• Lundi 03 août 2009 à 23 h 40
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Les soldes pour les nuls.

Les soldes pour les nuls.

En ces obscurs temps de soldes, où les ménagères en chaleur crapahutent au sein même des magasins essoufflés dont la circulation est aussi importante que les va-et-viens incessants subis par la partie sous-ombilicale de Clara Morgane, il est nécessaire d’avoir quelques notions (certes abstraites, mais nécessaires, je confirme) quant au déroulement hétéroclite de ces achats compulsifs. Il se trouve que je suis là pour vous aider dans cette quête de la paire de chaussette en soie rose à -70%.

1. La relou qui est plus rapide que vous. On l’appelle aussi « la salope des soldes ».

(Ouh, le vilain, il dit des gros mots sur son blogue) Sachez que quand vous faîtes les soldes, environ 60 autres millions de personnes (moins une) font de même. Sauf si bien sûr l’on exclut les sans domicile fixe, les enfants de moins de 13 ans et les mamies radines. Ce qui nous laisse approximativement 41.3% de la population française s’abaissant à acheter au rabais. Oui, à peu près, mais je vous met au défi de me prouver le contraire.

Si l’on continue notre démarche (totalement inutile car absolument anarchique) et que l’on définit arbitrairement que 55 % des français sont des femmes, 19 239 000 women (comme disent les anglophones) font les soldes. De même, si l’on divise la France en 100 (parce-que y’a 100 départements), il y aurait dont 192 390 femmes par département. 35% d’entre elles sont de vraies garces, il y a 19 240 pétasses dans votre département. CQFD. Selon que vous habitiez une petite ville ou une grande ville, vous vous débrouillez pour la suite.

Il y a donc de forte chance pour que vous fassiez piquer l’article que vous recherchez. Même si c’est un casque de moto. Pour contre-attaquer, prenez avec vous des boules puantes ou une bombe lacrymogène de force 18.

Voilà qui illustre mes propos.

Voilà qui illustre mes propos.

2. La vendeuse aguichante

Vendeuse

Arrivé dans une petite boutique sympathique où les strings léopards côtoient sans problème les culottes en coton taille XXL, vous vous faites arrêter par un spécimen étrange dont la multiplication dans notre société n’a rien de comparable avec l’épidémie de la Swine Flu (qui est une petite joueuse face à la vendeuse aguichante). A peine avez-vous posé votre orteil sur le carrelage blanc de l’espace climatisé qu’une voix douce (mais tonitruante quand même) surgit vers vos auricules : « Bonjour, je peux vous aider ? ». Ne vous fiez pas aux apparences, dès lors quatre choix s’offrent à vous :

- Vous la jouez à la Helmut Fritz et vous répondez « je vous ai pas sonné », mais c’est mal barré si vous avez un problème ensuite

- Vous lui souriez et vous répondez « Non, merci, peut-être tout à l’heure ? »

- Vous lui foutez une gifle et vous partez en courant

- Vous pécho son 06 en lui disant de votre fort accent « Salut mameselle, t’as pas un phone pour qu’on aille boire un pepsi à l’occaz ? ». Cette option récolte toutes nos approbations.

3. Les tailles de vêtements

Je suis sûr que ça illustre au moins un de mes propos.

Je suis sûr que ça illustre au moins un de mes propos.

Déconne pas. Marie-Antoinette elle avait des trucs sur mesure, tout était plus simple. Et qu’on vienne pas me dire qu’elle a ruiné la France non plus. Aujourd’hui, et depuis l’avènement de ce con de prêt à porter, l’achat de vêtement est de plus en plus compliqué, complexe, ardu, tout ce que tu veux. Entre les lettres, les chiffres, les caractères grecs et russes qui, sait-on jamais, auraient pu se glisser là, le néophyte peut faire une crise d’épilepsie devant tant d’incompréhension. Petites explications.

S : Sexy je suis, tu peux pas testes.

M : Merde, j’ai pris du poids

L : Là faut faire un régime

XL : Xorglob ! Là faut faire un régime !

XXL : Xylophone Xénophage[1] ! Là faut faire un régime !

Les chiffres c’est plus simple. Quand il est indiqué « 34 » sur un pantalon, cela signifie que vous devrez courir 34 km avant de pouvoir le porter. Il me semble.

4. La cabine d’essayage anthropophage

Le plus grand ennemi de l’homme (et de la femme, cessez un peu tant de machisme viscéral qui ne fait qu’ajouter au grotesque de la situation, puisque ce sont les femmes qui sont principalement concernées ici) est sûrement la cabine d’essayage. Et les cintres aussi.

Vous avez parcouru, le dos courbé et les yeux à demi-clos, les rayons étroits où les fashions victims  sont légions. Leurs cheveux − qui font la pub pour Vivel Dop − se dressent vers le ciel, leur slim est plat au niveau ceintural (les fashions sont souvent émasculés, et c’est tellement important que je met en gras) et les paillettes de leur torse pétillent. Vous, vous êtes là, vous cherchez un jean, quelques larmes d’angoisse coulent sur votre joue rose. Vous vous emparez du premier instrument de mode bleu qui semble être à votre taille et vous partez dans la cabine d’essayage.

La pièce conçue pour l’entrepôt des cabines est exiguë. De nombreuses personnes attendent, deux fois plus si on compte le reflet des miroirs qui exacerbent leur antipathie. C’est très antipathique un miroir, vous savez. Quand un des rideaux s’ouvre enfin, prenez soin de lancer une boule puante pour avoir la place avant la fameuse « relou qui est plus rapide que vous» [2] (qui vous pique également les cabines d’essayage). Dès lors, l’angoisse vous étreint. Vos jambes menues tentent tant bien que mal d’enfiler ce jean mais vous tombez contre un des côtés de l’étrange cube. Vous vous rattrapez à un cintre qui se décroche et votre T-Shirt se déchire. D’un coup de genou vous brisez le miroir qui était en face et vous passez sous une échelle. Le rideau s’ouvre tandis que les regards se posent sur vos cuisses dévêtues.

5. Que voulez-vous que je vous dise ?

Après avoir subit autant de diarrhée intellectuelle de ma part, soit vous êtes passé directement à la dernière partie, soit vous êtes plus fort que ce je pensais. Les soldes sont un de ces univers terribles encore indomptés par les protagonistes de Code Lyoko. Et j’en sais quelque chose

____________________________________________

[1] Je dis ce que je veux.

[2] Si vous ne savez pas qui c’est, recommencez la lecture de l’article

[Photo et photo et photo et photo]

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Catégorie : Ecriture
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5 Responses

  1. 1
    Pe 

    J’aime beaucoup

  2. 2
    Php_Shell 

    Très sympa, j’aime beaucoup ;)

    Bien rédigé, et ça sent le vécu :p

    J’aimerais tellement avoir une plume pareille… :D

  3. 3
    Araen 

    (Ca sent absolument pas le vécu, mais j’ai une imagination qui ne me fait que rarement défaut). Pour ce qui est de ma plume, j’aime de moins en moins mon style, sans doute parce que les personnes qui m’entourent sont bien meilleures que moi.

  4. 4
    Akibag 

    19 239 000 divisé par 100, on enlève 2 zéros, donc 192 390… Ouf ! parceque 19 239 femmes en charente maritime, avec 80 000 habitants à La Rochelle, sans parler de Rochefort, Saintes, qui sont deux autres villes de tailles équivalentes, même pas 20 000 femmes, bonjour, l’ambiance à la plage ^^

  5. 5
    Araen 

    Ca sera notre petit secret d’accord ? (Je vais me pendre…)

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