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• Vendredi 10 mai 2013 à 10 h 42
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Vous êtes nombreux à m’envoyer des mails de lifestyle, en me demandant « Dis-nous, Mathieu, pourquoi tu parles jamais de lifestyle, et surtout, pourquoi tu parles pas de tshirt personnalisés ? ». Hé oui, j’ai enfin entendu votre appel désespéré, le vôtre mes centaines de milliers de lecteurs, qui attendaient ces articles de lifestyle sur un blog qui n’en parle pas du tout.

C’est pourquoi, il y aura aujourd’hui un article de lifestyle, parce que le lifestyle, et la mode, c’est la vie. Puisque y’a « life » dedans. C’est un signe. Mais peut-être est-il bon, en excellent philosopher que je suis, de définir les termes du sujet avant :

Lifestyle /ˈlaɪf.ˌstaɪl/ masculin (pluriel: — )

  1. Mode de vie.


Voilà ce que nous confie le wiktionnaire. Mais on le sait bien, seul un esprit humain peut analyser une tendance aussi humaine que le lifestyle. Le lifestyle, ce n’est rien d’autre que vivre sa vie (life) avec style. Il y a de nombreuses façon de faire ceci : on peut rouler en limousine, on peut s’acheter des produits Chanel si on est une pretty woman, mettre des ceintures Hugo Boss si on est just a gigolo. Cependant, tout ceci confère à l’existence une vacuité qu’il n’est guère bon d’avoir à assumer seul. En effet, Desproges disait si bien « Ne marche pas dans la mode, ça porte malheur !« .

Pierre Desproges au théâtre Grévin – Haute Couture

Et pourtant, ne faudrait-il pas céder à l’appel des masses populaires et s’habiller en fringues à 250 balles ? Oui. Très exactement, et c’est ce que nous allons faire. Et pour cela, nul besoin de dépenser 250 balles, juste de céder à l’appel des masses populaires. Dans ce but, nous allons remettre au gout du jour une pratique pourtant tombée en désuétude depuis 2004 : le tshirt personnalisé.

Il est vrai que depuis que tant d’enseignes proposent de si merveilleux tshirt, il est bon de se demander pourquoi nourrir le désir d’avoir un tshirt personnalisé. Pour plein de raisons : c’est l’occasion de passer un message personnel à un monde qui n’en demandait pas tant, de porter un « J’<3 mon papa » ou un « J’<3 Beyonce » ou un « J’<3 Emile Louis » (ma préférence va vers le dernier). Et pour cela, ne cherchez pas plus longtemps mes amis, un seul site : www.shirtinator.fr/.

Eh oui ! Loin de surfer sur la facilité commerciale du « J’<3″, shirtinator vous propose toute une palette de service et d’idées plus folles et originales les unes que les autres. Des cadeaux originaux pour la fête des mères, voire un tellement mignon qui vous permettra de partager avec vos bambins cette passion que vous entretenez pour la mise à mort des taureaux !

Qu’attendez-vous, n’hésitez plus ! A bas prix, vous voilà désormais capable d’imprimer sur un tshirt tout ce que votre imagination a à vous offrir.

• Lundi 25 octobre 2010 à 20 h 51
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Il y a des dimanches pluvieux comme ça où il faut se rendre d’un point A à un point B, sans que personne ne puisse vous y amener. Et évidemment, pour les besoins de l’article, vous n’avez pas de permis/de voiture/d’esclave sexuel prêt à vous conduire.

En outre, vous vivez dans une cuvette géographique où zinzinulaient à l’apogée du printemps quelques mésanges au ramage vivifiant. Certes, cela est joli, mais ça emmerde quand on veut vivre et se déplacer. Les mots métros, tramways ou taxis n’existent pas, le mot bus est à totalement éviter parce que bordel. Et les chances de se faire violer sont quasi nulles, autant dire qu’on a peu de passe-temps. Mais ceci fera l’objet d’un débat prochain si je daigne un jour terminer les brouillons qui encombrent ma base de données, que je paye quand même 20€ par an (à peu près).

Donc, reprenons le cours de notre histoire avant que nos fantasmes de viols n’aient pris le dessus de façon totalement inopinée, malmenant ainsi l’irrigation sanguine de mon cerveau au profit d’une autre partie de mon organisme. Vous devez vous rendre d’un point A à un point B, que j’appellerai plus tard « Céreste » car je n’ai aucune imagination, il pleuviote, nous sommes un dimanche, 11h 15. Autant dire que le trafic est aussi peu dense que l’épidémie de morpions du vagin de mère Thérésa.

Cependant, après quelques minutes de marche et une fois le courage de tendre le bras en levant le pouce trouvé (car figure-toi, quand t’es provincial, faire du stop c’est pas ce qu’il y a de plus naturel, et tu te sens con bien comme il faut), tu te prends les premiers vents.

Tu peux avoir confiance en toi, être Steve Jobs même, tu te prendras toujours des vents quand tu fais du stop. Et les profils sont variés. Des fois, un vieux te regarde et accélère en rigolant, d’autres fois, un couple ne te prête même pas attention. Mais l’Humanité a ça de bien que les gros connards possédant un multi-space mais trop fiers pour daigner ramasser un vagabond au manteau de cashmere ne sont pas seuls sur la planète. De ce fait sont venues les premières voitures qui se sont arrêtées.

Quelle joie ! Quelle euphorie de voir les voyants arrières du véhicule s’allumer alors que ce dernier ralentit et se rabat sur le côté ! Orgasmique même ! Et là, tu cours, tu repenses à la fois tu as couru derrière le bus qui a failli te voler tes affaires (cf. le billet cité previously) et, une fois de plus, tu te sens comme Pamela Anderson, le silicone en moins.

Pendant 5 minutes, j’ai cru que ça n’arrivait que dans les films.

ELLE : « Vous allez où ? »

MOI : « Céreste. Et vous ? »

ELLE : « Je m’arrête au Fangas ».

MOI : « C’est sur la route de Céreste ? »

J’ai une connaissance très limitée de la géographie de mes environs.

ELLE : « Oui ».

Approximativement 50 mètres plus loin, je me retrouve à nouveau sur le bitume humide. Donc c’était bien sur la route. Certes.

Fait notable : les voitures qui s’arrêtent le plus loin de toi sont celles qui ne te prendront pas. Cf. la deuxième voiture à s’être arrêtée. Mais elle était mignonne, elle m’a souhaité du courage.

Puis survint la troisième voiture, la bonne, celle qui vous emmène à destination. Celle qui a le chauffage intégré, le GPS qui parle et qui t’engueule presque pour que tu fasses gaffes aux virages, les fauteuils de cuir. Le luxe.

Eh bien figurez-vous que 15 km de stop, c’est un véritable challenge dans la tenue d’une conversation…

• Mardi 07 septembre 2010 à 18 h 31
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Aujourd’hui c’était ma rentrée. Mais c’est pas important, on s’en tamponne le bulbe avec un navet. Ce qui nous intéresse aujourd’hui, c’est que Septembre marque aussi le début de nos séries tant attendues pendant cet interminable été aux plages de rêves et aux couchers de soleil rosés sur l’horizon brumeuse. Moi-même qui regarde les séries en « direct » des Etats-Unis (on va dire que j’attends les sous-titres), la sortie US m’intéresse beaucoup plus que les diffusions françaises. Voici un récapitulatif sublime trouvé chez Subfactory.fr :

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• Mardi 17 août 2010 à 18 h 57
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Ceci est sans aucun doute le dernier des articles « spécial vacances et donc absolument stupide et inutile » de ce blog. Et pour faire les choses bien, je vous parlerai du magazine people qui s’appelle Closer, pour être plus proche des stars qui se font payer 15 millions de dollars pour passer 15 jours sur un yacht en méditerranée avec un milliardaire asiatique.

Laurence Pieau, tu es méprisable (c’est la directrice de la rédaction, vous pouvez la contacter à laurence@closermag.fr). Et ce, dès son édito qui virevolte entre le pamphlet drolatique et une rare virtuosité intellectuelle :

« Travailler à (moi, je travaille « chez », mais bon) Closer présente quelques avantages… Surtout l’été ! Pourquoi l’été (et vas-y que je te prends pour un con, comme si tu savais pas pourquoi, bouseuse que tu es (car oui, Closer est un magazine féminin, j’y reviendrai) ) ? [...] Des Jude Law à moitié nus [...], des Zac Efron (elle n’a pas de goût), [...] des Ashley Cole abandonnés dans une piscine avec un regard qui semble dire « viens me chercher ! (et me la mettre ou que je pense) » ».

Bref, sur ma plage, car j’ai acheté ce magazine 1.50 € pour ne pas m’emmerder sur la plage (qui est donc la mienne, puisque j’ai dit « ma plage », et que j’ai pas envie de modifier), et j’ai appris des trucs mais alors que bon dieu de bon dieu si je l’avais pas su je serais passé à côté de quelque chose dans ma misérable vie qui n’est pas agrémentée par les frasques éternelles de nos stars milliardaires.

Par exemple, je n’aurai pas su que depuis l’émission, Philippe de L’Amour est dans le pré se fait appeler Rocco Siffredi. Attends, tu rigoles, mais c’est essentiel pour moi. D’autant plus que j’ai jamais regardé L’Amour est dans le pré. En outre, je n’aurai pas eu cette photo de cet enflure de Camille Lacourt qui me complexe depuis. Mais le grand scoop, c’est quand même que…

… CELINE DION : SA GROSSESSE EST UN ENFER !

Elle est anxieuse pour ses bébés (tu m’étonnes, y’a un moment où on ne peut plus sauver, sans risque, les espèces paléolithiques, représentées par René), se fait attaquer par ses voisins parce qu’elle fait construire un parc aquatique à son fils. NON MAIS HO ! Puis c’est écrit « Sa propriété de Jupiter Island devait être un havre de paix. Elle se révèle être une prison dorée dans laquelle Céline tourne en rond…« , dont les points de suspension sonnent comme une mise à mort inéluctable.

Ca parle de Loana. On s’accroche, la dixième sera la bonne. PS : si vous voulez y participer, elle est à St Trop.

Johnny vend sa maison 26 millions d’euros parce qu’il en a marre de la France, ce vilain pays qui refusent les ROMs, sans comprendre qu’on ne parlait pas de ses CDs (elle est bonne, je la marque).

Closer, au top de l’information qui est actuelle : la Hongroise de 18 ans qui met sa virginité aux enchères. C’est ça qui est bien, parce que ça date pas de l’année dernière.

Bref, je lisais donc Closer, plongé dans l’univers fabuleux de la Jet Set américaine et française, au milieu du plus beau bling bling de la planète, croisant les noms de personnes que je ne connaissais mais alors même pas en rêve (Kate Beckinsale et Len Wiseman, tu les connais toi ?), tombant sur trois pubs « Corine de FARME, le meilleur de la nature pour votre visage » en me disant que je devrais essayer les produits pour la peau ou même m’épiler les jambes avant de penser que ça faisait mal et que bon, j’aurais l’air con en sortant de mon petit Casino avec ma cire à épiler Veet, puis là je vais mettre un point sans quoi vous ne comprendrez plus. Je tournais les pages, encore, puis encore, puis encore parce que quand même, « Kaoutar, 30 ans, a été élue ambassadrice de la marque VENUS » je m’en tamponne la prostate avec un stimulateur électrique, et soudain, c’est le drame :

« En cinq ans, la soirée Closer est devenue l’un des grands rendez-vous de l’été à St-Tropez. Le 8 août, people et lecteurs ont célébré comme il se doit le premier des féminins people« .

Voilà. Ceci explique cela. Maintenant, je comprends pourquoi la nana du bureau de tabac m’a regardé bizarrement, de même que les estivants qui marchaient en face de moi sur les bords des plages, le magazine à la main. Soudain, j’ai compris pourquoi il y avait des pubs étranges que pour Vania Intima, des voyances personnalisées par SMS typiquement féminines « Combien de bébés allez-vous avoir ? », « Votre EX va-t-il revenir ? », etc. PARCE-QUE CLOSER, C’EST UN MAGAZINE FÉMININ !

Qui l’eut cru ?

J’ai donc lu Closer. Je me sens souillé, et maintenant que je sais que c’est un magazine féminin, je me sens imbécile, et seul. La prochaine fois, j’achèterai GQ. Ou du Sudoku.

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• Jeudi 29 juillet 2010 à 13 h 43
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Cher potentiel futur employeur,

Je me présente. Mathieu Guglielmino, pas tout à fait quatre lustres, quelques compétences rédactionnelles dans à peu près n’importe quel domaine (mais avec une dominance dans le secteur des nouvelles technologies, du web et surtout des réseaux sociaux), puis un peu d’humour. De temps à autres, cela peut m’arriver. Regarde : qu’est-ce qui est noir et qui a huit bras ? Aucune idée, mais ça doit drôlement bien ramasser le coton.

Ah. Que c’est fin.

Je suis brun, mais si vous êtes aryen, je peux sans problème me faire une coloration des cheveux. La prostitution ne me dérange pas, il faut savoir ce que l’on veut dans la vie. Soit on se donne les moyens de s’acheter un Macbook, soit on ne se les donne pas.

Cher potentiel futur employeur, tu as toutes les bonnes raisons de m’embaucher. J’ai l’expérience de l’écriture sur le net via plusieurs plateformes auxquelles j’ai contribué, j’ai 715 followers (y’a mieux, certes, mais y’a pire) sur Twitter, je suis un peu le Apollon de la webosphère, j’ai des contacts et si tu veux je peux te donner un chewing-gum à la chlorophylle.

Monsieur, Madame, Mademoiselle et autres hermaphrodites que j’aime beaucoup, car j’aime tout le monde même les gens du voyages et les nègres, vous avez besoin de moi. Derrière la hargne féroce de mon humour excentrique se cache la colère d’une révolte éclose de mon coeur pâli par les attaques du temps et les larmes des vents aux odeurs de zéphyrs.

Je peux m’adapter, je suis perfectionniste, j’ai une âme de chef de projet (mais je peux être un subalterne sans problème. A la limite, si vous voulez même m’appeler Roger, c’est comme vous voulez, vraiment) et on peut me sous exploiter facilement puisque je suis en position de faiblesse financière. L’avantage étant que quand je serai maître du monde, je ne vous ferai pas exécuter, contrairement à ceux qui auront refusé de m’embaucher et qui m’auront viré sans même me prévenir. Je vais au fond des choses, je suis curieux, je suis un scientifique littéraire et j’apprends vite.

En plus, aujourd’hui maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais plus. J’ai reçu un télégramme de l’asile.

Maintenant que j’ai capté votre attention (laissez-moi au moins y croire), je dois vous dire que je ne peux pas écrire sur l’actualité de la moto, de la voiture, de la cuisine, de la mode, de la photo, de la BD, de la musique, mais que je peux sans problème disserter sur le cinéma, sur la littérature, sur les sciences en général, sur les séries (ça, je maîtrise plutôt pas mal), sur des applications iPhone et sur ce que je vous ai dit précédemment.

Cher potentiel futur employeur, je t’en prie, répond à mon cri déchirant qui vient du fond de mon âme.

PS : Je maîtrise le HTML/CSS, PHP/SQL, Python, je fais un poil de javascript et je sais un minimum me servir de Photoshop. Voilà, car c’est ça qui est important.

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• Mercredi 28 juillet 2010 à 18 h 23
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Je suis reparti en vacances après être rentré récemment (mais pas pour longtemps), et j’ai repris le bus. Pour Avignon, avec une amie à lunettes grasses honteusement marchandée à un noir, heu, non, Africain de souche à fort taux de mélanine concentrée à 98% nettoie sol et WC disponible dans vos supermarchés aux rayons ultraviolets. Donc, pour les plus incultes d’entre vous qui n’auraient jamais lu et apprécié Ionesco, j’étais au festival d’Avignon réputé dans le monde de toute la planète pour les pièces de théâtres proposées pendant un mois.

Oui, bah tiens. On s’en souviendra de ce festival et des quelques trucs qui en ressortent. Premièrement, très important, à chaque fois que je vais dans la cité des Papes, il y a du vent. Dans la mesure où nous dormions dans un camping (et que nous crions dans nos tentes qu’on aurait bien aimé se faire violer en chantant du Brel, les voisins ont dû halluciner. La proposition n’a d’ailleurs, malheureusement, pas été satisfaite), ce fût fun. Tu sens la toile qui te fouette la tête, le vent qui s’insinue dans ton cou.

Tu sors les bras du sac de couchage parce que tu as chaud. Tu remets en place le jean qui te sert d’oreiller parce que t’as oublié d’en prendre un. Tu rentres les bras dans le sac de couchage parce que tu as froid. Et tu essaies de mettre le réveil. Or, parlons des portables que nous avions à disposition. Un des deux, pas le mien, avait un problème de batterie. J’entends pas là que le téléphone n’avait plus de capot, que la batterie ne cessait de tomber partout et de se faire écraser par des bus (mais ne vous inquiétez pas, elle marche encore) et que du coup, l’heure n’est jamais bonne. Le mien a un problème de batterie. J’entends par là qu’il aurait fallu que je le branche et que y’avait pas de prises.

Un réveil sans heure, c’est pas évident, et ça déclenche des trucs assez bizarres.

NOUS : Oui, allô, c’est moi.

LUI : Putain, mais t’as vu l’heure ? (en effet, il était tard dans la nuit)

NOUS : Non. Mais ça me dérangerait pas que tu m’informes de ton aimable savoir horloger.

LUI : Tuuuuuuuuuut.

Du coup, on part à la recherche de l’heure dans le camping, en croisant des gens maquillés un peu partout (pas moi, moi je reste dans la tente pendant que la femme ramène l’heure).

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• Samedi 24 avril 2010 à 16 h 17
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Tous les jours, sans exception (si ce n’est peut-être Samedi dernier, je jouais avec les papillons dans des prairies verdoyante, parmi les amandiers fleurissants aux fragrances délicatement veloutés et les nuages crémeux s’épanouissant au firmament miroitant) je me pose des questions sur ma santé mentale. Avant de rentrer dans les détails, commençons par le commencement, qui commence là où tout a débuté, c’est à dire au début de mon histoire.

Il faisait nuit, les étoiles brillaient si ça se trouve, étions-nous en hiver ou en été ? Aucune espèce d’importance, il faisait nuit et c’était donc le moment de se coucher après une dure journée de labeur passée à réfléchir sur la meilleure façon de s’habiller à la plage (maillot slip, boxer collant, short, combinaison, je ne sais pas, je ne sais plus, si vous avez des suggestions). D’un pas fatigué croulant sous le poids de courbatures virulentes dues — donc — à cette journée éprouvante, je me rends dans ma chambre. Et c’est là que soudain…

Soudain…

Soudain…

Soudain (c’est con comme mot, « soudain » en fait. Il fait parti de ces mots qui, quand on les répète beaucoup de fois d’affilées, nous font douter de la compétence des Immortels) je m’aperçois de la présence oppressante d’un insecte. Dans mon lit. Posé sur le drap, nonchalant, entre la couette retroussée et le traversin tortueux. Ce genre d’insecte bizarre qui ne porte pas de nom, d’une longueur d’environ 4 cm et qui semble se terminer par une sorte de dard mais pas vraiment un dard. De son regard il semblait me dévisager. Je pensais au Grégor de La Métamorphose, je me disais que je ne pourrais jamais être ami avec ce genre de bestiole, que je pouvais m’occuper sans problème des insectes énormes, mais qu’il fallait que quelqu’un s’occupe des plus petits.

Alors bien sûr, avec la délicatesse qui me caractérise, j’ai évidemment pris mon marteau piqueur, mon chalumeau, j’ai enfilé ma combinaison anti-nucléaire et j’ai mis le feu à mon lit. C’est quand j’ai ouvert mon livre (De l’inconvénient d’être né de Cioran, pour ceux qui ça intéresse) que j’ai constaté l’ampleur du drame : le même insecte se trouvait entre la couverture et la première page.

Depuis, tous les soirs, avant d’aller me coucher, je secoue ma couette, mon duvet, mon drap, je retourne la taie de mon oreiller, je vérifie ma bibliothèque et j’inspecte le dessous de mon lit. Et tous les soirs je retrouvais ce même putain d’insecte (que je n’avais pas tué, vous vous en doutez quoi, merde, ça tâche ce genre de trucs), jusqu’au jour où je l’ai jeté par ma fenêtre.

Depuis, quand je m’endors, j’ai peur que des araignées rentrent dans mes narines, que je n’arrive pas à lui boucher l’accès, que je sois obligé d’écraser le côté de mon nez pour faire exploser l’insecte inopportun ou pis, qu’il arrive à rejoindre mon bulbe olfactif. Et si je le fais éclater dans ma narine, comment vais-je nettoyer les restes ? Vous êtes vous déjà posé la question au moins ? Même chose avec les oreilles, en pire. Si ça rentre, c’est mort. Je crains pour mon liquide céphalo-rachidien, j’ai peur. Si Gicquel était pas mort, il le dirait une fois de plus : La France a peur. Tous les soirs, je sens des pattes qui me montent dessus, je sens des crocs qui tirent sur mes poils, je sens des baves et des fils, des larves et des oeufs.

Je sombre dans la folie. Les insectes sont en train de nous envahir. Nous n’avons aucune chance.