Venir au monde six ans après la mort de Bach a quand même un arrière-goût amer. Rendez-vous compte un peu. Pauvre Mozart. Quand un pareil génie tel que Johann Sebastian a essoré jusqu’à la dernière goutte le tissu gorgé qu’était la musique de bon goût, il est difficile de passer après sans avoir l’air un peu ridicule. Ce serait comme vouloir battre un record de slalom géant sur poudreuse après les exploits accomplis par la narine droite de Jean-Luc Delarue dans le domaine, ou vouloir devenir antisémite après Himmler, inventeur regretté du thermostat 7 pour tout type de cuisson. Ou nourrir une passion pédophile depuis le monopole qu’entretient fièrement l’église catholique — et sans démériter — depuis de nombreuses années déjà. En parlant d’église catholique, avez-vous vu Christine Boutin ? En voilà une qui ferait bien de se noyer dans son bénitier pour nos éviter les dégueulements intempestifs qui s’écoulent de sa bouche en longs gargouillis purulents dont les odeurs feraient fondre le plus habile des nez.
Essayons toutefois de ne pas perdre le fil. Enfin, je dis « ne pas perdre le fil ». Ne dramatisons pas non plus. C’est sans guillemets. Sinon on pourrait penser qu’il s’agit d’une des phrases prononcés par Constanze Weber-Mozart après leur nuit de noces. C’est bien le cas, mais ce n’est pas le propos. Encore que. « Je perds le fil, je perds le fil » s’écriait-elle, au grand dam de Mozart qui complexait déjà quant à sa métrique pelvienne. Cette nuit était pourtant dotée de tous les atouts dont pouvait rêver une nuit pour tomber dans la perfection, son souvenir seul aurait dû être capable d’éveiller en l’étalon et sa jument (respectivement M. Mozart et Mme Mozart, à ne pas confondre avec un plat de lasagnes). Il n’en fût rien. Cette nuit fut la nuit où tout a commencé, la nuit où Mozart s’est rendu compte qu’il ne faisait pas le poids, que quand ça voulait pas, ça voulait pas et que bon.
Néanmoins, c’est bien après cette nuit gravée dans la mémoire de notre génie précoce – et nourrissant une jalousie farouche à l’endroit de celui que l’on appelait jusqu’à Strasbourg la saucisse de Francfort – que Mozart décide de composer « La Flûte Enchantée », hommage poignant à ses turgescences reproductrices. Dès lors, il ne fut plus le fétu de paille qui avait écrit la « Marche turque », cet hymne déviant qui célébrait à mots couverts les grandes bacchanales qu’organisaient les turcs en leur temps contre le gré de ces jeunes demoiselles de flanelle vêtue, mais devint sans préavis et avec la surprise de ses contemporains que l’on connait, celui qui s’était affirmé, fier de son corps, fier de son anatomie, sans rancune aucune contre la nature, celui qui composa « La Flûte Enchantée ».
Mme Mozart monta très vite au septième ciel.




