• Mardi 29 juin 2010 à 18 h 39
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Il me semblait alors en être arrivé au point de non-retour. Elle se dressait devant moi, belle, fière de ses courbes annihilant jusqu’aux confins de ma mémoire d’anachorète, prude de sa beauté transpirant comme les gouttes de lumière glissaient sur l’esquisse frissonnante de mon échine. Je bandais mes muscles sous ma peau suintante, elle contractait les filaments criards qui lui tenaient lieu de corps, enfonçant dans le sol ses pieds et dans les murs anguleux les angélismes de ses ongles. Les fleurs de son dos tendu éclataient en laissant des corolles et leur pollen s’envoler dans le ciel.

Cette chaise ne me laissera plus jamais goûter l’onctueuse chaleur du soleil qui se lève.

A peu près douze minutes et quatorze, quinze, seize, dix-sept, dix-huit, … secondes plus tôt.

Selon les dogmes acquis, une journée ordinaire commence par les gazouillis incessants des oiseaux matinaux, le froissement impertinent des ailes des cigales et les effluves de thym qui flottent sous les plafonds enveloppés d’une faible nuée de poussière éclairée par les rais d’un soleil qui renait chaque jour de ses cendres. Cela, bien sûr, si vous habitez en Provence. Si vous habitez en Bretagne, la journée commence par le bruissement de la pluie sur les carreaux des fenêtres de la cuisine, comme si les colombes de la paix avaient la diarrhée. Ou si Eric Woerth faisait un discours en postillonnant. Mais je n’ai rien contre Eric Woerth, je suis sûr qu’il dit la vérité.

L’été brillait, bref, une journée ordinaire qui commençait, donc.

Pause : l’auteur va se mettre en short, parce-que vraiment, je transpire. C’est mieux. Insupportable cette chaleur. En plus, j’ai le ventilo à côté qui fait un bruit pas possible et qui me défonce l’oreille parce-que le bouton de force intermédiaire est cassé et que je suis obligé de le mettre au maximum. Problème de logistique obligeant, je peux pas le mettre ailleurs et si je l’arrête, on retrouvera mon corps fondu, faisant passer la pub Perrier pour un vulgaire épisode des Télétubbies.

J’étais finalement tranquillement installé à la terrasse d’un café, la rondelle pendouillant dans la limonade, surtout celle de citron d’ailleurs. Je touillais de mon touilleur les tant attendus délices des boissons aux Jardins de Babylone, profitant de l’ombre offerte impunément par un parasol tendu au-dessus de moi.

Mesdames, messieurs, et les autres, tout ceci devra bientôt voler en éclat pour laisser s’épanouir un monde violent dans lequel ne subsistera que les relents vomitifs des zestes de nos âmes brûlées.  Mesdames, messieurs, et les autres bien sûr, tout ceci, c’était avant la Chaise.

Elle a surgit d’on ne sait où, grande et majestueuse. Ses barreaux suivaient une droite d’équation ax + bx + c = 0 où a et b sont deux réels tels que le vecteur Oj = (a ; b) (NB : ceci est une tentative de renouvellement de la description d’une chaise diabolique qui est définitivement un genre qui s’épuise au fil de siècles interminables, je me doute bien que si vous avez pas fait S vous comprendrez pas. D’ailleurs, j’offre un mois d’affichage 125*125 au premier qui m’explique) et j’imaginais sans peine la douleur d’un bois qui s’enfoncerait dans ma chair si jamais je m’asseyais dessus. Les courbes presque isoséistes se dessinaient de façon irrégulière sur cette commodité de la conversation ; elle était plutôt rustique malgré les motifs tropicaux serpentant à travers des fentes épaisses, surtout celles du dossier.

On m’avait raconté des histoires sur des chaises mystérieuses qui, dans d’anciennes contrées lointaines et septentrionales se rapprochant de la Bétique, terrorisaient les peuples qui ne pouvaient plus que vivre dans l’angoisse infernale d’un dernier supplice. Elle ne bougeait pas.

J’avais mon Perrier à la main, les jointures blanchies par la terreur d’une rencontre qui était devenue inexorable. La Terre avait cessé de tourner, je sentais cette étrange sensation qui survint quand vous retenez votre souffle. Une goutte de sueur glissait sur mon front en gros plan, la rue bourdonnait d’un silence assourdissant, elle était simplement là. Je l’observais en Fish Eye.

Je n’eus plus d’autre choix que celui de me lever pour me placer face à elle. Une note d’harmonica s’envola dans l’air, parce-qu’il y a toujours de l’harmonica dans ce genre de situation. Un homme, chapeau sur la tête, me regardait d’un œil inquiet, hochant péniblement du chef pour me mettre en garde, accoudé sur la porte-assez-étrange-qu’on-sait-pas-comment-ça-s’appelle-mais-que-y’a-toujours-dans-les-westerns du saloon. Je voulais hurler, un peu comme un FX à qui on aurait arracher un poil rectal, mais je me retiens ostensiblement. Je ne tremblais pas non plus, si ce n’est autant que le vibromasseur de Geneviève de Fontenay boosté à l’antimatière.

Et elle attaqua, soudain, sans même dire bonjour et demander des nouvelles de ma tante qui était partie camper. Comme elle était pliante — pas la tente, ni la tante, la chaise — l’attente ne se prolongea plus et sa féroce vigueur alors latente se déchaina dans un courroux indescriptible ! Elle heurtait ma tête, les chocs de mon calcium sur son bois résonnaient seuls sur les pavés d’une rue aux aguets. Du sang coulait de ma bouche sans que je ne réussisse à lui faire pleurer une goutte de sève.

Martine Aubry passant par là, en trois coups de mains bien placés, je réussis à l’asseoir dessus l’objet de mes tourments qui se désintégra monstrueusement dans un « Schprouckuitkcstoui plop » à moins que ce ne soit plutôt « Schprouckuitkcstackt plop ».

Quand on vous dit que Martine Aubry peut servir à quelque chose.

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10 Responses

  1. 1
    Senseless. 

    Tiens, un nouvel article, un énième clone des précédents.
    Entre les comparaisons actuelles, les descriptions vibrantes et toujours démonstratives pour faire genre « je suis un humouriste qui sait écrire », alors que c’est toujours le même trip de « sueur », « frissons » etc, on s’y perd (ou pas.), les même petites allusions sexuelles à des célébrités méprisantes, etc.
    On sait que tu as la libido en miettes mais quand même.
    Tu avais beau nous prévenir que c’était médiocre, je n’imaginais pas, à ce point ?!
    La variété est une des qualités essentielles d’un auteur, et si tu ne te diversifies pas, en prenant un modèle d’écriture à chaque fois, en variant seulement les noms des gens, et à peine les passages « littéraires », tu ne te démarqueras que par l’adhérence de la masse populaire.
    Tu fais de ce blog un business, tu fais ce qui attire le beau monde, et pas vraiment ce qu’il te plaît, tu écris pour ton blog, pour tes statistiques, et tu sais que le trash, le people attirera les gens. C’est malsain et complètement usuel dans le monde du journalisme. Tu te fous de quel côté tu te places, tu te fous de faire avancer le monde, tu te fous d’inventer, de bouger, tu n’as aucune idée, tu es du côté des forts, tout le temps. Sauf quand il s’agit de ta petite cause égoiste évidemment si tu vois de quoi je parle.
    Tu as le verbe, mais tu n’as pas l’idée.

  2. 2
    Hoho. 

    Senseless, tu oublies que c’est également grassement inspiré du cintre de Desproges. Belle diatribe, cependant.

  3. 3
    Araen 

    C’est dommage que ta critique ne soit fondée que sur du vent. Tu aurais pu dire des trucs sensés, mais tu es passé à côté. Le mot « frisson » n’apparait pas une seule fois, contrairement au mot « sueur » qui (MON DIEU) apparait un nombre totalement incalculable… ah, non, je me trompe. Une seule. Étonnant.
    Après, certes, je me targue de la prégnance d’un univers où la chaleur et la sueur dominent, d’autant plus quand c’est l’été. Parce-que l’été, wait for it, il fait chaud. Et les allusions sexuelles, il n’y a plus que ça qui fasse rire sans effort (même si, à part le sex appeal de Geneviève de Fontenay, je n’en parle pas tellement ici). Et en passant, je doute que la masse populaire me lise, je m’adresse à une élite (mes lecteurs, vous êtes les meilleurs, big kiss !).

    Evidemment que le trash ça attire les gens, mais je n’ai ici pas écrit pour être trash. Au contraire. J’ai laissé de côté mes chroniques personnelles pour tenter un modèle plus littéraire, avec un peu plus de talent que d’habitude, qui repose certes toujours sur mon schéma habituel de la description et du lyrisme outrancier qui est sensé faire rire. Néanmoins, je ne me moque pas du côté duquel je me place, et ce n’est pas de ma faute si c’est celui des forts.
    Pour ce qui est de faire avancer, bouger, inventer, je pense moi que je me débrouille assez bien dans mon genre, bien sûr plus quand il s’agit de ma petite cause égoïste, avec un tréma sur le i, car ça me touche personnellement.

  4. 4
    Araen 

    @Hoho C’est marrant ça, le cintre de Desproges revient souvent alors que c’est un de ses sketches que je connais le moins. Je te jure que j’ai absolument pas pensé à ça quand j’ai écrit cet article. Les références sont ailleurs.

  5. 5
    Hoho. 

    Aide : ce n’est pas forcément parce que tu ne penses pas à une inspiration en particulier qu’elle ne va pas transpirer dans ton texte. Tu as vu le cintre une fois dans ta vie ? Bien, tu es coupable.

  6. 6
    Senseless 

    En tout cas, je t’ai fait réagir violemment, ce qui était le but.
    Merci, Mathieu, pour la correction orthographique, c’est vrai que je te reprends jamais, moi.
    Et ton texte m’a fait rire, tu le sais.
    Pauvre petit enfant naïf…

  7. 7
    Zonia. 

    Je m’en fiche.
    C’est drôle. Donc.
    Je m’en fiche.
    C’est drôle donc.

    (Putain. Mon milkshake est en forme ce soir)

  8. 8
    Senseless 

    (En relisant nos joyeuses disputes, je ne peux m’empêcher de remarquer à quel point tu as progressé dans le domaine de l’humilité. Ce que tu étais ignoble, avant ! « je m’adresse à une élite » & « un modèle plus littéraire, avec un peu plus de talent que d’habitude ». Tu as grandi, c’t'émouvant.)(Trollons allègrement, pour refaire vivre Antithèse !)

  9. 9
    Araen 

    Evidemment que je m’adresse à une élite. Tous mes lecteurs sont magnifiques, et appartiennent à mon élite personnelle.

  10. 10
    Senseless 

    J’aime mieux ça.

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