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• Dimanche 05 décembre 2010 à 23 h 10
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J’en avais souvent entendu parler, j’avais pu dans de lointains échanges entrapercevoir cette éventualité sans jamais en mesurer les risques, sans jamais faire mienne cette terreur innommable qui aujourd’hui m’habite : ma mère veut être mon amie sur Facebook.

Grand Lord, Micheline et tonton Anastasio qui veillez sur moi dans mes moments les plus désespérés, même quand y’a plus de Nutella, donnez-moi la force de surmonter cette terrible épreuve que seul le néant me semble être capable de réduire à l’inexistence. Un parent sur Facebook, c’est comme tomber sur ta soeur qui fait un film pornographique avec des animaux (oui, il peut arriver de regarder des films avec des animaux par erreur, les torrents ne sont plus sûrs, la France a peur) ou te faire surprendre en plein amusement solitaire par ta grand-mère : ça met mal à l’aise.

Donc, ma mère est sur Facebook. En écrivant cette phrase, je ne peux que sentir le futur de notre vie commune et bientôt séparée prendre un tournant totalement différent de celui qu’il aurait dû prendre. Plus jamais je ne pourrais parler d’une biture infâme où j’ai terminé dans le vomi et où mon lendemain amer s’était retrouvé évaporé dans les vapeurs d’éthanol abusé. Comment parler encore de mes hémorroïdes douloureux et du fait que oui, c’est moi qui ai terminé la mousse au chocolat ?

Je ne pourrais plus jamais terminer la mousse au chocolat. Pourquoi vous me parlez de ça maintenant ? Hein ? HEIN ? Il n’y a plus aucun intérêt de finir la mousse au chocolat si je n’ai personne avec qui partager cette info délectable.

Torture ! J’aurais encore préféré épluché des patates à vie avec un économe qui a le tétanos !

Donc maintenant, c’est la crise. C’est des « Pourquoi tu as ajouté machin et moi tu m’ajoutes pas ? », « Je croyais que notre relation était spéciale », « Pourquoi tu me fais ça ! », « Plus de télé jusqu’à ce que tu m’ajoutes ». Puis ça devient parano, ça dit que je dis du mal sur les murs des gens, que je complote pour sa chute, que j’envie sa destruction imminente.

Ne prenons plus ce phénomènes à la légère. Le non-ajout de proches sur Facebook peut être totalement cataclysmique, entraînant des dépressions, des pièges dans la maison (sabotage de chasses d’eau, piégeage de frigidaire, bouteilles dont le bouchon est à peine posé sur le goulot, etc.). On se croirait en zone occupée durant 1943, avec la résistance s’opposant à l’occupation.

Mais autant ne pas ajouter un proche c’est comme marcher sur une mine antipersonnel et rester dans l’attente ineffable de l’explosion, autant en ajouter un c’est directement se prendre un obus dans la gueule. Pour un peu que tu fasses pas gaffe à ce que tu dis, toute ta famille peut apprendre que oui, tu as de l’herpès génital et que ça gratte, faisant l’objet inévitable du principal sujet de conversation lors des prochaines fêtes de fin d’année. Pour résoudre ce problème, tu peux interdire l’accès à tes statuts à ces-dites personnes.

Personne n’est dupe. Ils comprendront que vous les avez piégés, que vous cachez quelque chose. Et ils vont se léguer contre vous pour découvrir la vérité, vous torturer et vous arracher les poils des narines !

Enfin, on a de la marge, elle comprend pas Twitter.

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• Samedi 16 octobre 2010 à 17 h 16
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Veuillez excuser cette interruption momentanée d’humour.

Le problème devrait être fixé bientôt, sous réserve que je retrouve quelque chose qui me fasse rire.

Merci pour votre compréhension.

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• Mardi 28 septembre 2010 à 18 h 49
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J’oserai, peut-être un jour. Je prendrai mes mains trop souvent apposées sur les parquets de l’angoisse, pour m’envoler sous les voluptés nuageuses de l’audace. J’oserai, peut-être un jour.

Peut-être un jour, demain sans doute, j’oserai récupérer les mèches de rêves tombées de mon cuir chevelu, je les récupérerai et les accrocherai dans les épines de tes cheveux. Et mes rêves deviendront les tiens, et enfin ils t’appartiendront. Et aussi sûrement qu’il flotteront sous ton encolure équine, ils glisseront sur la douceur de ta peau tandis que mes ongles, peut-être un jour, effleureront les veines de ton cou.

Un jour j’oserai te dire que j’ai seulement envie de souiller la blancheur de mes dents avec les rougeurs de ta gorge, que je voudrais tirer jusqu’à moi ce qui fait que tu es toi, jusqu’à ne plus laisser de place pour être moi-même. Je m’oublierai, j’oserai te le dire de mes quelques mots bafoués, je te le confesserai, la paume devant les lèvres pour retenir la douce lumière qui, comme des perles azurées, s’échappe en une vibration et éclaire les ténèbres que j’aurais voulu garder un peu plus longtemps.

J’oserai retenir au matin les langueurs de la nuit pour ne plus jamais échapper à la beauté des traits qui peuplent souvent les sentiers de ma rêverie. J’oserai soudain arrêter de pleuvoir, et j’accrocherai à ta peau l’ancre de mon regard, l’encre de mes mots et les maux, ceux de t’avoir trop souvent pensé, oseront rester muets aux ouvroirs de nos délicatesses qui sauront s’emmêler.

J’oserai ne plus jamais dessiner le galbe de tes hanches pour ne plus jamais ternir de mes traits la courbe de ton corps. Je cesserai de m’allonger dans la boue et dans le sang sec, j’arrêterai soudain de me sentir aplati sous la rigidité de la terre. Et nous parlerons, sans marcher, sans même partir loin de ce qui nous a vu naître. J’oserai rester là, assis, rapprocher de ton genou la courbure de mon index, peut-être t’effleurer. Et j’oserai pencher mon corps, je lui dirai « Marche ! », sans même qu’il ne fut debout, et il marchera sans que le sol ne se mette à trembler. Et mon bras se déplacera un peu, il descendra sur ta joue ou sur ton mollet, sans que tu ne réagisses, sur les délices du lobe de tes oreilles, et la protubérance de ma pomme viendra se poser, galante, effarouchée, sur les raideurs de ton deltoïde.

Et un jour, j’oserai arracher à la commissure de tes lèvres le coquelicot de ta bouche, et tu te laisseras souiller, ivre, comme le serait ma voile battante aux zéphyrs.

Et un jour, demain peut-être, tu oseras te laisser faire.

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• Dimanche 26 septembre 2010 à 17 h 48
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Gilderoy Lockhart n’a qu’à bien se tenir. Par ailleurs, je suis le seul à être choqué de connaitre un gars qui s’appelle « Gilderoy » ? Gilderoy. Répète le plein de fois. Gilderoy Gilderoy Gilderoy Gilderoy. C’est tout de même con !

Mais je ne suis pas ici présent pour vous parler d’Harry Potter, mais d’une sorcellerie beaucoup plus mystique et encore aujourd’hui incomprise par les masses populacières : il s’agit de la kinésithérapie. Mettons-nous donc en situation concrète. Je suis pianiste, depuis quelques années maintenant et même que je joue du Chopin et que je suis bien dans ma tête, mais quand je travaille ces morceaux, assis sur une chaise à moitié en lambeaux dont les bouts de bois sortent si tant est que je me penche un peu trop fort, j’ai mal au dos. Pas grand chose, juste une petite douleur musculaire dans le côté gauche, juste en dessous de l’omoplate et à côté de la colonne vertébrale.

Je dis un peu naïvement « une petite douleur », mais en vérité, ça me lancine et ça m’empêche de continuer de rester assis. Mais on s’en fout, c’est juste le MacGuffin ça. C’était juste pour vous confesser que finalement, j’avais mal à un point dans mon dos, pas ailleurs.

Comme j’ai une mère formidable, je lui ai demandé si elle pouvait interroger son kiné quant à une posture plus adéquate pour jouer de mon instrument, qui est un vrai instrument, pas comme les clarinettes. C’est ainsi que je me suis retrouvé avec un rendez-vous. Oui, un rendez-vous, et vous savez que j’adore les rendez-vous. D’ailleurs, le 2 Novembre, à 10h, j’ai rendu-vous. A 10h ? Ou à 10h 30 ? Merde, je me souviens plus. Je savais que j’aurais dû garder la carte, quel con.

Bon, on y est pas encore. Je vais faire comme si j’y avais pas pensé. Si j’y ai pas pensé, le problème n’existe pas.

J’avais donc rendez-vous. J’y vais donc, joyeux, chantant et dansant dans les rues peuplées de gentils bonhommes, puis on a fait une super chorégraphie sur une chanson hyper rapide qui collait vachement bien à la situation, et c’était beau, un peu comme dans Glee et le mystère de leurs répétitions improvisées qui claquent à chaque fois.

Bref, ce rendez-vous de merde. Comme tous les rendez-vous, il y a une salle d’attente, avec des magazines « Moto choses » ou « Archéologie d’sa mère », pour apprendre le nom des Dieux égyptiens. Anubis, dieu à tête de chacal, saint patron des embaumeurs, dieu des morts, il assiste Osiris aux tribunal des morts.

Puis on rentre. On te déshabille. « Plus bas le pantalon. Un peu plus. Un peu plus. Un peu plus. Encore un peu, fais pas ton rigide ! ». On t’installe sur la table, et là, on te retourne, on te prend dans des mains rugueuses, tu pars dans tous les sens, tu cries, tu hurles, « OH MON DIEU », « Je sens une corde là » « AH OUAIS, TU SENS VRAIMENT UNE CORDE CONNARD ? », puis on te fout de la pommade froide. Déjà, tu as bien mal un peu partout, puisque ce gros con appuie pile là où ça fait mal. Pas un millimètre à côté, hein. Pile là.

Puis on m’a mis un truc dans les oreilles qui envoie un courant électrique pour me guérir. Je sais pas pourquoi, je suis resté assez dubitatif. Mais maintenant au moins, je sens plus la douleur de départ, puisque j’ai mal partout.

• Dimanche 29 août 2010 à 12 h 52
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C’est bel et bien le drame incommensurable de ces derniers jours. Ce drame, absolument terrible, à faire frémir jusqu’aux plus durs d’entre vous, à faire pleurer les glandes lacrymales endolories d’Arnold Schwarzenegger, ne nous laisse ainsi pas de glace. Je ne parle d’une vulgaire défenestration de bébé de 15 jours par sa mère, non, je vous parle de quelque chose de plus grave. Je vous parle de cette anglaise, Mary Bale, qui a mis un chat dans une poubelle.

L’affaire a passionné l’Angleterre qui, en ces périodes de creux estivales, n’a plus aucun passe-temps, a le regard aussi vide que les plus beaux mammifères bovins durant la défécation. Evidemment, l’affaire a déchainé les tabloïds qui ont tout fait pour retrouver cette personne considérée comme extrêmement dangereuse.

Ce chat, qui s’appelle Lola, était la propriété de Darryl Mann. Après les quelques caresses gracieusement acceptée par la chatte, Mary Bale jette un coup d’oeil sur le côté et, voyant que finalement personne n’aurait pu apercevoir le geste qui s’ensuivrait, elle attrapa le félin par le cou, ouvrit d’une main potelée la poubelle qui jouxtait sa personne et lâcha Lola à l’intérieur avant de s’enfuir comme si de rien n’était, avec sans aucun doute un rictus sur sa bouche de sociopathe.

Darryl Mann, 26 ans, propriétaire inquiet, a confié à toute l’Angleterre :  »On la cherchait partout dans le jardin et on a fini par la trouver dans la poubelle. On a jeté un coup d’œil sur les images de la caméra de surveillance … et on a vu sur la vidéo ce qui s’était passé« . Ces paroles riches de sens ne font qu’apporter plus douleur à ce fait-divers qui nous touche tous.

Mary Bale a agit sans compter sur la ruse de Mann. En effet, ces derniers placèrent alors la vidéo de leur caméra de surveillance sur le net avec une idée bien précise en tête : retrouver l’auteure de cette abomination animalière qui ne peut être passée plus longtemps sous silence. C’est alors qu’en quelques heures, sous l’euphorie vibrante de la webosphère, la vidéo fait le tour de la planète.

Devant la gravité de la situation, la société royale de protection des animaux, qui ne s’est toujours pas occupée de faire piquer Christian Vanneste, a porté plainte contre la femme qui a été retrouvé par le magazine « The Sun« .

Habitant Coventry, en Angleterre, Mary Bale, 45 ans, se justifie tant bien que mal devant le tolet général qui s’abat sur elle : « Je ne vois vraiment pas pourquoi tout le monde est si excité pour ça. C’est juste un chat. Je rentrais chez moi après le travail quand j’ai vu ce chat, juste en face de moi« .

« Je ne sais pas ce qui m’a pris, mais j’ai soudainement pensé que cela pourrait être drôle de le mettre dans la poubelle qui était juste à côté de moi. Les chats sont de bons grimpeurs, je pensais qu’il s’en sortirait tout seul« .

Mary Bale, qui a donc fait quelque chose d’extrêmement grave en laissant Lola enfermée 15 heures dans une poubelle, va sans aucun doute perdre son travail à la Royal Bank of Scotland, sans doute pour éviter qu’en rentrant, un soir, elle fasse la même chose avec un chien ou pire, un furet.

Sur Facebook, c’est l’indignation totale. « Mort pour Mary Bale » avec des « On devrait l’assassiner ! ». La police, quant à elle, demande aux gens de laisser les autorités gérer l’affaire, mais affirme que Bale n’a pas été arrêtée car elle n’avait commis aucun crime aux yeux de la loi.

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• Vendredi 27 août 2010 à 11 h 46
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Laissez-moi être mégalomane avec mon titre. Après tout, je paye mon hébergement et mon nom de domaine, et j’ai le droit de me consoler comme je veux pour ne pas avoir oxymore.fr. Ouais, parce que oxymore.fr, ç’aurait été plus classe.

Je disais donc que j’ai eu une idée de génie, et que c’était finalement pas si surprenant que ça (qu’est-ce que je vous met là, PAF). Alors en quoi cela consiste-t-il, vous dites-vous, et vous n’aurez pas tort. Laissez-moi être clair : on va créer une société secrète.

Je dis « on », mais c’est pour que mes lecteurs ne se sentent pas trop rejetés. Néanmoins, vous savez que je vous aime. Maintenant, vous pensez que c’est complètement con de créer une société secrète et de le crier sur tous les toits. Pourtant, réfléchissez-y. Je ne créerai pas ce truc sous le nom de « Mathieu Guglielmino« , mais sous celui de « Ténébrus« . Ou « Casimir ». J’ai toujours rêvé de diriger une société secrète en me faisant appeler Casimir.

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• Jeudi 26 août 2010 à 16 h 06
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Le 24 Aout, à 11h et quelques, j’avais rendez-vous. Quelque part, ce n’est pas important, mais mes hémorroïdes vous passent le bonjour.

Evidemment, je plaisante. Il faudrait que j’arrête de faire des blagues sur moi, mais le manque d’inspiration vous fait faire des choses stupides. C’était le rendez-vous de ma grand-mère, pour ses hémorroïdes. Maintenant, je vais donc parler de ma grand-mère. D’ailleurs, ma grand-mère est allé voir Salt hier soir. Elle s’est demandée où était Pepper, mais ce n’est pas le sujet.

24 Aout, rendez-vous. Mettons-nous en situation. Il est tard, sans doute plus d’une heure du matin, il faut chaud, et comme ma grand-mère est une warrior, elle regarde How I Met Your Mother et admire le Stinson et son Lorenzo von Matterhorn. Et soudain, elle a une illumination.

Oh, mais le 24 Aout, j’ai un rendez-vous pour mes hémorroïdes ! Quelle chance que j’y pense maintenant alors que je n’y ai pas pensé de tout l’été. Regardons la date pour savoir quand il faut il y aller.

L’ordinateur parle : 24 Aout 2010, 1h du matin. Evidemment, ma grand-mère, en être embrumé et vaseux de l’heure fatale où l’esprit n’est plus à l’apogée de ses facultés cognitives et intellectuelles, se dit :

Saperlipopette ! (des enfants me lisent, vous permettez) Cela veut donc dire que mon rendez-vous était ce matin ! Diantre, suis-je ingénue ! (des enfants me lisent toujours, je peux pas me permettre d’être dans un Tarentino ou un Kubrick)

Là, vous riez hein, bande d’ingrats qui avez bien compris que ma pauvre grand-mère n’avait rien à voir dans cette affaire qui n’implique par ailleurs aucune maltraitance d’hémorroïdes mais un traitement pour… mon cancer du sein. Oui, c’est parfaitement possible.

J’ai donc un cancer du sein. Bon. Et j’avais rendez-vous le 24 Aout, à 11h. Et l’ordinateur me dit que nous sommes le 24 Aout, 1h du matin. Tu piges ? Est-ce que tu piges ? Sans doute, y’a que moi pour pas piger qu’à minuit, l’ordinateur passe à la date du lendemain. Quelle pute cette ordinateur de merde.

Oh pardon, des enfants me lisent. Bouchez-vous les oreilles.

Du coup, je suis parti me coucher. Sans mettre mon réveil, puisque j’avais pas de rendez-vous. Finalement, j’ai raté deux fois le même rendez-vous.

Je suis trop un warrior.

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