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• Lundi 18 février 2013 à 18 h 18
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Venir au monde six ans après la mort de Bach a quand même un arrière-goût amer. Rendez-vous compte un peu. Pauvre Mozart. Quand un pareil génie tel que Johann Sebastian a essoré jusqu’à la dernière goutte le tissu gorgé qu’était la musique de bon goût, il est difficile de passer après sans avoir l’air un peu ridicule. Ce serait comme vouloir battre un record de slalom géant sur poudreuse après les exploits accomplis par la narine droite de Jean-Luc Delarue dans le domaine, ou vouloir devenir antisémite après Himmler, inventeur regretté du thermostat 7 pour tout type de cuisson. Ou nourrir une passion pédophile depuis le monopole qu’entretient fièrement l’église catholique — et sans démériter — depuis de nombreuses années déjà. En parlant d’église catholique, avez-vous vu Christine Boutin ? En voilà une qui ferait bien de se noyer dans son bénitier pour nos éviter les dégueulements intempestifs qui s’écoulent de sa bouche en longs gargouillis purulents dont les odeurs feraient fondre le plus habile des nez.

Essayons toutefois de ne pas perdre le fil. Enfin, je dis « ne pas perdre le fil ». Ne dramatisons pas non plus. C’est sans guillemets. Sinon on pourrait penser qu’il s’agit d’une des phrases prononcés par Constanze Weber-Mozart après leur nuit de noces. C’est bien le cas, mais ce n’est pas le propos. Encore que. « Je perds le fil, je perds le fil » s’écriait-elle, au grand dam de Mozart qui complexait déjà quant à sa métrique pelvienne. Cette nuit était pourtant dotée de tous les atouts dont pouvait rêver une nuit pour tomber dans la perfection, son souvenir seul aurait dû être capable d’éveiller en l’étalon et sa jument (respectivement M. Mozart et Mme Mozart, à ne pas confondre avec un plat de lasagnes). Il n’en fût rien. Cette nuit fut la nuit où tout a commencé, la nuit où Mozart s’est rendu compte qu’il ne faisait pas le poids, que quand ça voulait pas, ça voulait pas et que bon.

Néanmoins, c’est bien après cette nuit gravée dans la mémoire de notre génie précoce  – et nourrissant une jalousie farouche à l’endroit de celui que l’on appelait jusqu’à Strasbourg la saucisse de Francfort – que Mozart décide de composer « La Flûte Enchantée », hommage poignant à ses turgescences reproductrices. Dès lors, il ne fut plus le fétu de paille qui avait écrit la « Marche turque », cet hymne déviant qui célébrait à mots couverts les grandes bacchanales qu’organisaient les turcs en leur temps contre le gré de ces jeunes demoiselles de flanelle vêtue, mais devint sans préavis et avec la surprise de ses contemporains que l’on connait, celui qui s’était affirmé, fier de son corps, fier de son anatomie, sans rancune aucune contre la nature, celui qui composa « La Flûte Enchantée ».

Mme Mozart monta très vite au septième ciel.

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• Samedi 16 avril 2011 à 12 h 17
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J’ai fait cette nuit un rêve étrange et pénétrant. Exactement : étrange et pénétrant.

J’étais coincé dans un casino en ligne. Alors ne me demandez pas d’où je sors cette idée, c’est très simple. Voilà déjà des jours éternellement étirés que je cherche comment écrire un article drôle, engagé, violent, avec du sexe et des morceaux d’amour dedans, lyrique et poignant et qui caserait, entre autre, les mots « casino en ligne », pour la simple et bonne raison que j’adore les casinos (surtout quand ils sont en ligne, d’ailleurs).

Si bien que je suis tombé dans une violente psychose névrotique. J’ai tué trois personnes en essayant de leur soutirer leurs idées, dont une qui m’a confessé vouloir se découvrir des pouvoirs de super-héros et une autre qui avait l’ardent désir de quitter son statut de prolétaire affiché pour devenir péripatéticienne de luxe dans les quartiers branchés de la capitale. J’ai torturé femmes, enfants, nègres (ceux de PPDA notamment) et adolescents semi-pubères à coups de porte dans le petit orteil. Mais rien. Rien rien rien. Personne ne savait comment résoudre ce problème insoluble.

Et finalement, me voilà bouffé par la haine et l’inévitable folie psychédélique de mon être machiavélique et destructeur. J’aurais pu me trainer dans mon vomi et mes glaires sous les ponts obscurs de San Francisco ou de Saint-Yrieix-la-Perche, dans le limousin, que ce n’aurait pas été différent.

Je vous ai déjà parlé de Saint-Yrieix-la-Perche, dans le Limousin ? Non ? Diantre. Petite ville pittoresque au centre d’une région d’élevage, c’est à ses foires que la cité doit une part importante de son activité. Toutefois, ne déconsidérons pas son imprimerie employant jusqu’à 470 personnes et ses entreprises de fabrication de porcelaine. N’est-ce pas formidable ?

Mais comment, comment parler de Saint-Yrieix-la-Perche, et je m’étonne que vous ne m’ayez pas encore interrompu pour me le demander, oui, comment parler de Yrieix-la-Perche sans évoquer son histoire passionnante, qui débute en 510, avec la naissance du légendaire (oui, tenez-vous bien) Arède d’Atane, je vous le donne dans le mille ! Evidemment, vous le savez, mais c’est lui qui fonda le monastère très célèbre qui se transforma en collège de chanoines en 1044 avant Christine Boutin. N’est pas fantastique ?

Mais peu importe. Cette nuit, avachi sur un banc froid car n’ayant depuis plus de raison de vivre, j’ai fait ce rêve où j’étais coincé dans un casino en ligne. Où étaient mes deux sacoches d’herbe, mes soixante-quinze pastilles de mescaline, mes cinq feuilles d’acide-buvard carabiné, ma demi-salière de cocaïne, et ma galaxie complète et multicolore de remontants, tranquillisants, hurlants et désopilants que j’avais l’habitude de prendre quand j’allais au casino ? Sans téquila, sans rhum, et sans ampoules de nitrite d’amyle, la fête serait beaucoup moins drôle.

Penaud, je me suis donc rendu à la roulette russe, avec l’espoir de me faire un peu de fric pour subvenir à mes besoins et nourrir mes six gosses. Mais ces cons avaient perdu la boule, on a dû jouer avec l’œil de verre de Madame qui rentrait difficilement dans le flingue.

Quand je me suis rendu compte que personne n’avait de chaussettes, j’ai compris que cette soirée serait dramatique. J’ai bien essayé de m’enfuir sur le sol qui faisait xylophone, mais les machines à sous me barraient le passage ! Puis je me suis réveillé, en sueur, avec l’idée de génie me permettant d’inclure mes mots très discrètement. Mesdames, messieurs, bonsoir !

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• Lundi 24 janvier 2011 à 22 h 50
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J’ai vu que vous étiez seul, assis au comptoir, accompagné semblait-il par la seule présence de votre cigarette enfumée. Je n’ai plus de cigarettes, je n’ai plus pensé à en racheter avec la mort de papa. Cela vous dérangerait-il de m’en dépanner une ? Merci beaucoup. Ah, il est indéniable que cette douce épaisseur a des effets indispensables à la vie d’un artiste. N’êtes-vous pas d’accord ? Oui, en effet, je suis artiste. Du moins, je tente de l’être, comment pourrais-je en être sûr ? Du moins, je savoure mes cigarettes autant que je jubile durant le sexe. Mais je me confie peut-être un peu trop, pour un étranger. Serveur, mettez-nous donc deux whiskys.

Vous aimez le whisky j’espère, je ne vous ai pas demandé ? Bien. Les bonnes gens aiment toujours le whisky. Vous pensez, avec une cigarette, vous avez à la fois les mains et la bouche occupées. Que demander de plus pour s’abstenir de réfléchir ? Vous aimez réfléchir ? C’est bien dommage, les gens qui pensent sont souvent ceux qui comprennent le moins bien. Cela me semble évident, mais je me rends bien compte à votre air perplexe que vous n’êtes pas convaincu. Prenez donc un exemple simple, celui d’un Dieu qui saurait tout, et qui ainsi comprendrait tout. Ne trouverez-vous pas sa situation déplorable, tant ses divagations seraient prévisibles ? Et au final, de tout ce qu’il sait il en aura ôté les surprises. Et comment mieux apprécier la vie qu’avec ses surprises ?

Je suis d’accord. Il y a de bonnes et de mauvaises surprises. La mort de papa en était une mauvaise, je crois. Il est mort hier. Mais ne soyez pas gêné, il n’était pas grand-chose pour moi. Voyez ce grain de poussière ? Je balaye. C’était papa. Ne soyez pas choqué, cette relation était bien réciproque. Ah, ne parlons plus de choses désagréables. Buvez donc votre boisson, comme je bois la mienne. Que ce liquide s’écoule vite, et la braise tombe rapidement. J’ai l’impression que je viens de l’allumer. C’est dommage, en entendant cette extrémité crépiter pour la première fois, j’avais l’impression d’être autre chose, peut-être quelque chose de différent, assis dans un petit café agréable, tamisé, en charmante compagnie. Mais maintenant que je l’ai finie, je me rends bien compte que ce café est crasseux, que les chaises sont sales et les bouteilles poussiéreuses. Regardez comme le barman a l’air triste ! Pourquoi sommes-nous donc ici ? Je l’ignore, je pensais qu’il serait bien de venir un peu plus loin de là où je vais d’habitude.  Le petit moulin de cette rue m’attire, je ne sais pas pourquoi, je connais des moulins à eau, mais ces algues vertes accrochées aux pales me fascinent. Le remous permanent auquel on finit par s’habituer, son parcours concentrique, tout cela déclenche en moi des folies de liberté qui me font monter aussi haut qu’un empereur romain !

Que cela est absurde, vous allez me prendre pour un fou. S’il vous plait, ne le faites pas, même si je sais que tous les gens bien le sont. Vous semblez encore une fois perplexe. Mais la folie permet d’échapper. A quoi ? Je l’ignore. Pourquoi le saurais-je, enfin ? Un fou ne sait pas à quoi il échappe, il sait juste qu’il y échappe, et il s’en contente. Je m’en contente. Mais je ne suis pas un fou à proprement parler. J’aime me convaincre que je suis fou sans que les autres, eux, n’en soient vraiment convaincus. Ceci me permet, entre autre, de justifier (justement, me direz-vous) mes petites folies. Qu’il est bon de claquer une porte qu’on aurait pu laisser ouverte, briser un verre qu’on aurait pu ranger, cueillir une fleur qui aurait pu faner.

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• Vendredi 14 janvier 2011 à 21 h 10
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Cet article parlera de cigarettes, pas d’amour. Je peux sentir votre déception, mais je m’en moque. Vous voulez de l’amour, allez voir Sandra Bullock. L’amour, ça n’existe pas.

La cigarette, oui. Mais je ne fume pas, évidemment. Non, le jeune garçon sage que je suis ne laisserait jamais l’infâme filtre d’une cigarette toucher ses lèvres de façon plus rapprochée que le seul plaisir exceptionnel que cela doit être. Du moins laissez-moi y croire.

J’ai donc essayé la cigarette il y a pas très longtemps, quelques semaines peut-être, ayant hérité d’un paquet n’ayant plus de propriétaires. J’ai donc, en l’espace de quelques jours, fini le paquet. Le premier paquet, celui qui arrive alors que tu n’as pas l’habitude, qui te fait un peu tourner la tête et te rend euphorique, parce que tu sais que c’est interdit et que tu aimes l’interdit, parce que tu es un peu con. Du coup, ce premier paquet, tu le fumes devant ton ordi, te prenant pour un artiste qui écrit du cul et de la violence, parce que l’art c’est l’immoralisme. Oui, tu connais un peu Flaubert.

Donc tu dégustes, tu revis, tu as l’impression d’enfin exister, d’avoir la classe avec ta clope fumante, de laisser les volutes de fumée s’incruster dans les tissus histoire que ça pue bien le tabac froid. Et tu essaies de faire le maximum de trucs avant que la vibration de dernière inhalation ne s’en aille et qu’il faille en griller une autre.

Ainsi, pendant le premier paquet, tout va bien, tu as l’impression qu’il va te durer une éternité, que de toute façon, JAMAIS tu n’en achèteras, parce que tu ne fumes pas, bien évidemment. Et pourtant, fatalement, arrive la dernière cigarette.

Celle que tu préserves, dans un coffre fort à la banque, souviens toi, ou alors dans un coin parce que tu es trop fatigué pour sortir (depuis que tu fumes, un voile s’est posé à la surface de ton diaphragme, si tu cours, tu meurs). Et toujours inévitablement, un truc va te stresser, et comme tu connais beaucoup de gens qui te disent « La cigarette ? Ouais, grave, t’es trop détendu après », tu la fumes.

Et c’est là que c’est rigolo. T’es décidé à pas l’acheter ce putain de paquet, parce que tu imagines le nombre de carambars que tu pourrais t’acheter avec 5€ 90, et que ça te fait tourner la tête. Donc tu grattes. Tu vas dans la rue, t’observes les gens. Et tu te rends compte que nom de Zeus Marty, le nombre de personnes qui fument ! Tout le monde semble avoir une cigarette à la main, et ils marchent droit.

Moi, j’ai une cigarette à la main, je marche, je titube. Bref, observation cruelle de tous ces gens, tu oses pas les aborder parce que ça fait crevard de demander une clope à des gens qui fument déjà, ça les met au pied du mur, très désagréable comme sensation. Donc tu analyses. Lui, il a les dents jaunes mais du marron sur les doigts, c’est donc un fumeur de roulés (ou un scatophile qui fume des Marlboro, mais cela ne nous regarde pas), elle, elle a une affreuse tête de droguée, si je l’accoste, elle va me vomir dessus, lui il est au téléphone, je demande pas, elle, elle est en galère avec ses deux mioches qui courent et sa poussette donc je vais pas la déranger. Et au final, tu te retrouves que tu demandes à des gentilles dames avec les cheveux bouclés qui te disent « Désolé, je fume pas. Et vous devriez en faire autant ».

Mais je fume pas, connasse, c’est exceptionnel ! Et c’est pas parce que depuis que j’ai pas fumé je suis parano, qu’on peut tout de suite me qualifier d’addict. Sous-merde celle-là.

Mais bon, il y en a toujours qui t’en fileront. Le grand baraqué des banlieues qui te fais « Ouais, bien sûr » avec sa grosse voix, la petite dame qui te dit « — Mais c’est des cigarettes de filles — C’EST PAS GRAVE, FILE ! », et tu te retrouves avec une cigarette toute fine qui fait que tout le monde dans la rue te regarde. En plus, les premières, t’as l’impression de faire un truc obscène.

De la sorte, après avoir gratté à tout le monde des jours durant, me prenant des vents ou n’osant pas, pour me retrouver finalement seul, chez moi, sans plus personne sinon la pâleur de mon âme évanouie dans les méandres du labyrinthe de ma vie, j’imagine une cigarette dans ma bouche. J’imagine l’amitié de cette cigarette, sa capacité de me réconforter. Celle qui redonne l’inspiration quand l’écriture et au point mort, à ce qu’elle pourrait te procurer alors que tu n’es plus rien.

Tu sors, en courant, dans le froid. Tu achètes un paquet.

Mais tu ne fumes pas. Tu ne fumeras jamais.

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• Vendredi 31 décembre 2010 à 14 h 09
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Ce billet a été écrit par Andrei Vladinski, un fugitif de la CIA activement recherché par les forces de polices et Interpol, qui a étonnamment la même façon d’écrire que moi. Enjoy.

2011 se rapproche à grand pas, les repas de Noël commencent à peine à s’estomper (alors que la graisse accumulée, elle, subsiste encore) qu’il faut déjà se préparer à remettre ça. Or, pour Noël, c’était chez vous (ou chez la famille vas-y, c’est pareil wala), donc à la limite, si vous êtes mal habillés, on s’en farcit la dinde avec une babouche.

Mais non, le réveillon du jour de l’an, c’est pas pareil. Admettons que vous ayez des amis (ce qui, je l’admet, est peu probable si vous traînez ici, mais pourquoi pas, il faut faire un effort d’imagination), donc admettons. Ainsi, vous ne passerez sans doute pas votre réveillon avec, au choix, Patrick Sébastien sur la 2 ou Arthur sur la 1, tous deux grands humoristes qui, finalement, donnent envie de vivre la nouvelle année. Si jamais tel était le cas, vous avez des amis de merde.

Donc, le réveillon du jour de l’an, avec vos amis hypothétiques. Bien sûr, tout ce billet est hypothétique, il ne s’inspire absolument d’une histoire réelle qui est arrivée quelque part dans le sud de la France, entre 17h et 18h, le 30 Décembre 2010. Pas du tout. Donc let’s start the imagination.

Vous êtes un homme bien, poli, trois lustres passés et souffrez des affres de la jeunesse, certes, mais vous vous consolez par le souvenir délicat de ce détacheur d’antivol (que vous avez payé une fortune, certes, mais vous pensiez qu’il serait amorti très vite), posé sur votre bureau. Aujourd’hui, il ne sert que comme super-aimant, mais c’est rigolo. Donc, ce fameux 30 Décembre, le réveillon se rapproche, et vous n’avez pas de pantalon. Ceci sera mon MacGuffin. Vous n’avez pas de pantalon, mais vous avez des chemises. Donc vous partez, à quelques kilomètres de là, au premier grand magasin de vêtements à côté.

Oh putain, si tu avais su. Donc déjà, tu passes une bonne plombe à essayer 36 trucs, comme tu as bien l’intention de pas trop payer, tu prends tout en double exemplaire au cas où un vigile verrait que tu ressors pas avec le même nombre d’article de la cabine d’essayage et que ton sac à anormalement enflé. Puis y’a toujours les problèmes de tailles, tout ce que ce génie d’Araen a en fait consigné dans son petit lexique des soldes estivales (sauf que ce n’est pas les soldes, et que c’est pas estival, mais cela s’en rapproche fortement).

Interlude : je viens de faire une bulle avec mon nez, magnifique. J’aurais dû prendre une photo.

Bref, la cabine d’essayage se remplit d’habits, vous savez plus où cacher les antivols (PS : Si vous voulez achetez mon détacheur, je vous fais un prix), c’est jamais les bonnes tailles, soit tu nages, soit t’es en mode slim de la chemise. Enfin, toute la galère du commerce originel avec les inconvénients du malfrat en plus. Mais admettons, toujours hypothétiquement hé ho !, que vous avez réussi à mettre deux pantalons plutôt sympa dans votre sac, que vous avez une chemise parce qu’il faut bien acheter quelque chose. Vous allez tout reposer dans les rayons, et hop, on se dirige vers la caisse.

Tu la vois venir là, la chute ?

Caissière très sympathique avec ses dents de castor néanmoins. On paye la chemise, on se dit que quand même on va peut être contourner le portique, elle regarde pas et au moins on prend pas de risque. Mais non, on est sûr de soi, dans ce magasin de merde, y’a pas de puces en plus des antivols, NON Y’A PAS OUAIS OUAIS.

Tu passes.

TUT TUT TUT TUT TUT TUT avec des lumières qui clignotent, limite y’a une cage qui te tombe dessus, des snipers qui sortent des murs et des hélicoptères qui sortent de tu sais pas où et d’où des hommes en noir t’hurlent dans un mégaphone « Lâchez votre sac ! ». Heureusement que ça s’est pas passé comme ça. Mais analysons la première seconde après laquelle ça sonne.

Petit un : Putain, je vais finir en prison. Remarque, ça peut être un avantage, je pourrais apprendre une jolie langue étrangère, perfectionner ma maîtrise des mathématiques, puis après tout, c’est la prison qui a cristallisé la légende Jean Genet.

Petit deux : Merde, si j’ai un casier, je serai jamais maître du monde. Et c’est pas parce qu’Hitler en avait un en Janvier 1933 que ça marchera aussi pour moi ; la situation était différente, puis je suis Russe.

Petit trois : Je suis beaucoup trop intelligent pour me faire pécho. Mode Jimmy Neutron : On. On se tapote vite fait les poches, mamamia, avec son sourire de dragueur et une folle décontraction, tu regardes la caissière et tu lui dis :

ANDREI : Mince, il me semble avoir oublié mon téléphone dans la cabine d’essayage. Tenez, récupérez le sac d’habits (NB : La chemise, toute seule, alors que tu as passé 2h dans le magasin) et vérifiez que vous avez bien tout désactivé.

Pendant ce temps, tu te diriges, hypothétiquement, vers la cabine, tu fais coucou à la petite fille avec son papa qui est là, tu rentres, tu refermes le rideau, tu sors les habits de ton sac, ultra-discrètement, tu ressors, tu refais coucou au papa qui te look bizarre, et tu reviens à la caisse.

Et tu passes.

Et t’as toujours pas de pantalon.

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• Jeudi 30 décembre 2010 à 14 h 06
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Qr Code

Coucou !

• Lundi 20 décembre 2010 à 19 h 32
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Je suis encore malade. Il vaut mieux maintenant que pendant les fêtes, le réveillon de Noël c’est vendredi, celui du jour de l’an peu après, disons que je me prends tout sur la gueule maintenant comme ça en parle plus et je peux sortir sans l’angoisse du vomissement intempestif qui gâcherait, avouons-le, le glamour d’une soirée. Ainsi disais-je, je suis malade.

Je sais pas ce que j’ai, mais mettons-nous en situation. Il est tard (déjà 23h, j’espère que vous réalisez), je viens de terminer mon ouvrage sur la liberté, j’ai passé mon après-midi à faire des maths et je suis fatigué. Fatigué par le déterminisme qui m’envahit et parce que la convexité de la fonction carré. Désespérant. Bref, je m’endors. Tout le monde le soir s’endort, et c’est donc mon cas également, puisque e + 1 = 0. On se Gauss.

En parlant de mathématiciens, quand je pense à Euler et aux nombre de trucs qui portent son nom. La droite d’Euler, le cercle d’Euler, les équations d’Euler, la méthode d’Euler, le baptême d’Euler.

Trois heure 50, mon réveil sonne, donc. Ne vous demandez pas pourquoi, c’est une technique que j’ai mis au point afin de me réveiller en plein sommeil paradoxal et me souvenir de mes rêves. Car les rêves, c’est bien, si tu vois ce que je veux dire. Ah, qui pourrait résister à la joie de voir Christian Vanneste se faire turlupiner l’anus par une licorne bicéphale ? Donc je me réveille, et là, c’est le drame. Mon exosquelette m’empêche de me déplacer, mes draps ont l’air d’être en plomb, la somnolence se confond dans l’éveil et l’indistinction de la réalité et de l’imaginaire se fait sentir. La liberté devient cocyclique que si mes suites tendent vers l’infini, et je ne peux pas faire de produit scalaire à mes murs car ils sont orthogonaux.

Puis c’est la nausée. Pas celle de Sartre, la vraie envie de vomir. Celle que tu te dis « je vais penser très fort qu’elle s’en aille, et elle s’en va ». Donc celle-ci s’en va parce que punaise, ça t’aurait gonflé de vomir dans ton lit, après bonjour le ménage. Je me rendors donc avec délicatesse (mais toujours dans le marasme de ma folie).

6h30, réveil bis. Toujours la nausée, plus forte (que j’attribue toujours à la liberté, cette connasse), mais personne n’est dupe ; elle est partie une fois, elle ne partira pas deux fois. C’est donc une véritable réflexion métaphysique qui s’enclenche dans ma tête. Petit un : Si je fais comme si j’avais pas vu, peut être qu’elle me laissera. Petit deux : Si je pars maintenant, la fourbe va me prendre de court et être plus rapide, il faut donc que je fasse ça discrètement si je veux atteindre les chiottes. Petit trois : j’ai pas envie de vomir, c’est dégueulasse.

Finalement, je me lève. Pourquoi les chiottes sont-ils damn toujours trop loin quand on a besoin d’eux ? Je dévale les escaliers, ouvre la porte, la referme, traverse le salon, mais pas assez vite. Et là, ralenti maestro ! Ça remonte, les flux gastriques traversent en bouillonnant les sentiers tortueux de ton estomac, la cavité s’anime. Les toilettes ne sont qu’à quelques mètres, et comme tu es vraiment con, tu mets ta main devant la bouche pour contenir le truc.

Attention, les explications qui vont suivre sont extrêmement gores.

J’aurais jamais cru que ça partait avec autant de force. Je me suis fait un remix de massacre à la tronçonneuse avec mon vomi dans le rôle principal. Tu vois quand tu as un tuyau d’arrosage et que tu t’amuses, enfant, à boucher l’arrivée ? Bah là, c’est pareil. C’est parti sur les murs, sur les portes (je vous avais promis de la poésie, en voilà), j’avais l’impression d’être Dexter qui analyse ses belles giclées de sang, les morceaux de riz en plus.

Quelle joie. Du coup, j’ai regardé Retour vers le Futur cet après-midi. C’est dire à quel point ça va pas.

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