Le paintball.
Tu connais ? Bien sûr que tu connais, tous tes potes en parlent. Tout le temps. De là à dire qu’ils n’ont que ça comme conversation, ce serait tout de même injuste. Ils parlent aussi du airsoft. Et, ne lésinons pas ces dames, de vagins. Voilà, je crois qu’on a fait le tour de la conversation de vos potes.
Bien sûrs, les miens sont fantastiques, ils parlent de tout. Mais là n’est pas le sujet. Donc un de vos mes amis m’a ramené très gentiment au paintball aujourd’hui. Je n’avais bien entendu aucune appréhension, car je suis une personne fabuleuse qui n’a même pas peur des araignées dans la bouche même si on en mange en moyenne 8 dans sa vie. Et tout ça sans même devenir spider-man, qu’on m’explique un peu l’intérêt. J’ai donc pris mon vélo pour parcourir les 48 km (au moins, sinon plus !) qui me séparaient du champ de jeu. J’ai évidemment failli décéder, car même si je suis formidable il y a des limites à ma condition physique. Winston Churchill disait qu’il devait sa longévité au fait de ne pas faire de sport. Je le crois (tu penses bien, un homme pareil, que je le crois !). Alors que je n’aurais qu’à traîner sur le site ado-musculation.com. Si vous voulez vous muscler histoire de répondre à la frêle dynamique de votre corps de paille et que vous avez entre 14 et 22 ans, n’hésitez d’ailleurs pas à y jeter un oeil. Au sens figuré, car même musclé, avec un oeil en moins la vie doit être beaucoup moins belle.
Heureusement, nous étions deux avec nos vélos. J’étais le seul à souffrir, avec deux m car on souffre plusieurs fois, mais quand même. Donc, 48 km et une demi-heure plus tard, nous sommes arrivés. Pour ceux qui n’ont pas d’amis qui jouent au paintball, recasons le sport dans son contexte. C’est-à-dire à la maternelle normalement pour bien imaginer les enjeux.
Donc, nous sommes à la maternelle. Souvenez-vous quand vous faisiez la guerre avec vos petits camarades : « Pan, t’es mort ! » « Ah oui, mercredi ! ». L’innocence enfantine du langage poétique. Le paintball, c’est exactement la même chose. E-x-a-c-t-e-m-e-n-t. Sauf qu’on est plus vieux, donc les bâtons sont remplacés par des pistolets, les « Ah oui, mercredi » par « OUT ON TIRE PLUS ÇA NIQUE VOS TRUCS ! » et qu’il y a un peu plus de stratégie, même si on est pas tous corses et qu’on s’appelle pas forcément Napoléon. On possède donc de gros pistolets dans lesquels on met des billes de peinture et avec lesquels on doit tirer sur les gens pour leur peindre la gueule.
Les équipes — comme à la guerre, y’a plusieurs équipes (il me semble, même si j’ai jamais vraiment compris le principe de la guerre) — s’affrontent dans plusieurs jeux, dont celui où il faut s’emparer d’un drapeau. Donc défenseurs et attaquants. Comme dans les jeux vidéos, mais sans jauge de vie, sans super pouvoirs, sans arc, grappin, flèche ensorcelée et autre inventaire magique. Vous imaginez bien qu’on a pas l’espace, contrairement au Link de Zelda qui a un sac incroyable de chez Vuiton sans doute. Ca donne quelque chose comme ça :
En vrai, c’est beaucoup plus grave pire. Mais consolons-nous. Putain, j’en ai PARTOUT. Tout ça pour quoi ? POUR UN DRAPEAU, OUI. Comme à la guerre on vous dit. Ça n’a pas vraiment d’intérêt à proprement parler (les plus belles choses ne sont-elles pas inutiles ? Le seul intérêt pratique d’ »Une saison en enfer », ça reste quand même le calage de table), mais c’est jouissif et drôlement rigolo. On se shoote fort dans la gueule, « Ah ah, je t’ai enfin eu trou du cul (un peu de vulgarité n’enlève rien à la possibilité de faire des rimes. N’est-il pas ?) ». Bref. Qu’est-ce que je voulais vous dire déjà ?
Ah, c’est tout. Le paintball, c’est quand même sportif, faut crapahuter un peu partout pour prendre l’ennemi en traître (comme à la guerre) et tous les exterminer (comme pendant la seconde guerre mondiale). Mais franchement, on s’amuse bien.







