « Personne ne nous a jamais rien dit sur le viol, sur le sexe, on n’a jamais entendu de témoignage de femmes traumatisées, brisées. On ne sait rien. », c’est à dire, plus ou moins comme à une fillette de 5 ans ?

    Et là, je reprend clairement la conclusion freudienne à la pédophilie au cas ou tu douterai de l’effet traumatisant du viol chez un individu à priori en dehors de l’éducation sexuelle : « Les relations sexuelles entre un adulte et un enfant représentent presque toujours pour ce dernier un évènement traumatique porteur de conséquences psychologiques lourdes, imprévisibles et potentiellement graves, même si celui ci ne semble de prime abord ne pas se rendre compte de l’ampleur de l’éventement ou étant trop jeune pour exprimer sa souffrance ». ( cf « Un enfant est battu ». Contribution à la connaissance de la genèse des perversions sexuelles » (1919)

    ça c’est pour la part de responsabilité de l’éducation et de l’influence sociétale dans notre appréhension de la gravité des traumatismes. Je sais que c’est un sujet que tu aimes bien, il a toute son importance, mais dans ce cas précis, il a une part réduite face aux mécanismes psychosomatiques réels.
    L’exemple de la fillette est controversable mais non dénué de sens.

    Ensuite, pour répondre à ton « Je ne vois pas pourquoi on fait cet ignoble amalgame entre corps et esprit », et bien tout simplement car il n’y a pas le corps d’un coté et l’esprit de l’autre, ils sont tellement tellement (et je pèse mes mots) imbriqués qu’ils en deviennent indissociables.
    Et là, je t’invites si tu es motivé à te renseigner sur la notion de dualisme corps-esprit, qui date de Descartes. Cette notion est totalement remise en cause par la psychanalyse actuelle et constructiviste et globale holistique.
    Je te renverrai bien à un livre de Freud dont je ne me souviens plus du nom, mais il a lui aussi abordé cette questions dans le début de sa carrière, lorsqu’il travaillait sur la cocaïne.

  5. 5
    Araen 

    J’ai fait pas mal de philo cette année, je pourrai donc en parler, mais là je dois dire que me lancer dans des conceptions et construire des espaces philosophiques n’apporteraient rien au sujet. De plus, le traumatisme en lui-même est un autre débat. Là, je vais rester focaliser sur le viol.

    Je n’utilise en réalité dans cet article pas vraiment la théorie freudienne, qui est (comme tu l’as dit) simplifiée au maximum (en deux lignes, on a jamais fait mieux). J’ai voulu récupérer le principe que je trouve extrêmement intéressant (celui d’un échange et d’une dualité entre la censure et la conscience). Par contre, je ne supporte pas l’excuse qu’apporte l’inconscient, je l’ai écrit quelque part sur ce blog quand j’avais un peu bu, et c’est (je cherche) là : http://www.antithese.fr/vous-a.....s-demande/ L’inconscient, pour moi, c’est le mal. Mais ce n’est encore une fois pas le sujet. Intéressant : la société qui nous fait rentrer des mécanismes, parce que la culture dénature définitivement l’homme.

    Ton exemple de l’enfant est en effet intéressant. Je n’y avais pas pensé, et pour la peine, je pourrais presque citer Oscar Wilde « J’ai horreur des discussions. Des fois, elles font changer d’avis ». Je dois dire que je trouve pas grand chose à répondre. Ou si, mais c’est difficile à formuler parce que je ne suis ni philosophe agrégé, ni psychologue/psychiatre de talent. Je parlerais d’une culture d’enfant dans un esprit adulte. J’ignore d’où vient le traumatisme de l’enfant dans les agressions sexuelles, et c’est un sujet intéressant. Mais l’adulte, lui, a la capacité de mettre en doute tout ça. C’est là tout ce que je dis en fait : il faut douter entièrement. Catherine dit cette phrase dans son interview : « j’aurais laissé faire en attendant que ça se passe, et je m’en serais tirée en me disant que c’était moins grave que de perdre un œil ou une jambe. Je ne me serais pas sentie atteinte. Ma personne ne se confond pas avec mon corps. »

    Je partage cette conception en admettant qu’il est extrêmement difficile de l’avoir en étant conditionné par une société qui nous dit que justement, notre personne se confond avec notre corps. C’est là que le doute entre en jeu. Il faut rejeter tout ce qu’on l’on nous a appris, et je rejoins Descartes (si tu ne l’as pas déjà, Discours de la méthode, tout de suite) en me disant qu’on m’a peut-être toujours trompé : « nous défaire de nos anciennes opinions, de commencer tout depuis les fondements ». Et aussi fort que j’essaie d’y penser, je n’arrive pas à me dire que mon sens critique n’est pas suffisant pour me faire penser que mon corps ne doit pas être l’objet d’un traumatisme psychologique dans le cas d’un viol. Après, il faut voir au cas par cas. Là, je parle du viol « soft », si tant est que ce soit possible, c’est-à-dire sans violence, occasionnel. Le viol conjugal est une chose épouvantable, le viol avec nuisance à l’intégrité physique de même.

    Mais Catherine le rajoute dans son interview, c’est moins grave que de perdre un oeil ou une jambe. Voilà pour ce que je pense. Après, j’ai peut-être tort, peut-être qu’il n’y a pas de conditionnement, peut-être qu’il est universellement acquis que la souillure du corps conduit à la souillure de l’esprit, et pourtant, pourtant, je ne le pense pas.

  6. 6
    Senseless 

    Personnellement, j’ai bien envie de me jeter dans votre arène philosophique avec ma position nietzschéenne, comme tu sais, et avec un peu de matérialisme, mais j’ai la flemme, parce que Mathieu me répondrait que « tu n’as pas bien compris ce que j’ai écrit » (à toi de te faire mieux comprendre, peut-être ?), et Ken « Freud Freud Freud ». Matérialisme, quand même : pour le corps, oui leur liaison est indissociable, mais je dirais même plus inexistante ! Le corps c’est l’esprit et vice versa. Quand on est bon scientifique (comme je crois l’être), on ne sépare pas un tas de cellules d’un autre tas de cellules. C’est l’intelligence si romancée de l’homme, si prolifique, inventive qui nous fait croire que notre cerveau est quelque chose de plus posthume, voire de plus respectable que son propre corps. De même que l’homme devant la nature n’arrive pas à imaginer qu’elle s’est faite toute seule, avec du soleil et de l’eau ! Catherine Millet aurait donc tort de séparer les deux, et j’appellerais ça même un déni – pas forcément Freudien, au sens le plus normal du terme – c’est-à-dire qu’en voulant se priver de certaines douleurs mentales liées au sexuel et il y en a beaucoup, et en essayant de se persuader que le sexe c’est simple et tout rose (quelle tristesse…), elle se détache des différents traumatismes qu’elle pourrait éprouver, soit. Tort, pourquoi ? Parce que le corps, comme la vie, a de nombreux plaisirs, et que si notre bouche, notre sexe, nos oreilles, bref nos sens nous apportent menus plaisirs, je trouve dommage de ne pas s’en nourrir intellectuellement (mémoire, réflexion, expérience…).

    Quant à cette histoire de viol, je t’ai déjà dit tout ce que j’en pensais, et ce charmant petit Topinambour – charmant mais espiègle – en a fait un condensé admirable.

    Ah, et je préfère perdre un œil plutôt que de me faire violer, note.

  7. 7
    Araen 

    Bien, alors restons des bêtes traumatisées parce qu’on ne veut pas faire l’effort d’essayer, je dis juste « essayer », de modifier la perception de son corps. Et il faut vraiment être complètement stupide pour ne pas distinguer le corps de l’esprit. Evidemment que l’esprit c’est le corps, mais on peut parfaitement scinder les deux.
    Encore un truc ridicule à souhait : « nos sens nous apportent menus plaisirs, je trouve dommage de ne pas s’en nourrir intellectuellement (mémoire, réflexion, expérience…). ». Epicure dit le contraire. Qui a raison ? Et si bien on devrait se nourrir intellectuellement des plaisirs sensitifs, je pense qu’on peut à l’extrême limite ne pas trop se réjouir des expériences traumatisantes. Excusons donc Mme Millet de ne pas vouloir rester traumatisée toute sa vie par un évènement sur lequel elle n’a aucun contrôle de toute façon.

  8. 8
    Senseless 

    (J’suis pas épicurienne, moi. Voyons.)
    Ce qui est ridicule, c’est que tu invectives tous les gens avec qui tu discutes. Non, mais.
    Et pour finir, parce que bon, si Catherine avait voulu dire ce que tu défends – qui par ailleurs, n’est pas complètement hors-de-propos – elle aurait dit « Je trouve qu’il faut que les femmes ne s’attardent pas outre-mesure sur leur traumatisme, et essaient de considérer leurs corps autrement le plus possible, au lieu de stagner dans la mélasse », point. Ou « Notre bonheur dépend plus de notre état d’esprit adopté que les éléments vécus ». Reformulé, si on regarde un deuil (je ne comprends vraiment pas en quoi un deuil est traumatisant, franchement!) : certains réussiront à se dépasser et à continuer une vie normale, tandis que d’autres ne s’en remettront jamais. Voilà comment Catherine Millet aurait pu expliquer son idée. Quand on veut dire quelque chose, et surtout quand on est un personnage médiatique, on se fait comprendre, et on dit les choses clairement. Sa tentative d’être révolutionnaire et provocatrice avec si peu de choses et en même temps beaucoup m’irrite énormément. C’est quand même cocasse : « je ne comprend pas ». Pour la fameuse citation, je pourrais en faire des pages, mais bon, je sais qu’on est tous plus ou moins d’accord.

    Bonne soirée !

  9. 9
    Prout 

    fais-toi violer et dis-nous ce que t’en penses.

    mon demi-frère c’est fait violer par son père. et si il avait pas était traumatisé çà aurait surement était pire dans tout les sens du termes.

  10. 10
    Araen 

    @Senseless Tu es la seule à trouver que j’invective les gens avec lesquels je discute. Nous sommes là, je te donne mon avis en essayant de ne pas le voir déformer. Catherine Millet dit ce qu’elle pense, c’était peut-être maladroit dans sa formulation, parce que c’est une interview et que quand c’est dit, c’est dit, mais ça n’en reste pas moins ce qu’elle pense. Ton « Notre bonheur dépend plus de notre état d’esprit adopté que les éléments vécus » est exactement ce que je défends depuis le début.

    @Prout C’est encore quelque chose de différent. Le viol incestueux et dans l’enfance est quelque chose de monstrueux qui, à mon avis, ne peut pas ne pas laisser de séquelles. C’est impossible.

  11. 11
    Petit Poney Pailleté 

    J’arrive pas à savoir si je suis d’accord avec toi ou si ce que tu dis me dégoute.
    J’sais pas si il y a vraiment une réponse absolue.

  12. 12
    Araen 

    En fait, il n’y a pas à être d’accord ou pas d’accord. Contrairement à Catherine Millet, je comprends que les femmes qui se font violer soient traumatisées. Je le comprends parfaitement. J’en cherche juste les causes, et je pense que ça vient d’une influence extrêmement puissante de la société et des médias. Il me semble que c’est une réalité.

  13. 13
    Ho 

    Comparer le viol au deuil : aucun sens (ça tombe bien, haha).
    Je viens soutenir le type avec les lunettes qui a écrit cet article.
    Avec peu de choses, puisque ça me paraît assez évident.

    Simplement, en augmentant l’importance accordée au viol, on accroît effectivement son impact sur ceux et celles qui ne prennent pas la peine de le penser, ce qui n’est pas forcément une bonne idée. Le mot « dédramatiser » offusque certainement les défenseurs de la théorie de la vie détruite, et pourtant…

    L’humain est un être capable de faire des tas de choses, notamment de transcender ses expériences. Autant en profiter. Si l’expérience dépasse nos capacités, problème (version ridiculement simplifiée, je ne devrais pas, ce n’est jamais bon signe). On n’arrangera rien en rendant le viol encore plus grave dans l’inconscient collectif.

  14. 14
    Nikoala 

    Aaaah quel dommage !!! Je me délectais de pouvoir lire un article sans trouver une faute tous les quatre mots, et voici que dans l’edit de 21h51 (trop tard, peut-être?) on peut trouver une belle erreur de l’accord du verbe au passé composé : « amplifier par la société »…

    Hormis ce petit rien, la réflexion est intéressante (ça c’est pour mettre un bout d’utile dans le commentaire)

  15. 15
    Araen 

    Je suis impardonnable. Qu’on me flagelle avec une cuillère à soupe.

  16. 16
    La Féministe Masquée 

    (Tu aurais pu supprimer les commentaires de cette Senseless. Ils sont sales.)

  17. 17
    Araen 

    (J’avais complètement oublié. Bah, de toute façon, je ne supprime jamais rien de mon blog =D)

  18. Puis-je ajouter mon humble et jeune avis ? Je ne pense pas qu’on puisse reellement « dédramatiser le viol » et ta théorie des douleurs physiques/psychiques séparées (si j’ai bien compris ?) va, je trouve, un petit peu trop loin en fait; c’est comme (Aaaaaah encore une comparaion qui va etre réfutée parce que « ça n’a RIEN à voir enfin ! ») les tracts féministes/homosexuels qui disent que de « demander à une personne masculine si il a une petite copine est une parole guidée par la société et qu’il faudrait plutot la remplacer par une question ouverte » (as-tu un/une petit/petite copain/copine ? ah ah ah !)
    Ou bien qu’ »il est scandaleux de voir des jeunes enfants faire semblant de repasser en déclarant « Je fais comme maman ». » Et bien quoi ? Maman n’a t-elle pas le droit de repasser ? Une maman qui repasse n’est pas une pauvre femme au foyer déléguée aux taches ménageres ! Juste une maman normale avec une vie professionelle surement bien remplie, une vie sexuelle peut-être débridée et même qu’elle peut voter ! si si !
    Bref je m’éloigne du sujet tout ça pour dire que les gens prennent l’habitude de remettre tout en cause dans la société, oubliant quelque fois que certaines bases ne sont pas dictées par des commerciaux vereux mais simplement des choses qui font que l’humain est l’humain. Et la conscience de son corps qui nous dicte qu’un viol est une intrusion forcée brutale et traumatisante dans son intimité en fait partie, même avec une vision completement décomplexée de la sexualité.
    Apres, bien sur il est possible pour certaines victimes de passer par dessus tout ça et de décider que cette experience ne pourra en aucun cas gacher leur vie mais sera simplement un incident (sans grande importance ?) qui leur est arrivé. Ce qui ne veut pas dire qu’il en est de même pour les autres (la majorité d’ailleurs), comme tu l’as dit : « ça dépend de gens »

  19. 19
    Araen 

    Très intéressant l’idée de nature humaine. Je ne suis pas convaincu, mais ça a le mérite d’être légitime.

  20. 20
    SARAH 

    Quelle conne cette femme dans l’article….

  21. 21
    noémie 

    Je pense que si nous avions le sexe sur la main nous porterions tous des gants

  22. 22
    S 

    Je ne sais pas si certains réfléchissent bien ou sont même humains! L’empathie vous connaissez? Je vais vous raconter mon histoire. Non, on ne m’a pas violé avec la violence physique. Chez moi, c’était un harcèlement sexuel et moral de la part de mon beau-père doublé d’une mère vampire (qui m’ a abandonné petite , aucune relation mère-fille) qui ont conduit au fait que je pensais que je ne pouvais pas en échapper ou en réchapper qu’une fois après avoir céder (viol par contrainte )! lisez ceci, vous comprendrez mieux ma situation : http://www.sosfemmes.com/viole.....exuels.htm ! Imaginez-vous tous les jours confronté(e) à un porc ( je fais la description de mon violeur aka mon « beau »-père) qui a 30 ans de plus que vous, un gros bide, des grosses lèvres ,qui vous fait ce geste dégoutant de sa langue visqueuse, qui plus est un noire (je suis devenue raciste à cause lui) qui vous attire vers lui pour vous forcer à l’embrasser, qui vous touche les seins par surprise pendant que vous faites la vaisselle, qui entre intempestivement dans votre chambre sans toquer pour chercher ses soi-disant affaires qu’il a prit soin de mettre dans votre chambre pour vous surprendre dans votre sommeil! Imaginez-vous à 16 ans, pensant encore à votre premier baiser (oui j’étais un peu en retard sur ce point! et naïve aussi) et que ce gros dégueulasse vous dise : » à 16 ans on supporte déjà le poids d’un homme » ! Imaginez que votre propre mère vous ignore ,vous déteste et tape pour des histoires de vaisselles cassées , qu’elle vous insulte tous les jours, vous dise que vous êtes moche parce qu’elle est jalouse car elle voit bien que le gros porc vous préfère alors que vous n’en avez rien à faire qu’il soit attiré par vous ! Et que ce gros porc en profite pour vous monter votre mère et vous l’une contre l’autre, en profite pour devenir votre soit- disant ami , « père » vous qui n’en avez pas. Imaginez le désarroi dans lequel vous vous trouvez , même votre mère vous ignore, celle à qui vous devriez vous confier mais avez-peur qu’elle ne vous croît pas, pire que votre vie sera encore plus un enfer! Imaginez que le gros porc vous dise à 17 ans que ce n’est rien avec un sourire pervers, lorsque vous lui avez relaté qu’un autre dégueulasse s’est mis à se masturber devant vous dans le bus et que vous êtres très choquée. Imaginez qu’à 18 ans , il vous dit que comme vous avez un petit ami ( le premier, oui je suis lente, je vivais dans une bulle ): » tu vas bientôt passer à l’abattoir, il vaudrait mieux que ça soit moi ton « père » qui le fasse »! « Abattoir » comme si vous n’étiez qu’un animal à abattre! Imaginez tous les allusions grotesques que vous subissez en sa présence dès que votre mère a le dos tourné, des allusions grotesques comme « t’aime ça hein! » quand vous allez voir votre petit ami ou encore « il en a une grosse? »! Des propos qui n’ont pas lieu d’être entre un « ascendant » et la fille/belle-fille! Ce sont des propos incestueux! Imaginez-vous gênée,perdue ,ne sachant que faire pour qu’il arrête ces attaques incessante. Imaginez perturbée, que votre mère vous dise de manger seulement le riz que vous avez brulé et que suite à cela vous vous laissez mourir de faim pendant 2 jours et le pire c’est que votre soit- disant mère vous dit qu’elle « sait » que vous allez vous ravitaillez dans le frigo la nuit alors que vous avez même fait un malaise ! Imaginez-vous au bout des 2 jours sans manger faible vous lever la nuit parce que vous savez que vous allez faire un malaise ! vite du sucre! et sur le chemin de la cuisine vous vous effondrez , vous appelez mais votre voix est faible, lointaine. Vous bouffez vos sucres et vous savez que vous pouvez mourir dans l’indifférence , même votre mère s’en foutra! l Imaginez qu’entre votre mère et vous ça soit la guerre, elle vous dénigre tout le temps, à tel point que dès que vous la voyez vous fuyez dans votre chambre, même votre gros porc de beau-père vous fait presque moins peur qu’elle car lui au moins il ne s’attaquera pas à vous tant que vos sœurs sont à côté! Comment pourriez-vous vous confier à elle?!Imaginez l’impasse devant vous!, que votre mère veut que ça soit vous qui payez les 300 euros de frais universitaires alors que vous n’avez ni bourse travail .Vous ne savez même plus discerner le vrai du faux et sachant que vous avez une peur panique de votre mère, que vous n’irez pas lui demander si c’est vrai ou faux! Vous voilà piégée! Imaginez que ce vieux dégueulasse vous dise qu’il vous donnerait les 300 euros en échange de relation sexuelle!! Vous paniquez ! Vous savez que vous êtes perdue! Vous lui prenez l’argent en pensant dans votre for intérieur que jamais vous le ferez ! Il cherche d’autres moyens de pression: il vous dit que votre mère veut vous foutre dehors et qu’il est le seul qui puisse empêcher cela et comme il a vu que vous avez un nouveau petit ami . Il sait que votre vampire de mère vous laissera pas sortir avec car pour elle vous ne pourrez sortir avec un garçon qu’à 22 ans juste parce qu’elle vous a eu à ses 23 ans ! Déjà qu’avec le premier copain, à chaque sortie elle vous cherchait des noises pour que vous soyez en retard, elle vous donnait 3 heures de sortie ( de 14h à 17h) alors que vous êtes majeure! Le pire c’est que le loup , prédateur se trouvait dans sa propre maison! En plus, il vous dit que votre mère veut vous foutre dehors et qu’il est le seul qui puisse empêcher cela. Et que bien sûr tout a une contrepartie avec ces enculés! Une fois, vous voulez en réchapper, ne plus rentrer chez vous, vous êtes restée jusqu’à 22h chez votre copain qui vous dit de rester. Mais voilà que votre mère vous dit que si vous ne rentrez pas vous êtes sdf et en plus elle vous envoie au travail de nuit de son enculé de mari où il a le loisir de vous mettre encore une fois la pression, vous ne vous sentez pas en sécurité. Vous avez peur qu’il vous viole !En vous menaçant implicitement de vous foutre à la rue, et en vous menaçant de dire à votre mère votre nouvelle idylle il a trouvé la faille en vous! Vous allez la mort dans l’âme à l’abattoir! Le pire dans tout ça c’est qu’il vous dit qu’il vous aime ! Qu’elle drôle de façon d’aimer ! Imposer à l’autre une relation sexuelle et dire qu’on l’aime! Vous essayez de lui faire savoir il ne veut rien entendre. Vous êtes sa chose malgré vous! Vous pensez que c’est fini, qu’une seule fois suffit! Eh ben, vous vous trompez, il vient même vous réveiller le matin ! Vous vous sentez sale, coupable d’avoir cru qu’en cédant une fois ça sera fini, coupable et honteuse! Vous détestez encore plus votre mère qui ne peut vous aider et qui ne voit rien! A table, il ose même dire que Morgan Freeman lui, a épousé la petite -fille de son ex !Vous trouvez ça dégueulasse parce qu’entre vous et lui ce n’est pas de l’amour mais une relation de dominant-dominée, votre cœur se met à tambouriner. Votre mère, cette c.nne n’y voit rien! Elle s’occupe juste de vous dire qu’il ne faut pas boire de l’eau avant le repas et entre le repas et que c’est pour ça que vous êtes maigre! Il se met à vous demander de rompre avec votre petit ami! comme si vous étiez sa femme!
    Puis un jour, vous décidez de trouver un petit boulot pour payer vos frais (téléphones ,imagine r et autres) et ne plus être sous sa coupe. Un jour à table, il vous demande votre emploi du temps (cours et travail) parce que vous rentrez à 20h le temps du trajet et qu’il veut vérifier si vous sortez toujours avec votre copain (votre bol d’air),vous lui rétorquez qu’il a déjà votre emploi du temps .Il vous demande le numéro de la dame chez qui vous travaillez pour vérifier vos heures! Non mais il se prend pour qui? Vous lui criez dessus et il essaie de vous mettre une fourchette dans la main! Bien sûr la femme qui vous sert de mère ne vous défends pas ! Vous dites à votre copain que votre beau-père vous harcèle sexuellement et vous faites vos valises. Votre mère vous dit que vous allez finir sdf mais vous vous en foutez et vous lui dites que son mari est un connard, que vous allez porter plainte. Vous êtes partie, vous essayez d’oublier. Puis un jour dans votre boîte vocale vous entendez la voix de ce connard .Vous le rappelez et lui dites que s’il rappelle c’est plainte direct. Il a eu un accident de voiture !MDR !Votre ami vous emmène porter plainte mais vous avez peur du rejet de votre famille, vous avez peur que vos sœurs n’aient pas de père comme vous même si c’est un salaud et vous vous dites qu’il ne fera quand même pas ça à ses propres filles. Et pour ne rien arranger la policière vous en dissuade : procès trop long, la honte , mes sœurs…Elle ose même minimiser ce que vous avez vécu!
    Vous vivez loin de vos sœurs, vous avez pardonné à votre mère sur les disputes incessantes car vous vous dites que vous avez une part de responsabilité. Entre temps vous êtes devenue déprimée , vous qui étiez première de la classe êtes devenue une cancre, vous avez des crises d’angoisses, des évanouissements, vous êtes dans un état de fatigue générale, vous vous endormez même à genou, si vous n’êtes pas dans un état comateux vous vous sentez tout le temps stressée/nerveuse, entre vous et votre homme c’est devenu l’enfer à cause de votre agressivité. Puis un jour vous passez les voir de temps en temps et l’autre connard n’a pas changé : toujours avec sa langue dégoutante, un jour que vous essayez la confrontation il ne montre pas une once de regret. Il vous dit même qu’il avait des droits de cuissage sur vous : depuis tes 6 ans c’est moi qui me suis occupé de toi (j(habitais avec mes grands-parents dans mon pays d’origine, à 6 ans ma mère est partie et a vécu avec lui), c’est moi qui envoyait de l’argent à ta famille pauvre, j’estime que j’ai des droits!
    Une autre fois, quand dans mon couple on faisait un petit break j’ai demandé à ma mère si je pouvais dormir chez elle. Elle m’a envoyé paître! Et le lendemain je suis revenue et c’était lui qui était là il m’a dit que je devais le sucer pour pouvoir y dormir !
    Dites-moi comment oublier quand vous êtes face à votre agresseur, et que celui-ci ne montre aucun regret et continue à vous harceler?
    J’ai dit dernièrement à ma mère pourquoi je ne venais plus et elle m’a dit :  » c’est votre histoire!…pourquoi tu ne m’as rien dit? tu crois que je vais me foutre dehors pour toi?! » Elle vit toujours avec, comment peut-elle ne pas penser à ce qu’il m’a fait en le voyant? Elle n’existe plus pour moi !J’espère que ça n’arrivera pas à ses autres filles!
    Abusée par mon beau-père et trahie par ma mère !

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