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• Mardi 06 octobre 2009 à 12 h 07
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Et ce, surtout quand ce sont des femmes. Pour tout vous dire, je méprise les professions où le chirurgien doit mettre ses doigts dans votre bouche. Premièrement, parce-que c’est dégueulasse et que ça viole un endroit que je n’ai absolument aucune envie de partager avec un inconnu, deuxièmement parce-qu’il faut être timbré pour répondre « Etre dentiste » quand on vous a demandé quel était votre rêve d’enfance. Franchement, mais qui veut être dentiste si ce n’est un grand malade dans sa tête, atteint de psychose et de nevrose dans un même temps ?

Tout me répugne et me révulse, me donne la nausée et me fait tourner de l’oeil. Je dois dire que ça commence dès la salle d’attente. Vous ouvrez une porte de verre pour quitter la fraicheur hivernale qui, depuis quelques jours, s’est abattue sur les pavets lisses de votre tendre et douce ville, dans le seul but d’entrer dans un pièce confinée aux odeurs vomitives et dans laquelle vous ne pouvez réclamer que 12% de la place disponible. Mais évidemment, le dentiste est toujours en retard. C’est un axiome qu’il n’est pas nécessaire de démontrer. Pour passer le temps et éviter de vous emmerder copieusement durant l’heure qui suit (vous étiez en retard, et comme vous êtes ponctuel vous avez oublié votre iPhone ou votre GameBoy Color pour les plus mélancoliques), vous regardez avec une morne fixitude les murs joviaux de la pièce exigue. Vous apprenez par coeur les chants lyriques nous assennant ces merveilleux « Si tu te brosses pas les dents en inclinant ta brosse en poil de dromadaire à 2π radians (ndla: Les dentistes parlent en radians et utilisent fréquemment les cercles trigonométriques dans leurs démonstrations), ta bouche va devenir une décharge publique pleine de pu odorant et tes gencives vont se mettre à habiter une faune microscopique à faire palir le vagin de Paris Hilton ».

Le temps passe, le gamin en face de vous vient de coller une crotte de nez sous son siège. SCANDALE ! VOUS L’AVEZ VU ! Ah, c’est à vous. Charmante petite secrétaire qui vous prie de vous asseoir. « M’asseoir ? Vous êtes sûre ? Quel dommage… ».

Ne faisant ni une, ni deux, ni trois, ni quatre, ne faisant même pas cinq ou six, voici le docteur (oui, le docteur, LOL) qui vous fout un truc dans la bouche que vous vous demandez comment ça se fait que vos lèvres ne se soient pas fissurées ou que vos joues n’aient pas éclatées sous la pression. Et vlan, il met un truc en plastique (bleu, c’est beau le bleu) qui vient coincer votre langue et qui vous fait un mal de chien parce-que ça appuie sur vos gencives inférieures intérieures. De là, un long tuyau aspirant récupère votre bave (j’ai découvert que j’avais beaucoup plus de bave que l’on n’aurait pu le croire ce jour là) dans un bruit de tractopelle. Et vous avez mal, et presque vous vous noyez dans vos sécrétions, et votre langue est super sèche, et quand vous voulez l’hydrater y’a le tuyau qui se bouche et ça fait « Pshshshhchhshh », et cette connasse d’orthodontiste qui te dit « OUVRE LA BOUUUUCHE PLUS GRAND ! ». J’ai arrêté de compter le nombre de fois où j’étais sur le point de l’assassiner à partir de la trente-deuxième.

Et vous repensez à cette revue de merde posée sur la table basse de cette salle d’attente aseptisée, « Parents, que faire pour survivre à des ados dangereux », et vous comprenez que oui, un ado c’est dangereux. Vous vous demandez si ça vient des jeux vidéos, si c’est l’influence des 65% de 12-15 ans qui pratiquent couramment le cunillingus et la fellation ou si c’est le monde virtuel qui vous entoure qui vous fait cultiver de si noirs desseins.

Vous rêvez de vous emparer de cette perceuse à l’embout tournant pour crever une pupille, peut-être deux. Vous rêvez de cracher sur son crâne toute cette eau dégueulasse qu’elle a balancé avec son karcher dans votre pauvre orifice buccal qui ne s’en remettra plus. Vous rêvez, encore, oui ! Vous rêvez de foutre des claques, de casser une jambe. Vous voulez rigoler en l’imaginant mourir dans d’atroces souffrances, mais vous pouvez pas parce-que sinon vous vous étouffez et que vous vous faites engueuler « OUVRE LA BOUCHE, OUVRE LA BOUCHE SINON JE TE TRANSPERCE LE PALET AVEC MA MOISSONEUSE BATTEUSE ».

Je méprise les orthodontistes.

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• Jeudi 17 septembre 2009 à 21 h 42
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Qu’est-ce que je pouvais m’emmerder. C’est fou ce que les enterrements sont chiants, celui là encore plus que les autres. Debout, plantés comme de sombres piquets dans l’herbe fraiche et mouillée du cimetière. Les parapluies s’étaient ouverts et on aurait pu dire avec délicatesse qu’ils avaient éclos un peu comme les jonquilles s’ouvrent quand le printemps arrive. Mais les parapluies ne sont pas intéressants, ils sont juste là, et ils sont rarement jaunes. Je n’en avais pas pris, bien que j’en aie deux chez moi ; l’un était gris, l’autre était noir. Et ceux que j’apercevais par delà mon chapeau étaient tous aussi sombres. Sauf un. Une femme avait un parapluie blanc, mais le manche était noir. Je ne l’aimais pas vraiment, cette femme. Et bien que ce fût la mienne, elle ne m’aimait pas vraiment non plus.

Il pleuvait des cordes depuis que nous étions là, les gouttes venaient frapper ces mêmes parapluies dans un bruit de froissement continu. En plus il faisait froid, puis je m’emmerdais. Tiens, merde, si je me cassais ? Non, je ne peux pas. Ca n’aurait pas été correct. Je dois dire que je n’ai jamais versé de larmes pour un proche disparu. Quand ma mère est morte, je me suis habillé de noir. Je crois que c’est ce que l’on fait quand on est en deuil. J’ai ainsi enfilé un costume jusqu’à la date de son enterrement, date à laquelle j’ai fait un éloge sans offrir ne serait-ce qu’un pleur. Aucun chatouillis sur ma joue rugueuse, aucun frisson le long de ma colonne vertébrale, pas de tremblements dans la voix. Rien. Elle était morte, tant pis.

Aujourd’hui, je ne rajustais pas mes lunettes sur le haut de mon nez pour mieux contempler le désespoir, elles gisaient grassement, inutiles, dans leur étui, sur ma table de chevet, à côté de ma Bible. Je ne croyais pas en Dieu, je n’ai jamais cru en Dieu, peut-être que j’aurais dû. Je devrais. Je suis peut-être trop vieux pour commencer, je ne sais pas. C’est d’ailleurs peut-être déjà trop tard.

Non loin de moi, un homme d’une cinquantaine d’années, la calvitie prononcée et le manteau usé, avait le regard dans le vague et la canne posée sur son bras replié. En tournant légèrement la tête, je pouvais entrevoir un adolescent à l’allure florissante et à l’âge magnifique rajuster ses épais cheveux noirs. Sa cravate partait se morfondre à l’intérieur de son gilet, il serrait contre lui une jeune fille effondrée. Ensemble, ils s’abritaient sous le même parapluie gris.

Nous devions être une vingtaine de privilégiés, moi plus que les autres, placés ici sous le tonnerre et les éclairs. Je baillais presque et commençais à être un peu engourdi. C’est bientôt fini ? Non ? Merde. Que de pleurs chatoyants et de complaintes déchirantes !  Il y a une certaine ironie à pleurer quand il pleut. La mise en abîme est très classe. Je n’en avais strictement plus rien à foutre aujourd’hui, mais ça n’enlevait rien au charme de la poésie. Et puis franchement, je fustige ceux qui m’ont forcé à venir ici. Les rares fois où je me suis rendu à des évènements de ce type, c’était pour profiter du buffet posthume. Oui, j’aime beaucoup qualifier ces buffets de posthumes, cela me plait. Et bien figurez-vous qu’aujourd’hui, comble de misère sadique, je ne pourrai y assister. Je ruminais intérieurement.

Et le vent sifflait bruyamment parmi les arbres aux branches mortifères. Les roses n’étaient pas belles, les oiseaux étaient bien crevés les pattes en l’air. Et la pluie cognait et frappait, elle crachait sur les façades mornes de la cathédrale émergeante au loin. Le tonnerre fouettait, les éclairs martelaient, tout autour de moi faisait plus de fracas que les cœurs réunis de deux amants trop longtemps séparés.

Puis les enterrements, ça m’a toujours bien fait marrer moi. On est tous là, à chaque fois, pour pleurer quelqu’un qui ne soucie absolument plus de vous puisque qu’il est mort. Mort, ma foi, ça se comprend non ? Pensez bien que d’ici quelques semaines, son visage tombera en lambeaux de peau putride qui iront bien vite réjouir les asticots affamés. Buffet posthume. Son corps boursouflé de pustules odorantes moisira dans la terre, son costume trois pièces sera déchiqueté tandis que son cercueil tentera de résister aux supplices du temps qui passe. Moi, je voulais me faire incinérer. On aurait jeté mes cendres dans la mer, alors que le soleil serait venu heurter de ses tendres lèvres écarlates l’horizon lisse et opaque d’un océan tumultueux. Et j’aurais couru sur la houle, caressant par l’esprit les embruns écumeux. Mais non, ils avaient décidé de m’enterrer.

Je n’entendis même plus le souffle de Dieu qui faisait tanguer les voiles quand ils fermèrent mon cercueil en bois d’ébène. Les crevards partaient sans doute au buffet, sans moi. Bande d’enfoirés.

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• Lundi 03 août 2009 à 23 h 40
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Les soldes pour les nuls.

Les soldes pour les nuls.

En ces obscurs temps de soldes, où les ménagères en chaleur crapahutent au sein même des magasins essoufflés dont la circulation est aussi importante que les va-et-viens incessants subis par la partie sous-ombilicale de Clara Morgane, il est nécessaire d’avoir quelques notions (certes abstraites, mais nécessaires, je confirme) quant au déroulement hétéroclite de ces achats compulsifs. Il se trouve que je suis là pour vous aider dans cette quête de la paire de chaussette en soie rose à -70%.

1. La relou qui est plus rapide que vous. On l’appelle aussi « la salope des soldes ».

(Ouh, le vilain, il dit des gros mots sur son blogue) Sachez que quand vous faîtes les soldes, environ 60 autres millions de personnes (moins une) font de même. Sauf si bien sûr l’on exclut les sans domicile fixe, les enfants de moins de 13 ans et les mamies radines. Ce qui nous laisse approximativement 41.3% de la population française s’abaissant à acheter au rabais. Oui, à peu près, mais je vous met au défi de me prouver le contraire.

Si l’on continue notre démarche (totalement inutile car absolument anarchique) et que l’on définit arbitrairement que 55 % des français sont des femmes, 19 239 000 women (comme disent les anglophones) font les soldes. De même, si l’on divise la France en 100 (parce-que y’a 100 départements), il y aurait dont 192 390 femmes par département. 35% d’entre elles sont de vraies garces, il y a 19 240 pétasses dans votre département. CQFD. Selon que vous habitiez une petite ville ou une grande ville, vous vous débrouillez pour la suite.

Il y a donc de forte chance pour que vous fassiez piquer l’article que vous recherchez. Même si c’est un casque de moto. Pour contre-attaquer, prenez avec vous des boules puantes ou une bombe lacrymogène de force 18.

Voilà qui illustre mes propos.

Voilà qui illustre mes propos.

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• Mardi 30 juin 2009 à 16 h 31
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Vous savez, j’aime la pluie. Ce soir il pleut. Les gouttes argentées claquent contre mes fenêtres, au sol, les flaques se forment. Demain, les voitures rouleront dedans et balanceront sur le trottoir la flotte crasseuse. Demain, les enfants sauteront à pieds joints dans la boue, moi, demain, j’aurai la tête posée contre la fenêtre, une tasse à la main et les yeux tourmentés.

Je regarderai sûrement les nuages crémeux qui moutonnent à l’horizon, les feuilles mortes qui jonchent le sol et qui offrent aux pavés des reflets orangés. Ce lampadaire, seul, sera toujours là. Il n’est pas droit ; il est cassé. L’ampoule ne s’allume plus, la peinture verte est caillée par endroit. La boule de verre qui le surmonte est brisée, les éclats gisent au sol. Et puis à y regarder de plus près, il n’y a plus d’ampoule. Mais il restera là, fier et blessé, un peu comme la poubelle d’acier qui se serait renversée dans la nuit. Elle est verte aussi, cette couleur doit porter la poisse.

Au loin, sous la pluie qui bat, Monsieur porte un chapeau décousu. Il était assis sur un banc marqué de tipex avant que l’averse arrive. Sa canne d’ébène était posée à côté de lui et, tandis que la nuit tombait, il n’avait pas de lumière pour éclairer sa peau blême, pour pouvoir regarder autour de lui les rideaux de fers des magasins de souvenirs. Non, le lampadaire est cassé.  La mer est agitée, elle devient d’encre, et le pêcheur aux mains rugueuses envisage, à l’intérieur de sa cabine miteuse, de remonter l’ancre maintenant. Le vent siffle et souffle, souffre et pouffe. Les chicots du vieillard se chicanent. Il est tard.

Je ne fume pas tu sais. J’aurais pu souffler ma fumée et donner un coup dans l’air, j’aurais pu niquer mes poumons. J’aurais pu souffler en l’air, la fumée brille à la lumière, un peu comme la lune quand il pleut. Ce soir, il n’y a pas de lune, les nuages sont noirs tu sais.

Il pleut. Il n’y a rien de plus triste qu’une nuit sans lune. Du coup, la nuit est noire : il n’y a plus de lampadaire, Monsieur a presque disparu de mon champ de vision.  Je remarque que de la buée s’est déposée sur ma vitre froide ; je dessine un cœur. Je ne sais pas pourquoi, j’ai toujours dessiné des cœurs quand j’apercevais de la buée au détour d’une fenêtre. Pas vous ? Non ? C’est un tort, vous devriez.

Les lames du vent parcourent les larmes du temps, je ne pleure pas. Et vous ? Non ? C’est un tort, vous devriez. Quand des larmes perlent sur votre joue rugueuse en déposant derrière elle une trainée de sel blanchâtre, quand la larme vient se loger dans la commissure de vos lèvres en y déposant un goût salé, l’on se sent soudain moins seul. Ma plume est essoufflée, mon palpitant est fatigué. Monsieur est mort, dehors il fait froid. En plus, il fait noir.

Hier soir il pleuvait. Vous savez, j’aime la pluie. Ce soir, il ne pleut plus. La lune est noire, il n’y a rien de plus triste qu’une nuit sans lune.

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• Dimanche 14 juin 2009 à 22 h 02
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« Putain ! », crie le misogyne primaire dans un excès de colère foudroyante. Voyez-vous très cher (un peu comme les appareils apple, cessons de nous voiler la face), je peux comprendre cette attitude hostile dont les femmes – nos femmes – sont les tendres victimes. Même si je préfère employer le moins vulgaire (mais tout aussi expressif) « secrétaire de direction », il n’en reste pas moins que la gente féminine ne l’a pas volé.

Prenons les faits ! Alors que la sainte journée avait suivi son cours aux effluves indélicates (voyez-vous, Paris, la journée, c’est un ensemble de relents vomitifs pour le moins peu appétissants), le soleil laissait place à la nuit qui enrobait de son délicieux foulard de velours noir les quelques réverbères défoncés du boulevard St Germain. La lumière grésillait, mon souffle froid léchait la fenêtre sur laquelle s’était vite déposée une couche de buée opaque. Je pouvais apercevoir, baignée dans un flou argenté, le croissant de lune qui n’éclairait qu’à peine plus la route qu’un de ces fameux réverbères incompétents. C’est bien des fonctionnaires.

À cette heure ci, le monde s’endort et les chats myopes se lovent tendrement sur le patchwork de la vieille sorcière habitant l’antique demeure au coin de l’avenue Foch. Avant de s’endormir, elle n’a pas allumé le chauffage à pétrole, sa main est froide. Très vite, le chat aux poils roux part se coucher dans le tiroir aux petites culottes qui était resté ouvert ; c’est mauvais signe : quand le chat n’est plus sur mémé, c’est que mémé n’est plus. Mais il y a plus important, à cette heure de la nuit, où quelques télés osent avec insolence balancer des nouvelles infanticides avec autant de passion qu’un autiste enrhumé.

Les titres s’enchainent tandis que monsieur Jourdain s’est endormi le sexe à la main devant un film qui a laissé place aux informations. Évidemment, cela n’intéresse pas monsieur Jourdain. Depuis que madame Jourdain est partie, monsieur Jourdain n’est plus intéressé par rien, il finira par mourir d’un orgasme mal calculé quelques mois plus tard, dans un des hôtels miteux de Bangkok. Mais les infos se fichent bien de lui.

« C’est un monstre ! », « Courjault congèle ses bébés à côté des courgettes » (Charlie Hebdo n’aurait peut-être pas osé), « Une mère congèle ses progénitures entre le poulet et le brocolis ». Ces titres énoncés par la stagiaire du journal expriment ici un désarroi profond de la population tout entière. Le peuple n’a plus les moyens de se payer des brocolis surgelés marque repère (qui sont en moyenne moins chers chez Leclerc). Et puis je me souviens des prédictions alarmantes de spécialistes annonçant massivement la rudesse d’un hiver prochain. Les artriteux confus des maisons de retraite aux infirmières psychopates n’auraient pas été épargnés, il fallait bien faire des provisions. Puis s’ils étaient morts-nés, ces pauvres enfants aux joues roses et au nez rond, raison de plus. On ne joue pas avec la nourriture (j’espère qu’elle a pensé à garder le placenta). Mais bon, suite à cette explication illustrée, on peut mieux comprendre le « putain ! » angoissant qui signe une misogynie profonde et les deux millions de cas de femmes battues chaque année.

Parce-que nous aussi, hommes, nous sommes traumatisés par ces femmes qui ne savent plus faire le repassage et dont la nourriture est aussi bonne qu’une boîte de cassoulet périmé deuis le débarquement de Normandie – au moins. De ce fait, je reste célibataire.

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• Samedi 06 juin 2009 à 17 h 42
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Je n’aime pas vraiment la jeunesse, vous savez. Ces jeunes filles augmentées de trente centimètres par la sournoiserie exhibitionniste de leurs talons aiguilles, dont la beauté souvent incroyable n’attirerait même pas un Marc Dutroux dans les parages. Et comme disait l’autre, quand le footballeur décérébré marque du pied, le pédophile, bien plus imaginatif et tout en subtilité, Marc Dutroux.

Les jeunes (que je serais tenté d’appeler personnes à mobilité intellectuelle réduite tant un titre spécial devrait leur être attribué, la place de parking allant avec puisque le jeune ne veut pas avoir à faire plus d’une vingtaine de mètres pour acheter son paquet de clopes), les jeunes. Je met un point ici, sinon ma phrase devenait trop longue et les milliers d’adolescents qui ne me lisent pas n’auraient jamais eu l’occasion de ne pas me comprendre. C’eut-ce pu être un drame funeste.

La jeunesse, en fait, ne vit que pour se faire remarquer, pour parasiter de son acné sirupeuse la société actuelle qui déjà va mal. Mais ne soyons pas les infâmes vipères qui crachent leur ignoble venin sur un groupe social minoritaire, ce ne ferait qu’accentuer cette discrimination scandaleuse vis-à-vis d’une ethnie étrangère. Car oui, la jeunesse est une ethnie étrangère.

L’été, alors que les oiseaux chantent, que la mer va et vient au creux des rochers (pour plus de simplicité, l’action se passe sur les côtes maritimes du Sud-Est), que cette douce brise estivale caresse avec parcimonie (doit-on préciser que Parcimonie n’est pas une jeune fille ?) les raides brins d’herbes agités par des nuées d’insectes myrmécéens, que le prof ignorant a installé des ventilateurs rafraichissant un peu partout dans la classe et entreposé à côté de la porte une pile de bouteilles d’eau afin de favoriser les conditions de travail de ses élèves en cette fin d’année, la jeunesse (que je ne qualifie pas d’ahurie car, comme chacun doit le savoir, le pléonasme est une erreur grammaticale qui m’effraie) glande allongée par terre si parc à proximité il y a, ou vagabonde au sein d’une ville enfumée, slalomant entre les magasins avec un mouvement oculaire effrayant, dont l’expression glauque ne peut que me rappeler avec délice le regard bovin que jette une vache sur un pissenlit tout juste sorti de terre après un hiver rugueux. N’est-ce pas fantastique ?

La bouche ouverte et le rectum serré, ce mammifère à poils courts n’a pour seule vocation celle de contempler avec stupeur ses contemporains, sur lesquels il lance sans peine des éclats de lumière crasseux, eux-mêmes qui sont venus se réfléchir avec dégoût sur l’épaisse chevelure de l’animal suintant dont le sébum dégouline avec paresse sur sa peau pustuleuse et parsemée de furoncles aussi gros que le ventre bombé d’une blatte goulue. Le pré-pubère souffre, néanmoins.

Son activité hormonale, qui est toute aussi inexplicable que les audiences scandaleuses de la Star Academy (quoi que, il faut aller chercher du côté du QI moyen des français), lui fait désirer le premier mustelidé enragé qui se retrouvera bien vite avec le regard crémeux typique des orgies parisiennes du XVIIIe siècle. Ceci entrainant cela, son esprit dérangé le poussera à se rendre, et c’est son rôle de mâle, dans les quartiers les plus malfamés de sa banlieue, où le seul moyen de lire Proust par ces nuits sans étoiles est de brûler les bagnoles cabossées qui se reposent le cul à moitié sur le trottoir. Les sens aiguisés et le dos arc-bouté, il cherchera quelques furets bien graisseux qui présentent un orifice suffisamment béant.

Après l’agression pour le moins mouvementée que l’adolescent au sourire ferroviaire a subit entre le bâtiment C et le bâtiment D, la seule consolation qu’il aurait pu espérer trouver ici pour assouvir ses désirs les moins avouables ne subsiste qu’une patte mutilée dont la tribu maître du territoire ne tardera pas à s’emparer.

L’adolescente moyenne, quant à elle, préférera de loin se badigeonner les lèvres de graisse de cétacés, qui ne seraient plus en voie de disparition si elle avait donné son corps aux instituts cosmétiques. Sauvez les baleines, donnez votre graisse. L’appel est lancé.

Non, définitivement, je n’aime pas les jeunes.

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• Mercredi 06 mai 2009 à 21 h 35
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(Voir premier jourdeuxième jour, troisième jour, quatrième jour)

« Dieu dit : Que les eaux produisent en abondance des animaux vivants, et que des oiseaux volent sur la terre vers l’étendue du ciel. Dieu créa les grands poissons et tous les animaux vivants qui se meuvent, et que les eaux produisirent en abondance selon leur espèce ; il créa aussi tout oiseau ailé selon son espèce. Dieu vit que cela était bon. Dieu les bénit, en disant : Soyez féconds, multipliez, et remplissez les eaux des mers ; et que les oiseaux multiplient sur la terre. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le cinquième jour.

Dans le royaume onirique, elle dansait dans un cercle de lumière, pieds nus et gorge déployée. Sa disparition n’empêcha pas la vie de reprendre son cours et les combats de continuer. L’épidémie américaine qui avait touchée quelques personnes en France s’était propagée à cause des conditions sanitaires dont je parlais récemment. Les taux de décès dans les hôpitaux insalubres explosaient, les malades aussi. Le virus H1N1 avait muté en une nouvelle souche totalement différente qui faisait exploser les cellules du corps à une vitesse incroyable. Il suffisait de quelques heures pour que des pustules aient envahi l’épiderme du malade et pour que s’ensuive la mort de ce dernier.

Se propageant par un contact, les malades survivant furent mis-en-quarantaine, où ils prirent des traitements qui les maintenaient en vie dans un état de demie-somnolence, entre la vie et la mort. La situation était telle depuis quelques semaines, si bien qu’on avait commencé à l’oublier de part une baisse considérable de la population contaminée. Mais aujourd’hui j’en reparle, et j’ai peur.

J’ai bien pensé à aller rejoindre Julie, quitter une bataille que je croyais perdue quand l’espoir m’avait quitté. Mais le temps ne s’offrait pas à moi et je n’avais même pas le loisir de pleurer sa mort. Non, il nous fallait nous isoler. J’étais sorti hors de Berlin avec 4 autres personnes, afin de ne pas être trop exposé. Nous étions dans une sorte de grange abandonnée, seuls avec les quelques provisions en boites que l’on avait apportées avec nous.

Ce sont les poissons qui ont commencé à être contaminés. Des pêcheurs avaient attrapé dans leurs filets des centaines d’espèces présentant des sortes de protubérances sous les écailles luisantes. Tout le résultat de la pêche fut jeté, une semaine plus tard tout l’équipage (trois hommes et une femme d’une quarantaine d’années) était décédé. Ils avaient été trouvés séparément, présentant les mêmes caractéristiques que les malades atteints par le virus. Cela s’était passé il y a environ une semaine, les journaux avaient relayés l’information, déclenchant une vague de panique au sein de l’Allemagne qui s’était rapidement apaisée.

Puis fleurirent comme des roses au printemps les nouveaux cas, en France, en Italie, en Grèce, puis en Angleterre, au Danemark, et aux Etats-Unis. Les poissons ne connaissent de frontières que les océans. Et quand les oiseaux s’y mirent, lâchant des fientes toxiques sur un peuple qui était décimé, je pense que nous avons tous compris que c’était fini. Qui s’en sortirait ? Entre une guerre qui n’avait d’ampleur égale que la seconde guerre mondiale et une pandémie comparable à la peste noire, que pouvons-nous faire ? Ce matin, les combats cessèrent, une trêve fut instaurée entre pays afin de résoudre au préalable ce problème plus important alors.

Il y eut un soir, il y eut un matin, les animaux que Dieu avait vus bons étaient en train de détruire les Hommes. Ce fut le cinquième jour. »

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