Je suis malade. D’ailleurs, vous remarquerez le jeu de mots plutôt vagabond de mon titre. Mais j’ai un avantage quand je suis malade, contrairement aux autres, c’est que je ne suis pas aigri. Je suis juste d’une putain de mauvaise humeur, alors vous commencez pas.
Et en plus, j’ai fait que la merde sur mon intense réflexion sur les cycles haplophasiques des ascomycètes, sans parler de mon échec cuisant sur les taux d’ADN d’un ovocyte II. Et je m’excuse, mais j’en sais sûrement plus sur la fécondation féminine que la plupart des femmes, et ce n’est pas normal. C’est pas mon utérus, je me demande en quoi ça me concerne. Et même si c’était mon utérus, je suis bien loin des préoccupations reproductives qu’agitent les sombres appareils génitaux (et le pilou pilou) de l’adolescence pré-pubère. Voilà, prend ça dans ta gueule, sale BEP esthétique de merde.
Si des BEP esthétique me lisent, sachez que je vous méprise moins que les CAP cuisine (j’ai de super histoires à vous raconter d’ailleurs, mais j’y arrive pas).
Tu remarqueras que je n’ai rien écrit depuis un mois, et que je compte sur ma maladie pour trouver un truc à vous raconter de plus intéressant que la reproduction sexuée chez les haploïdes. Tiens, puisque j’y suis, je suis convaincu que le premier à inventer le papier cul qui irrite pas le nez (et qui ne glisse pas non plus, j’y reviendrai) se ferait une fortune. Oui, parce que les mouchoirs c’est cher pour ce à quoi ça sert et le papier cul marque repère rose, c’est aussi doux que faire un cunni au duvet pubien de Geneviève de Fontenay. Et donc, je sais pas si tu as remarqué, mais le pq ça glisse. Bon, pour un peu que tu n’aies pas le même papier hygiénique que moi, je comprendrais que tu sois bien loin de mes intenses réflexions. Mais pensez-y, vous qui me comprenez, quand vous vous moucherez et que ça partira dans tous les sens, et que ça giclera de partout pour un peu qu’on vous fasse rire pendant ce temps.
Mais quand tu es malade et que tu n’as donc pas de kleenex, tu sais bien que tu es habité par l’angoisse du nez qui coule et, malgré tes quelques lustres, tu ne sais toujours pas gérer la situation. Le paroxysme de l’anecdote étant en latin, quand je suis tout seul face à ma prof à lui traduire du Virgile et à rigoler à des blagues de 2000 ans passés. Ris, ris, ris. Et paf. Ça commence. Tu renifles. Tu renifles. Renifle. Putain. Tu renifles plus fort, ça fait un bruit horrible, tu sais, l’impression qu’un truc s’est pété dans tes sinus . Pour un peu que tu dises que t’avais soif juste après, ça passe mal.
Je proteste, je ne me suis pas mouché dans ma manche, avec l’objectif futur de gratter la transparence visqueuse une fois sèche. Je me suis levé, je suis allé chercher du papier dans les toilettes, je me suis mouché (quelle douce délivrance de se moucher après d’atroces minutes de concentration extraordinaire pour trouver des positions de tête penchée afin d’optimiser le ralentissement du fluide nasal, tout ça avec le calcul des équations horaire paramétriques et d’un coefficient de viscosité variable et souvent dépendant de la couleur de la morve).
En revenant, j’étais joyeux, Virgile et ses abeilles étaient tout à moi. Deux minutes plus tard, j’ai dû prétexter le vomissement.






