• Samedi 06 juin 2009 à 17 h 42
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Je n’aime pas vraiment la jeunesse, vous savez. Ces jeunes filles augmentées de trente centimètres par la sournoiserie exhibitionniste de leurs talons aiguilles, dont la beauté souvent incroyable n’attirerait même pas un Marc Dutroux dans les parages. Et comme disait l’autre, quand le footballeur décérébré marque du pied, le pédophile, bien plus imaginatif et tout en subtilité, Marc Dutroux.

Les jeunes (que je serais tenté d’appeler personnes à mobilité intellectuelle réduite tant un titre spécial devrait leur être attribué, la place de parking allant avec puisque le jeune ne veut pas avoir à faire plus d’une vingtaine de mètres pour acheter son paquet de clopes), les jeunes. Je met un point ici, sinon ma phrase devenait trop longue et les milliers d’adolescents qui ne me lisent pas n’auraient jamais eu l’occasion de ne pas me comprendre. C’eut-ce pu être un drame funeste.

La jeunesse, en fait, ne vit que pour se faire remarquer, pour parasiter de son acné sirupeuse la société actuelle qui déjà va mal. Mais ne soyons pas les infâmes vipères qui crachent leur ignoble venin sur un groupe social minoritaire, ce ne ferait qu’accentuer cette discrimination scandaleuse vis-à-vis d’une ethnie étrangère. Car oui, la jeunesse est une ethnie étrangère.

L’été, alors que les oiseaux chantent, que la mer va et vient au creux des rochers (pour plus de simplicité, l’action se passe sur les côtes maritimes du Sud-Est), que cette douce brise estivale caresse avec parcimonie (doit-on préciser que Parcimonie n’est pas une jeune fille ?) les raides brins d’herbes agités par des nuées d’insectes myrmécéens, que le prof ignorant a installé des ventilateurs rafraichissant un peu partout dans la classe et entreposé à côté de la porte une pile de bouteilles d’eau afin de favoriser les conditions de travail de ses élèves en cette fin d’année, la jeunesse (que je ne qualifie pas d’ahurie car, comme chacun doit le savoir, le pléonasme est une erreur grammaticale qui m’effraie) glande allongée par terre si parc à proximité il y a, ou vagabonde au sein d’une ville enfumée, slalomant entre les magasins avec un mouvement oculaire effrayant, dont l’expression glauque ne peut que me rappeler avec délice le regard bovin que jette une vache sur un pissenlit tout juste sorti de terre après un hiver rugueux. N’est-ce pas fantastique ?

La bouche ouverte et le rectum serré, ce mammifère à poils courts n’a pour seule vocation celle de contempler avec stupeur ses contemporains, sur lesquels il lance sans peine des éclats de lumière crasseux, eux-mêmes qui sont venus se réfléchir avec dégoût sur l’épaisse chevelure de l’animal suintant dont le sébum dégouline avec paresse sur sa peau pustuleuse et parsemée de furoncles aussi gros que le ventre bombé d’une blatte goulue. Le pré-pubère souffre, néanmoins.

Son activité hormonale, qui est toute aussi inexplicable que les audiences scandaleuses de la Star Academy (quoi que, il faut aller chercher du côté du QI moyen des français), lui fait désirer le premier mustelidé enragé qui se retrouvera bien vite avec le regard crémeux typique des orgies parisiennes du XVIIIe siècle. Ceci entrainant cela, son esprit dérangé le poussera à se rendre, et c’est son rôle de mâle, dans les quartiers les plus malfamés de sa banlieue, où le seul moyen de lire Proust par ces nuits sans étoiles est de brûler les bagnoles cabossées qui se reposent le cul à moitié sur le trottoir. Les sens aiguisés et le dos arc-bouté, il cherchera quelques furets bien graisseux qui présentent un orifice suffisamment béant.

Après l’agression pour le moins mouvementée que l’adolescent au sourire ferroviaire a subit entre le bâtiment C et le bâtiment D, la seule consolation qu’il aurait pu espérer trouver ici pour assouvir ses désirs les moins avouables ne subsiste qu’une patte mutilée dont la tribu maître du territoire ne tardera pas à s’emparer.

L’adolescente moyenne, quant à elle, préférera de loin se badigeonner les lèvres de graisse de cétacés, qui ne seraient plus en voie de disparition si elle avait donné son corps aux instituts cosmétiques. Sauvez les baleines, donnez votre graisse. L’appel est lancé.

Non, définitivement, je n’aime pas les jeunes.

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Catégorie : Ecriture, Humour  | Tags: ,
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11 Responses

  1. 1
    Corentin 

    Un peu radical (j’viens de me réveiller, tu comprendras ma flemme de commenter plus que ça), mais j’aime beaucoup le style :)

  2. 2
    Araen 

    Eh bien merci ^^

  3. 3
    Cécé 

    La comparaison avec les vaches =3 (=3=3=3! écrit-elle un air autiste … un air de jeune sur le visage)

    Non, moi non plus je n’aime pas les jeunes, je n’aime pas les gens tout court.

  4. 4
    Araen 

    Les gens sont de plus en plus méprisables. Sauf mes lecteurs, bien entendu =3

  5. 5
    Wannis 

    Salut, je sais que ton poste date d’assez longtemps, mais j’ai quelques remarques à faire.
    Ayant 15 ans (seconde donc…) je ne peux qu’affirmer ce que te dis sur la jeunesse actuelle. Cette « micro-société » où seul le physique conte, où le conformisme règne, où la peur d’avoir honte est omniprésente, où la consommation est le mot d’ordre… est plus que pesante! Mais s’en prendre au jeunes de banlieu je trouve ça vraiment pitoyable (désolé du terme mais c’est plus fort que moi). Si ces personnes sont ce qu’elles sont, c’est de la faute de la société, quand t’es dans une classe de 35, quand on te dis que t’auras autant de chances d’avoir un boulot que de gagner au loto, quand on connait la discrimination à l’emploi…Qu’est tu veux faire!?

    Et puis tous le jeunes ne sont pas comme tu l’a décrit tu sais, y’a des gens très cultivés, curieux, qui croient au changement…

    Tu vas surement trouvé que je ne suis qu’un jeune arogant qui prend le gens de haut…et bah…je suis jeune après tout nan?

  6. 6
    Araen 

    Crois-le ou non, mais j’avais 15 ans quand j’ai écrit cet article :)
    Qu’il est bon de jouir de cette immunité de la critique.

  7. 7
    Wannis 

    t’as changé de point de vue maintenant? Ya des trucs que tu « regrettes »?

  8. 8
    Araen 

    Je ne regrette rien. Jamais. Je vis au nom de l’humour, et assimiler ce que j’écris à mes pensées, c’est un amalgame éhonté. Au contraire, mes écrits nécessitent souvent une double lecture, et une connaissance de l’ironie que peut-être tu es trop jeune pour comprendre.

  9. 9
    Laurent 

    Je n’ai que 26 ans et je déteste déjà les jeunes.

  10. 10
    George 

    sophiste

  1. [...] du président consistant à dissoudre les bandes de jeunes jugées dangereuses. Pourquoi pas, les jeunes après tout. Là où un problème se pose, c’est dans la proposition de loi de Monsieur Christian Estrosi [...]

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