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• Mardi 09 mars 2010 à 20 h 08
Auteur : Araen

Tout le monde connait Martin Luther King, l’homme qui a inventé les rêves. L’homme qui fait que maintenant, si tu dis que t’as fait un rêve, on te rétorque que t’as rien inventé. Mais Luther à terre (elle était petite, j’ai un peu honte) n’a rien fait de vraiment passionnant. Egalité, tout ça, bof quoi. Et je ne suis pas raciste, comme je l’ai déjà dit, on m’a dit qu’il existait des arabes très biens. D’ailleurs, aujourd’hui, un d’eux m’a filé un euro (tandis qu’une vieille dame s’est mise à courir quand je lui ai dis « Madame ? ». Du moment, avant qu’elle tombe, les pieds embourbés dans son cabas aux roues franchement mal accrochées).

Le rêve de la nuit dernière se situe dans ma tête, quelque part entre mon double et mon triple, autant dire que ce fut joyeux. J’étais dehors, le soleil faisait un bisou à la lune car ils s’étaient réconciliés après des siècles de persécution, le ciel était le Jacuzzi de Dieu qui prenait un bain en se frottant le dos avec une étoile de mer. Autant dire que les nuages était la mousse bien placée.

Au sol, qui était en réalité un xylophone géant qui faisait des sons à chaque pas, en fonction de l’inclinaison du pied et de la matière des semelles, les pavés s’éclairaient de temps à autre pour pallier au manque de lumière. Sachez que dans mes rêves, il peut faire beau et faire nuit en même temps.

Je participais au championnat du monde de poésie en SMS. Les participants étaient là, je dois dire que je ne me suis pas trop attardé sur eux après avoir salué Buzz L’Eclair que je n’avais pas vu depuis longtemps. Nous étions tous là, la sueur aux doigts, la langue qui nous grattaient les cheveux et les chaussures sur les oreilles pour ne pas être dérangés par le bruit. Le regard rivé sur nos téléphones (je partais avec un handicap, un vieux motorola au clavier physique avec aucun accès au web, ça ne peut pas rivaliser avec les technopilotiphones écran plasmaoïde à dérivation interstellaire,  avec rasoir intégré), nous réfléchissions à la poésie que nous écrivions.

Après une mûre réflexion sur « T9 or not T9 ? I don’t know, va voir ailleurs », j’ai pris un truc qui écrivait directement ce que je pensais. Ça n’avait pas de nom, mais un fil était branché dans ma narine. Je me suis lancé, effréné, épuisé, la tentacule entre les jambes, j’écrivais : « Lol ! Excité d’1 désire curieu, cet nui je lé vu arivé en c lieu xptdr ! De son imaj en v1 g voulu me distrair pouet LOL ». J’avais toutes mes chances.

C’est à ce moment là que la rivière a débordé, engloutissant tous les participants dans un tsunami géant sur lequel j’ai fait du surf. Inutile de dire que ce rêve fut totalement stupide, puisque, comme chacun le sait, je ne sais absolument pas surfer. Vraiment, n’importe quoi.

• Lundi 08 mars 2010 à 21 h 05
Auteur : Araen

Ce matin, en me réveillant, j’ai étonnamment découvert la disparition de mon organe, celui qui était apparemment sensé se substituer à mon cerveau. Enfin, vous voyez, je vais pas vous faire un dessin. Ou alors filez moi des fusains et une bonne feuille, au moins du A3 parce que t’imagines quand même le truc. C’est un pic, un cap, que dis-je, un cap ! Une péninsule !

Je m’écarte. Mais je prend de la morphine, donc c’est beaucoup moins douloureux quand même. Je m’écarte encore. Sans doute résultat de ma transformation soudaine. Je le disais donc, ce matin, en me levant, j’avais les jambes plus douces, j’avais la poitrine gonflée (ça encombre d’ailleurs, je pouvais plus dormir sur le ventre sans me mettre à ∏/2 radians, soit 90° pour les plus jeunes néophytes qui ne savent même pas ce qu’est un cercle trigonométrique. Remarque, depuis ce matin, je sais plus non plus, donc je me tais). Et j’avais surtout la soudaine envie de faire chier mon monde.

J’étais devenu une femme (vous avez vu comme je suis macho, j’espère que la gente féminine me méprisera tiens, y’a rien qui m’excite plus que ça). J’étais de super bonne humeur, c’est pour ça que j’ai cassé trois bols et deux tasses à cause d’un con de torticolis qui m’empêchait de bailler un lundi matin. Une chance que je n’ai pas eu mes règles, je pense que l’immeuble se serait effondré. J’ai vite emprunté les chaussures de ma mère, je me suis rasé le maillot (toujours prête, on sait jamais, je suis une femme quand même), je me suis maquillée, j’ai barboté mes lèvres de rouge à lèvres, me foutant éperdument des bancs de baleines qui avaient donné leur vie pour que je puisse battre des cils et faire du gringue à mon prof de maths. Hihi.

Une fois badigeonnée de maquillage, si bien que mon visage aurait pu être pris avec le mime Marceau en activité… non, excusez-moi, ce n’est pas gentil pour le mime Marceau. Disons donc pour un clown quelconque (mais vraiment, no offense pour les clowns, sauf Ça peut-être, il m’a fait cauchemardé pendant des nuits quand j’étais petit(e ?) ). Chose plutôt angoissante que j’ai remarqué, après m’être affolée devant un bouton à la con que j’ai camouflé avec le pansement dont on arrête pas de voir la pub, vous savez, je me suis vite mise à faire une crise d’angoisse devant les kilos en trop que j’avais accumulés dans ma vie d’homme. J’hésitais à sortir l’huile, à me déshabiller et à m’en enduire pour me déplacer d’une pièce à l’autre.

On m’a dit que j’exagérai un peu. En tout cas, aujourd’hui, j’étais très fâchée. C’est ma fête, et tous les hommes ont été méchants avec moi. Ils ont pas arrêté de me dire que leur fête à eux c’était tous les autres jours. Ouin. Du coup, j’ai pleuré.

Mon Dieu, je suis peut-être enceinte ! Non, je vais devoir me faire avorter… Mais c’est au-dessus de mes forces ! Que faire ? Adieu, je m’exile en Corée du Nord.

PS : C’est marrant, depuis que je suis une femme, j’ai plus tendance à m’éparpiller. C’est drôle non ? En tout cas, Rob Pattinson est trop beau !

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• Mercredi 03 mars 2010 à 20 h 13
Auteur : Araen

On a osé dire que je plagiais, alors là, je plagie. Ou plutôt, je vous renvoie à des références. Tout ce qui ici sera dit ne sera pas de moi, tout sera pioché dans ma culture générale, et si vous retrouvez toutes les références, vous gagnerez peut-être un truc. Mais si vous trouvez tout, vous êtes sans aucun doute Dieu, donc bon. J’attends le procès de tous les auteurs concernés.

J’ai croisé la mort hier, elle était belle comme la femme d’une autre. Grande, le capuchon rabaissé sur ses croutes et le trou qui lui servait à offrir ses derniers baisers, la faux à la main fine. Je l’ai frôlée. Sensuel. Je ne sais pas si elle s’en remise. En tout cas, du bas de mon balcon, elle pouvait toujours tenter le « Roméo, mon beau Roméo », que je lui aurais craché au capuchon tiens !

Je lui ai simplement dis que ce n’était pas encore mon heure, que je n’étais pas dans le fleur d’un âge qui sent la chrysanthème, que l’amour que j’attendais n’était pas encore venu (Cupidon se conduit franchement en faux jeton, soit dit en passant). Puis je lui ai dit que je n’avais pas encore fait tout ce que j’avais à faire, que je n’avais pas totalement craché au visage de Sarkozy comme il est coutume de le faire, qu’elle devait au moins me laisser le temps de lui marcher dessus. Elle m’a demandé « Pourquoi ? », je lui ai répondu que ça portait chance apparemment. Du pied gauche surtout.

C’est à ce moment là qu’elle s’est coincé le talon dans la gouttière en tentant d’escalader le lierre frêle de ma façade décorée. Je crois que depuis ce moment là, en la voyant tituber et se plaindre sur le sort de son genou qu’elle avait écorché, je n’ai plus eu peur d’elle. Puis merde quoi, quand Line Renaud était jeune, la mère morte était pas encore malade, elle pourrait quand même revoir ses priorités (ou qu’elle s’occupe du voisin, puisque comme chacun le sait, un bon voisin est un voisin mort).

Finalement, décidé à aller jusqu’au bout, elle est montée à ma fenêtre, sans se coincer les doigts, et m’a dit « Bon tu te bouges, je voudrais pas te mettre dehors, mais c’est l’heure d’aller baiser ». J’espère au moins que je ferai un bon cadavre, et que je mettrai mon cercueil en valeur. Pourtant, je ne voulais pas répondre à la pelle du fossoyeur. Elle a quand même sorti son poignard, qui s’est mis à rougir. Le ciel peut s’éveiller, les étoiles fleurir, ni les fleurs soupirer, et des prés l’herbe noire accueillir la rosée où le matin va boire, le clocher peut sonner : moi seul je vais mourir.

Comme il le disait si bien (je vais vous dire qui non plus, vous êtes fous !), aujourd’hui on survit à tout, sauf à sa mort.

En sortant de ma chambre, la mort n’avait plus rien à désirer.

• Dimanche 14 février 2010 à 13 h 02
Auteur : Araen

OUH LA VILAINE PROPAGANDE D'ARMANI ! BOUH !

Autant vous dire qu’après mes dernières mésaventures (vous savez pas tout, y’a eu des rebondissements, je suis sûr que les scénaristes des Feux de l’Amour s’occupent de ma vie), mon coeur tourmenté n’a pas forcément envie de rester seul un jour de Saint Valentin, tandis que, pendant qu’elle lui touche la main, moi je me lamente de ne connaitre aucune Marguerite. Mais que voulez-vous, les bonheurs du célibat sont de ceux qui souvent font mal.

Dimanche 14 Février, la fête des amoureux, l’explosion des distributeurs de capotes au goût chocolat et au lubrifiant qui brille dans la nuit. Destigmatisons la poésie de la Saint-Valentin, ça n’a rien de romantique. Avez-vous vu l’amour en feu s’afficher sur une terrasse (déjà, premier point problématique, le climat : va essayer de t’afficher en terrasse en février sans ta doudoune et tes lunettes de ski, deuxième point problématique, le jour : va essayer de t’afficher en terrasse un dimanche sans t’appeler Mme Obama), les yeux dans les yeux, les mains dans les mains, la carotte dans le poireau. A la Saint-Valentin, y’en a qui ont de quoi se faire une soupe même, pour te dire. Profitons de l’occasion.

Comprenons qu’aujourd’hui je suis dans ma période poésie du XVIIIe, je n’ai rien à envierà Victor Hugo qui, ce con, n’a jamais connu les joies de la perte de ses fichiers. Non, mais plus sérieusement, la fête des amoureux est une fête d’aigris. Je m’explique. Alors que ceux qui sont en couple redécouvrent chaque année avec le même étonnement que leur copine peut être peu réceptive à l’oubli d’un bouquet de rose à 70 € et d’un repas dans un restaurant trois étoiles, les célibataires sont là, ils disent à qui veut l’entendre : « De toute façon, la Saint-Valentin, c’est qu’une fête commerciale ».

Je dis halte aujourd’hui à la mauvaise foi ! Tout le monde sait que les célibataires tueraient pour avoir droit à leur Saint-Valentin. On vous regarde, vous les couples, vous afficher sur des places aux fontaines débordantes (je dis « on » car je suis moi-même célibataire. C’est une bonne nouvelle pour certains, une mauvaise pour d’autre, oui, voilà, merci Dubosc), mais je vous jure qu’on se dit pas « La Saint-Valentin c’est juste commercial, prout », mais quelque chose de légèrement plus corsé que je retranscrirai pas ici car j’ai une enseigne « tout public ».

Et puis tiens, la Saint-Valentin, ça me fait rire. On défend les valeurs de l’amour, tout ça, enfin, je vais pas vous faire un cours sur Cupidon non plus, mais on a du mal à y croire, à vos valeurs de l’amour. J’avais pas prévu d’en parler, mais pourquoi pas. Vous avez sans doute entendu parler du court métrage « Le baiser de la lune », qui raconte l’histoire de deux poissons de même sexe qui tombent amoureux. De la poésie en pagaille, de la tendresse de guimauve, une animation destinée aux élèves de primaires pour lutter contre l’homophobie. MER IL ET FOU ! Le gouvernement s’insurge, c’est inadmissible ! Deux poissons qui s’effleurent les écailles et qui se tripotent la nageoire, c’est trop vulgaire.On ne veut pas que les enfants apprennent les choses du sexe, parce-qu’on sait qu’au primaire, y’a pas d’histoire de prince et de princesse.

En bref, je vais pas m’attarder. Je voulais dire que, c’est la Saint-Valentin aujourd’hui, peut-être l’occasion de faire preuve d’un peu de tolérance, d’apprécier des amours qui puissent fleurir de partout, même devant le parvis de la cathédrale Notre-Dame sans être menacés, qu’on arrête peut-être de croire que le fait d’en parler laissera derrière soit, comme une trainée de poudre, des nuées d’homos qui furent à une époque des enfants à qui on aurait expliqué l’homosexualité, qu’on cesse enfin, toujours peut-être, d’assimiler la différence de ces personnages, à qui on a pas plus donné le choix qu’aux gens de couleur, à une tare dangereuse qu’il faut mettre en quarantaine.

A tous, je vous souhaite néanmoins une bonne Saint-Valentin (moi, je vais me manger du Nutella) !

[Photo]

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• Mercredi 10 février 2010 à 20 h 47
Auteur : Araen

Lisez cet article, sinon vous serez responsable de mon suicide et de l’assassinat d’un petit chaton que j’aurais noyé avant de sauter par ma fenêtre.

Imaginez que vous ayez un disque dur externe de 300 go, dont 200 alloués à vos données diverses, et que vous décidiez (parce-que 200 go, ça devient juste) de l’élargir. Vous démarrez sur un live-CD d’ubuntu, vous ouvrez GParted et vous attendez cinq heures (je déconne pas) que le déplacement/redimensionnement de la partition se fasse.

Maintenant, un effort d’imagination sera requis, imaginez qu’une coupure de courant (on ne remerciera pas la machine à laver, qui risque d’accompagner le chaton sus-cité d’ailleurs) survienne au milieu de l’opération : 200 go de données qui s’envolent et un disque dur endommagé. Si vous avez imaginé ça, vous pourrez imaginer aussi que l’ensemble de ces données étaient le travail de toute ma vie (seize printemps de labeur et de douce écriture), l’achèvement de téléchargements inestimables (plusieurs Go de séries, de films et de musique sur ce con de disque dur), de photos. Mais putain, ce qui me fait le plus chier, c’est d’avoir perdu l’ensemble de mes écrits, vous vous rendez pas compte. Imaginez qu’à huit ans, on avait tué votre hamster (si vous avez pas de hamster, imaginez-en un, c’est pas le moment d’être pointilleux) en le mettant dans un mixer, sous vos yeux. Tout à l’heure, j’aurais presque pleuré (je suis d’ailleurs pas loin, je l’avoue. Ne m’importune plus, laisse-moi soupirer, je cherche le silence et la nuit pour pleurer).

Je n’ose pourtant pas imaginer (ce mot est au goût du jour tellement ce truc semble onirique, j’ai espoir de me réveiller de ce cauchemar au risque d’attérir dans un monde peuplé de cyborgs et où l’avenir de la Terre du Milieu dépend de l’Elu, ou quelque chose comme ça), je disais donc je n’ose pas imaginer que tout soit perdu. Et comme j’y connais que dalle à Linux — c’est pas tout à fait vrai, mais partons de ce postulat —, j’implore votre aide, je me met à genoux, je vous offrirai toute ma vie si vous me trouvez une solution. Je vous refilerai mon compte twitter, j’assassinerai Sarkozy, JE M’EN FOUS JE FERAI CE QUE VOUS VOULEZ.

Mais pitié, dîtes moi que vous avez une solution. Je vous ferai même un poutou si vous faites tourner cet article. Merci d’avance.

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• Mercredi 03 février 2010 à 17 h 16
Auteur : Araen

Je suis retombé sur ça tout à l’heure et je me souviens qu’à l’époque (Ah, l’époque !), ça m’avait bien fait rire (et aujourd’hui encore d’ailleurs, je vois pas pourquoi j’utilise l’imparfait). Je pense que ça se passe de présentation, juste des couples de mots masculin/féminin avec leur sens. Le français serait-il sexiste ? Youpi !

* Un gars : c’est un jeune homme
* Une garce : c’est une pute

* Un courtisan : c’est un proche du roi
* Une courtisane : c’est une pute

* Un chien : c’est un homme méchant
* Une chienne : c’est une pute.

* Un masseur : c’est un kiné
* Une masseuse : c’est une pute

* Un coureur : c’est un joggeur
* Une coureuse : c’est une pute

* Un rouleur : c’est un cycliste
* Une roulure : c’est une pute

* Un professionnel : c’est un sportif de haut niveau
* Une professionnelle : c’est une pute

* Un homme sans moralité : c’est un politicien
* Une femme sans moralité : c’est une pute

* Un entraîneur : c’est un homme qui entraîne une équipe sportive
* Une entraîneuse : c’est une pute

* Un homme à femmes : c’est un séducteur
* Une femme à hommes : c’est une pute

*un traînard : c’est un homme qui est tout le temps en retard
*une traînée : c’est une pute

* Un homme public : c’est un homme connu
* Une femme publique : c’est une pute

* Un homme facile : c’est un homme agréable à vivre
* Une femme facile : c’est une pute

* Un homme qui fait le trottoir : c’est un paveur
* Une femme qui fait le trottoir : c’est une pute

* Un péripatéticien: c’est un élève d’Aristote
* Une péripatéticienne: c’est une pute

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• Samedi 30 janvier 2010 à 17 h 14
Auteur : Araen
Petite pause psycho'

Discutons matinal.

Nous sommes Samedi soir. Il est donc normal que j’écrive un article sur les bonheurs et les sommets extatiques atteints chaque lundi matin depuis les trois lustres printaniers que j’ai pu passé depuis ma naissance. C’était un jeudi, il pleuvait, je m’en souviens, le vent glacial soufflait dehors.

Le lundi matin. Je vais un peu prendre sa défense, le voir critiqué et lacéré par des paroles virulentes aux premières lueurs matinales d’un week-end révolu me donne un peu la nausée. Le pauvre n’a jamais rien demandé, il n’est pas raciste, homophobe, paraplégique et n’appartient pas à la gente féminine. Et surtout, il n’est pas militaire, parce-que bon. Aucune tare donc. Pourtant…

Car le lundi matin, je me sens pas pire qu’un mardi, mercredi, jeudi voire vendredi ou samedi matin (sans parler du dimanche matin, parce-que hein). Chaque jour, je me lève, je me cogne le petit orteil qui n’existe que pour se cogner dans une putain de porte qui n’existe que pour le petit orteil se cogne dedans. CQFD. Le lundi matin, je me prends le mur que j’évite le mardi matin, le mardi matin, je renverse mon café sur mon pyjama que je préserve avec brio le mercredi matin, le mercredi matin je me trompe de trou pour passer ma tête dans mon pull (genre ça vous ait jamais arrivé) et je met deux chaussettes différentes que je met au sale le jeudi matin, le jeudi matin je sais même plus ce que je fais, je suis fou, me demande le sens de la vie et je suis obligé de récupérer un truc que j’avais mis au sale parce-que j’ai plus rien de propre (pas les chaussettes du mercredi non plus) (genre ça vous ait jamais arrivé ça aussi, on y croit).

Tous les matins ont la même saveur amère de celui qui est seul, la même dureté brisante, éprouvante, épuisante, éreintante, esquintante, excédante, exténuante, fatigante, lassante, harassante (J’ai un très bon dictionnaire des synonymes, je remercierai mon libraire à l’occasion). Le même matin au vitriol acide d’une rengaine éternelle, la même terreur angoissante du soleil qui apparait aplani à l’horizon.

Tous ces matins durant lesquels on passe dix minutes à tenter de régler la température de l’eau en dosant le chaud et le froid de la douche (et le débit pour les plus téméraires, la plupart mette le chaud au maximum et règle le froid, mais soyons maniaques), on se trompe encore de plaque pour faire chauffer le café de la veille. Tous ces matins aux lustres éblouissants qui vous crèvent la rétine, et pour peu que vous ayez oublié de changer l’heure de réveil lors du changement d’horaire, vous êtes mort.

Que le lundi matin repose en paix car il n’est pas seul : existe-il un jour sans qu’on ne tire notre chaude couverture pour ne pas avoir à glisser une nuque nue dans l’air frais d’un hiver rude ? Chaque jour, il y a cette heure qui me fait aspirer à mieux, qui m’offre l’espoir d’une vie ou je commencerai à 10h30.

Et tous les jours, ça recommence…

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