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	<title>Antithese &#187; Ecriture</title>
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	<description>Le blog acide d&#039;un amateur de pamplemousses.</description>
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		<title>[Chronique de la tante Micheline] La Chaise.</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Jun 2010 16:39:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Araen</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il me semblait alors en être arrivé au point de non-retour. Elle se dressait devant moi, belle, fière de ses courbes annihilant jusqu&#8217;aux confins de ma mémoire d&#8217;anachorète, prude de sa beauté transpirant comme les gouttes de lumière glissaient sur l&#8217;esquisse frissonnante de mon échine. Je bandais mes muscles sous ma peau suintante, elle contractait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il me semblait alors en être arrivé au point de non-retour. Elle se dressait devant moi, belle, fière de ses courbes annihilant jusqu&#8217;aux confins de ma mémoire d&#8217;anachorète, prude de sa beauté transpirant comme les gouttes de lumière glissaient sur l&#8217;esquisse frissonnante de mon échine. Je bandais mes muscles sous ma peau suintante, elle contractait les filaments criards qui lui tenaient lieu de corps, enfonçant dans le sol ses pieds et dans les murs anguleux les angélismes de ses ongles. Les fleurs de son dos tendu éclataient en laissant des corolles et leur pollen s&#8217;envoler dans le ciel.</p>
<p>Cette chaise ne me laissera plus jamais goûter l&#8217;onctueuse chaleur du soleil qui se lève.</p>
<h4 style="text-align: center; line-height: 27px;">A peu près douze minutes et quatorze, quinze, seize, dix-sept, dix-huit, &#8230; secondes plus tôt.</h4>
<p>Selon les dogmes acquis, une journée ordinaire commence par les gazouillis incessants des oiseaux matinaux, le froissement impertinent des ailes des cigales et les effluves de thym qui flottent sous les plafonds enveloppés d&#8217;une faible nuée de poussière éclairée par les rais d&#8217;un soleil qui renait chaque jour de ses cendres. Cela, bien sûr, si vous habitez en Provence. Si vous habitez en Bretagne, la journée commence par le bruissement de la pluie sur les carreaux des fenêtres de la cuisine, comme si les colombes de la paix avaient la diarrhée. Ou si Eric Woerth faisait un discours en postillonnant. Mais je n&#8217;ai rien contre Eric Woerth, je suis sûr qu&#8217;il dit la vérité.</p>
<p>(...)<br/>Lire la suite : <a href="http://www.antithese.fr/chronique-de-la-tante-micheline-la-chaise/">[Chronique de la tante Micheline] La Chaise.</a> (667 words)</p>
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<p><small>© Araen for <a href="http://www.antithese.fr">Antithese</a>, 2010. |
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Catégorie(s) : Ecriture, Humour<br />
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		<title>Sans titre.</title>
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		<pubDate>Mon, 19 Apr 2010 18:31:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Araen</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Qu’est-ce que je pouvais m’emmerder. C’est fou ce que les enterrements sont chiants, celui là encore plus que les autres. Debout, plantés comme de sombres piquets dans l’herbe fraiche et mouillée du cimetière. Les parapluies s’étaient ouverts et on aurait pu dire avec délicatesse qu’ils avaient éclos, un peu comme les jonquilles s’ouvrent quand le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Qu’est-ce que je pouvais m’emmerder. C’est fou ce que les enterrements sont chiants, celui là encore plus que les autres. Debout, plantés comme de sombres piquets dans l’herbe fraiche et mouillée du cimetière. Les parapluies s’étaient ouverts et on aurait pu dire avec délicatesse qu’ils avaient éclos, un peu comme les jonquilles s’ouvrent quand le printemps arrive. Ces jonquilles qui éclatent à l&#8217;horizon sous le regard d&#8217;un soleil à peine tiède. Je n&#8217;avais pas pris le mien, bien que j’en aie deux chez moi ; l’un était gris, l’autre était noir. Et ceux que j’apercevais par delà mon chapeau étaient tous aussi sombres. Sauf un. Une femme avait un parapluie blanc, mais le manche était noir.</p>
<p>Il pleuvait des cordes depuis que nous étions là, les gouttes venaient frapper ces mêmes parapluies dans un bruit de froissement incessant. Il faisait froid, si seulement j’avais pu m’éclipser alors que le tonnerre rugissait. Sans doute que certaines personnes l&#8217;auraient mal pris et m&#8217;en auraient tenu rigueur.</p>
<p>Mais les enterrements me déplaisaient, j’ignore pourquoi, je ne le sais pas, je ne le saurais jamais et pour dire vrai, sans enluminures aucune, je m’en fous. Je n’ai jamais versé de larmes pour un proche disparu. Le jour où ma mère est décédée, j’avais seize ans. Seize ans et douze jours exactement. Je m’en souviens, parce-que c’est le jour où ma mère est morte. C’est ce jour là que je l’ai trouvée allongée au sol, la tête écrasée contre la moquette du salon, un flacon de somnifères vide encore serré dans sa main. Elle avait les paupières fermées, la bouche légèrement entrouverte. Dans son inéluctable chute, elle avait malencontreusement emporté avec elle un vase en porcelaine de Chine posé depuis des lustres sur le buffet de bois massif. Les dizaines de morceaux éparpillés par delà la pièce réfléchissaient les rayons lumineux sur les murs crépis, dehors les oiseaux chantaient encore. J’ai alors ouvert la fenêtre pour profiter de ce temps radieux, puis j’ai nettoyé la pièce avec un balai et une pelle en fer. Ensuite, j’ai appelé les ambulances en disant « Bonjour », « S’il vous plait » et « Merci », car je suis un homme poli.</p>
<p>Aujourd’hui, je ne rajustais pas mes lunettes sur le haut de mon nez pour mieux contempler le désespoir, je me souviens les avoir laissé dans mon appartement. Elles gisaient sans aucun doute dans leur étui duveteux, sur ma table de chevet. Il n’y avait pas de Bible sur ma table de chevet, j’ai cessé de croire en Dieu le jour où j’ai commencé à croire à l’amour. Il avait un prénom de soie, à la douceur exquise, à la tendre musique. J’avais perdu ma route sur les flots de ses yeux sombres, j’avais sombré si vite au fin fond de ses paroles. Souvent je frissonnais de ne voir que son ombre, je l’embrassais, le caressais, de ma nuit d&#8217;Espagne je n&#8217;avais que ses douces chaleurs. Je me consumais de sa présence, je n’avais plus de songes, je n’avais plus de rêves. Quand j’ouvrais les yeux et que je regardais par-dessus les flaques lumineuses des collines endormies le coucher du soleil, les couleurs étaient vives, si vives, les sons étaient clairs, et si claires étaient les saveurs. Les sens aux aguets, j’écrivais à la beauté des vers insensés, je couchais de ma plume ses formes aux muscles saillants et aux lèvres si chaudes. Il était pourtant si loin.</p>
<p>A quelques mètres de moi, un homme d’une cinquantaine d’années, la calvitie prononcée et le manteau usé, avait le regard dans le vague et la canne posée sur son bras replié. Si je tournais légèrement la tête, je pouvais entrevoir un adolescent à l’allure florissante et à l’âge magnifique rajuster ses épais cheveux noirs. Sa cravate partait se morfondre à l’intérieur de son gilet, il serrait contre lui une jeune fille effondrée. Ensemble, ils s’abritaient sous le même parapluie gris.</p>
<p>Nous devions être une vingtaine de privilégiés, moi plus que les autres, placés ici sous le tonnerre et les éclairs, sous la danse entrainée d’une pluie torrentielle. Je baillais presque et commençais à être un peu engourdi. C’est bientôt fini ? Non ? En même temps, je dois vous le confesser, mais ce n’est pas comme si j’avais autre chose à faire. Et que de pleurs chatoyants et de complaintes déchirantes ! Je fustige ceux qui m’ont forcé à venir ici. Les rares fois où je me suis rendu à des évènements de ce type, c’était pour profiter du buffet posthume. Oui, j’aime beaucoup qualifier ces buffets de posthumes, cela me plait. Et bien figurez-vous qu’aujourd’hui, comble de misère sadique, je ne pourrai y assister à cause d’un léger empêchement inopiné.</p>
<p>Et le vent sifflait bruyamment parmi les arbres aux branches mortifères. Les roses n’étaient pas belles, les oiseaux étaient bien crevés les pattes en l’air. Et la pluie cognait et frappait, elle crachait sur les façades mornes de la cathédrale émergeante au loin. Et le tonnerre fouettait, les éclairs martelaient, tout autour de moi faisait plus de fracas que les cœurs réunis de deux amants trop longtemps séparés.</p>
<p>Puis les enterrements, ça m’a toujours bien fait marrer moi. On est tous là, à chaque fois, pour pleurer quelqu’un qui ne soucie absolument plus de vous puisque qu’il est mort. Mort, ma foi, ça se comprend non ? Pensez bien que d’ici quelques semaines, son visage tombera en lambeaux de peaux putrides qui iront bien vite réjouir les asticots. Son corps boursouflé de pustules odorantes moisira dans la terre, son costume trois pièces sera déchiqueté tandis que son cercueil tentera de résister aux supplices du temps qui passe. Moi, je voulais me faire incinérer. On aurait jeté mes cendres dans la mer, alors que le soleil venait heurter de ses tendres lèvres écarlates l’horizon lisse et opaque d’un océan tumultueux. Et j’aurais couru sur la houle, caressant par l’esprit les embruns écumeux. Mais non, ils avaient décidé de m’enterrer.</p>
<p>Je n’entendis même plus le souffle de Dieu qui faisait tanguer les voiles quand ils fermèrent mon cercueil en bois d’ébène.</p>
<hr />
<p><small>© Araen for <a href="http://www.antithese.fr">Antithese</a>, 2010. |
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		<title>Laisse-moi</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Apr 2010 22:14:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Araen</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Laisse-moi, crépuscule, ralentir ta venue, retenir ta descente, contenir ton étreinte. Laissez-moi, vous étoiles, poser mon regard sur vos prunelles fermées, sentir vos fraicheurs qui illuminent le soir. Laisse-moi, nuit féconde, profiter un peu plus, caresser de ma main ses audaces effrénées. Laissez-moi, douces lèvres, vous embrasser encore, vous effleurer toujours dans mes rêves nocturnes. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Laisse-moi, crépuscule, ralentir ta venue, retenir ta descente, contenir ton étreinte. Laissez-moi, vous étoiles, poser mon regard sur vos prunelles fermées, sentir vos fraicheurs qui illuminent le soir. Laisse-moi, nuit féconde, profiter un peu plus, caresser de ma main ses audaces effrénées. Laissez-moi, douces lèvres, vous embrasser encore, vous effleurer toujours dans mes rêves nocturnes.</p>
<p>Matin tant douloureux d’arriver au vermeil des dédales fermés, laisse-moi respirer. Prend ton temps, laisse-moi, une seconde peut-être, juste un souffle perdu. Soleil écarlate, je t’en prie, ta lumière vient ternir mes vœux, garde pour les guerres tes chaleurs terrifiantes.</p>
<p>Retiens encore un peu l’obscurité terrible, laisse-moi enchainer les première lueurs, oublie l’aurore qui vient briser les parfums de nos nuits. Garde ta tête ronde contre mon palpitant, laisse ta main posée contre mon sein brulant. Oublie tout, oublie moi, oublie jusqu’à l’indécence. Ne bouge pas, ne parle plus, laisse encore la respiration cajoler mon cou nu.</p>
<p>Sens ma peau, mes paupières. Voyageons sur les îles, naviguons sur les flots, vite ! Dépêchons-nous de nous aimer avant que notre nuit s’effile, avant notre nuit s’effrite, avant que notre nuit s’enflamme sous le ciel brulant d’un nouveau jour.</p>
<p>Laisse-moi inopportun temps assassin d’un si bref baiser qui n’aura duré que le temps d’une lune, le simple temps d’un argent qui brille au firmament, au-dessus de nos voix à présent essoufflées. Oublie-moi encore, jusqu’à la prochaine fois.</p>
<hr />
<p><small>© Araen for <a href="http://www.antithese.fr">Antithese</a>, 2010. |
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		<title>L&#8217;exécrable danger de l&#8217;expression</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Mar 2010 16:48:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Araen</dc:creator>
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		<description><![CDATA[30 Mars 2014. Paris. Messieurs les sénateurs, c&#8217;est un succès. Voilà déjà une semaine que l&#8217;Imminente Police mise en place fait régner l&#8217;ordre sur ce pays dont nous avons pu fermer les frontières. Nos hommes parcourent les terres, patrouillent les nuits à la faible lueur d&#8217;un lampadaire grisonnant, ils cherchent et épient, ils traquent et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: right;">30 Mars 2014. Paris.</p>
<p><em>Messieurs les sénateurs, c&#8217;est un succès. Voilà déjà une semaine que l&#8217;Imminente Police mise en place fait régner l&#8217;ordre sur ce pays dont nous avons pu fermer les frontières. Nos hommes parcourent les terres, patrouillent les nuits à la faible lueur d&#8217;un lampadaire grisonnant, ils cherchent et épient, ils traquent et détruisent.</em></p>
<p><em>Notre Imminente Police a commencé avec brio le rôle que nous lui avions confié. Les sources de culture ont été détruites, la quasi-totalité des bibliothèques et des librairies de notre état a été brûlée ou condamnée. Il n&#8217;existe aujourd&#8217;hui plus aucune forme de savoir écrit. De même, les réseaux filaires ont été sabotés la nuit dernière, empêchant toute communication avec le monde extérieur, empêchant toute connexion avec le monde virtuel qui devenait trop puissant et qui mettait en péril l&#8217;organisation d&#8217;un pays enlisé dans une culture de masse et dans cette révolte constante des hommes qui pensaient être au-dessus de nos Lois.</em></p>
<p><em>Les télécommunications sont tombées sous notre tutelle, les lettres ne sont plus capables de se déplacer. Les rédactions de nos plus grands journaux ont cessé de battre au rythme d&#8217;une publication quotidienne, les articles passent tous par le département de la Correction Démocratique. Plus rien ne semble être en mesure de nous défier, de nous critiquer ou d&#8217;élever les idées contraire à la Constitution que nous défendons, dorénavant. La liberté d&#8217;expression que tous défendaient est enfin régulée. Enfin, après nos combats ! Après nos cris ! Nos désespoirs et nos promesses !</em></p>
<p><em>Rappelez-vous dont, messieurs les sénateurs ! Le peuple commençait à s&#8217;élever ! Surgissaient dans les hurlements frénétiques de ces éternelles revendications des idées dangereuses à notre survie ! Ils disaient que la plupart des trafiquants étaient noirs et les arabes. Ils disaient la vieillesse devenait gênante, que la jeunesse s&#8217;enlisait chaque jour un peu plus dans une pauvreté d&#8217;esprit inévitablement fatale. Les plus téméraires criaient à la normalité de l&#8217;homosexualité, et soulignaient la différence des sexes ! C&#8217;est l&#8217;ethnocentrisme généralisé qui se répandait comme une trainée de poudre, messieurs les sénateurs ! Qu&#8217;importe de savoir s&#8217;ils disaient la vérité, messieurs les sénateurs, cela ne m&#8217;intéresse pas ! Ni moi, ni vous, ni notre Constitution ! Le simple fait d&#8217;avoir énoncé une vérité, contraire à ce que nous avons pu vous apprendre, vous le peuple, c&#8217;est à vous que je m&#8217;adresse, est contraire à nos Lois et mérite d&#8217;être puni !</em></p>
<p><em>Il ne nous faut plus laisser dépasser par une liberté qui empiète et qui laisserait aujourd&#8217;hui une marge de réflexion à un peuple incapable de réfléchir. Notre Imminente Police est présente, messieurs les sénateurs, et c&#8217;est un franc succès. Les gens ont cessé de se révolter pour se rallier à nos causes. Enfin la normalité a été définie, enfin les critères acceptables ont été énoncés ! C&#8217;est une victoire, messieurs les sénateurs, une victoire pour nous, une victoire de nos esprits sur les faibles ! Nous entrons dans un nouveau monde, dans ce monde utopique où la haine n&#8217;existe plus, où les idées ne se développent plus !</em></p>
<p><em>Messieurs les sénateurs, bienvenus dans ce nouveau monde régi par l&#8217;Universalité de nos propres pensées&#8230;</em></p>
<hr />
<p><small>© Araen for <a href="http://www.antithese.fr">Antithese</a>, 2010. |
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		<title>Fille de joie.</title>
		<link>http://www.antithese.fr/fille-de-joie/</link>
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		<pubDate>Sat, 09 Jan 2010 13:29:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Araen</dc:creator>
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		<category><![CDATA[alexandrins]]></category>
		<category><![CDATA[poème]]></category>
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		<description><![CDATA[J&#8217;ai décidé de centraliser les divagations de ma plume poétique dans un même recueil, histoire que si je meurs d&#8217;ici la fin de l&#8217;année je laisse quelque chose derrière moi. Et je me suis dit que j&#8217;allais vous faire part d&#8217;un de mes poèmes (en alexandrins messieurs dames !) que j&#8217;ai intitulé &#171;&#160;Fille de joie&#171;&#160;. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J&#8217;ai décidé de centraliser les divagations de ma plume poétique dans un même recueil, histoire que si je meurs d&#8217;ici la fin de l&#8217;année je laisse quelque chose derrière moi. Et je me suis dit que j&#8217;allais vous faire part d&#8217;un de mes poèmes (en alexandrins messieurs dames !) que j&#8217;ai intitulé &laquo;&nbsp;<em>Fille de joie</em>&laquo;&nbsp;.  Si vous avez des avis, au plaisir <img src='http://www.antithese.fr/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' /> </p>
<p style="text-align: center;"><em>Elle n’existe pas ailleurs que dans les lits,<br />
La pauvre a les mains nues, souvent mille maris,<br />
Chaque jour elle est belle et rayonne au plaisir<br />
De gros lards interdits qui payent pour gémir.</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Elle n’a d’autre vie que celle de l’amour,<br />
Elle donne son corps, chaque nuit, chaque jour,<br />
Elle cède en cadeau cette offrande divine<br />
Qui, au petit matin, lui caresse l’échine.</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Sous un ciel accablant de toutes les couleurs,<br />
Elle marche et revient sur des trottoirs usés,<br />
Et sans savoir que dire ou que faire à son cœur,<br />
Elle offrira en vain sa pureté brisée.</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>On méprise son âme et ses bas en nylon,<br />
Sa carcasse vivante, on lui crache dessus,<br />
Et sous son bleu regard on lance les jurons<br />
Qu’elle accepte en pleurant sous la pluie, presque nue.</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Merveilles et bonheur, elle en fait son business,<br />
Mais elle a vu flamber le sang de sa jeunesse<br />
Qu’elle regrettera dans les moments de peur<br />
Qui cristalliseront tous ses cris de malheur.</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Et au septième ciel, pays de la démence,<br />
Pays artificiel où l’on oublie l’errance,<br />
L’homme à la démarche de chryséléphantin<br />
Rit de ses blessures d’un doux air enfantin.</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Si un jour elle est mal et puis prend des rondeurs,<br />
Qu’un enfant, de son sein, s’extirpe atrocement,<br />
Elle devra aimer jusqu’à son dernier chant<br />
Le fruit des secs à-coups de son fou géniteur.</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>Peut-être sous un chêne elle le mettra, lui,<br />
Un enfant au nez rose, aux petits doigts de môme ;<br />
Sais-tu toi qui me lis si tu n’es pas celui<br />
Qu’elle a abandonné au beau milieu des hommes ?</em></p>
<hr />
<p><small>© Araen for <a href="http://www.antithese.fr">Antithese</a>, 2010. |
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		<title>Apprenez à détester Noël</title>
		<link>http://www.antithese.fr/apprenez-a-detester-noel/</link>
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		<pubDate>Tue, 22 Dec 2009 18:51:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Araen</dc:creator>
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		<category><![CDATA[noel]]></category>

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		<description><![CDATA[Il faut savoir détester Noël, cracher sur ces périodes festives qui vous engraissent le bide et vous font dégobiller dans votre salle de bains aux murs lisses et azurés. Ces douces orgies qui donnent à votre foie mille et une raisons de se suicider sans plus attendre, avant de se retrouver noyé dans l&#8217;alcool âpre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il faut savoir détester Noël, cracher sur ces périodes festives qui vous engraissent le bide et vous font dégobiller dans votre salle de bains aux murs lisses et azurés. Ces douces orgies qui donnent à votre foie mille et une raisons de se suicider sans plus attendre, avant de se retrouver noyé dans l&#8217;alcool âpre d&#8217;un limoncello raté ou d&#8217;un vin de basse qualité.</p>
<p>Dîtes-moi : Pourquoi fêtez-vous Noël ? Après tout, ce n&#8217;est qu&#8217;une tentative amère de christianisation d&#8217;une fête païenne. Dès le IVe siècle après JC (qu&#8217;il ne faut pas confondre avec Julien Clerc, sinon ça n&#8217;a plus de sens, imbécile), le 25 Décembre marque en fait <strong>la renaissance du dieu Indo-Iranien Mithra</strong>. Et bien entendu, le mithraïsme, faut pas déconner, était un culte totalement païen jusqu&#8217;à la moelle que les Romains appréciaient particulièrement (le zénith de cette <em>religion</em> fut atteint entre le IIe et IIIe siècle). Rendez-vous compte quand même que chaque année, vous remerciez un dieu qui s&#8217;est créé tout seul à partir de la roche. De la <strong>ROCHE</strong>. On peut également noter que le 25 Décembre est décrété, par l&#8217;empereur Aurélien, <strong>jour de célébration du Soleil Invaincu</strong> (<em>Sol Invictus</em>, en latin, parce-que ça fait vachement classe à sortir dans la conversation quand même). Soit un jour après le solstice d&#8217;hiver.</p>
<div id="attachment_2321" class="wp-caption aligncenter" style="width: 560px"><img class="size-full wp-image-2321" title="mithra_taureau" src="http://www.antithese.fr/wp-content/uploads/2009/12/mithra_taureau.png" alt="Mithra qui égorge un taureau" width="550" height="192" /><p class="wp-caption-text">Mithra qui égorge un taureau. Youpi.</p></div>
<p>Récapitulons. Vous tous autant que vous êtes, vous célébrez en toute impunité le culte d&#8217;un dieu Indo-Iranien et en même temps le renouveau du soleil survenant après le solstice d&#8217;hiver.</p>
<p>Et puisque je suis sûr que ça vous intéresse, sachez que le mot &laquo;&nbsp;Noël&nbsp;&raquo; est en fait une déformation du latin <em>Natalis</em> (ça veut dire &laquo;&nbsp;la naissance&nbsp;&raquo;) qui a subit tout un tas de tortures phonétiquse que vous n&#8217;auriez sûrement pas pu supporter. Ce qui est totalement stupide puisque selon d&#8217;éminents historiens, Jésus serait né en été (et pas du tout en l&#8217;an 0 av/ap J.C., mais entre 9 et 2 av J.C.). Dans tes dents.</p>
<div id="attachment_2319" class="wp-caption aligncenter" style="width: 560px"><img class="size-full wp-image-2319 " title="christmas_pedobear" src="http://www.antithese.fr/wp-content/uploads/2009/12/christmas_pedobear.jpg" alt="Le père Noël n'est de toute façon qu'un gros Pedobear." width="550" height="440" /><p class="wp-caption-text">Le père Noël n&#39;est de toute façon qu&#39;un gros Pedobear.</p></div>
<p>Cela veut dire ? Cela veut dire que le réveillon que l&#8217;on est obligé de passer dans une famille de merde, qu&#8217;on sait qu&#8217;il va de toute manière finir en meurtre parce-que votre oncle n&#8217;a pas pu s&#8217;empêcher <strong>de parler religion</strong> et que votre grand-père a fait un parallèle avec <strong>la politique novatrice de Sarkozy</strong>. Que votre cousine du troisième degré du côté du frère à votre tante maternelle a bien entendu trouvé judicieux de demander des nouvelles du <strong>vaccin contre la grippe A/H1N1</strong> et que votre petit frère de merde n&#8217;a pas pu s&#8217;empêcher de parler de la <strong>mort imminente de Johnny </strong>(Idole des jeunes, Cedar-Sinaï, Allumer le feu, stade de France, tournée, meurtre, complot (c&#8217;est pour mon référencement) ), voilà que les assiettes de dinde éclatent contre les murs et que les chaises se fracassent sur la table.</p>
<p>Et quand on pense qu&#8217;en plus de ça <a href="http://www.antithese.fr/quand-on-sait-vraiment-pas-comment-commencer">le père Noël n&#8217;existe pas</a>, je voudrais pas vous plomber le moral, mais c&#8217;est mal barré.</p>
<hr />
<p><small>© Araen for <a href="http://www.antithese.fr">Antithese</a>, 2009. |
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		<title>Les médécins sont ignobles, les orthodontistes sont des connards.</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Oct 2009 10:07:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Araen</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecriture]]></category>
		<category><![CDATA[dentiste]]></category>
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		<description><![CDATA[Et ce, surtout quand ce sont des femmes. Pour tout vous dire, je méprise les professions où le chirurgien doit mettre ses doigts dans votre bouche. Premièrement, parce-que c&#8217;est dégueulasse et que ça viole un endroit que je n&#8217;ai absolument aucune envie de partager avec un inconnu, deuxièmement parce-qu&#8217;il faut être timbré pour répondre &#171;&#160;Etre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Et ce, surtout quand ce sont des femmes. Pour tout vous dire, je méprise les professions où le chirurgien doit mettre ses doigts dans votre bouche. Premièrement, parce-que c&#8217;est dégueulasse et que ça viole un endroit que je n&#8217;ai absolument aucune envie de partager avec un inconnu, deuxièmement parce-qu&#8217;il faut être timbré pour répondre &laquo;&nbsp;Etre dentiste&nbsp;&raquo; quand on vous a demandé quel était votre rêve d&#8217;enfance. Franchement, mais qui veut être dentiste si ce n&#8217;est un grand malade dans sa tête, atteint de psychose et de nevrose dans un même temps ?</p>
<p>Tout me répugne et me révulse, me donne la nausée et me fait tourner de l&#8217;oeil. Je dois dire que ça commence dès la salle d&#8217;attente. Vous ouvrez une porte de verre pour quitter la fraicheur hivernale qui, depuis quelques jours, s&#8217;est abattue sur les pavets lisses de votre tendre et douce ville, dans le seul but d&#8217;entrer dans un pièce confinée aux odeurs vomitives et dans laquelle vous ne pouvez réclamer que 12% de la place disponible. Mais évidemment, le dentiste est toujours en retard. C&#8217;est un axiome qu&#8217;il n&#8217;est pas nécessaire de démontrer. Pour passer le temps et éviter de vous emmerder copieusement durant l&#8217;heure qui suit (vous étiez en retard, et comme vous êtes ponctuel vous avez oublié votre iPhone ou votre GameBoy Color pour les plus mélancoliques), vous regardez avec une morne fixitude les murs joviaux de la pièce exigue. Vous apprenez par coeur les chants lyriques nous assennant ces merveilleux &laquo;&nbsp;Si tu te brosses pas les dents en inclinant ta brosse en poil de dromadaire à 2π radians (<em>ndla: Les dentistes parlent en radians et utilisent fréquemment les cercles trigonométriques dans leurs démonstrations</em>), ta bouche va devenir une décharge publique pleine de pu odorant et tes gencives vont se mettre à habiter une faune microscopique à faire palir le vagin de Paris Hilton&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Le temps passe, le gamin en face de vous vient de coller une crotte de nez sous son siège. SCANDALE ! VOUS L&#8217;AVEZ VU ! Ah, c&#8217;est à vous. Charmante petite secrétaire qui vous prie de vous asseoir. &laquo;&nbsp;M&#8217;asseoir ? Vous êtes sûre ? Quel dommage&#8230;&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Ne faisant ni une, ni deux, ni trois, ni quatre, ne faisant même pas cinq ou six, voici le docteur (oui, le docteur, LOL) qui vous fout un truc dans la bouche que vous vous demandez comment ça se fait que vos lèvres ne se soient pas fissurées ou que vos joues n&#8217;aient pas éclatées sous la pression. Et vlan, il met un truc en plastique (bleu, c&#8217;est beau le bleu) qui vient coincer votre langue et qui vous fait un mal de chien parce-que ça appuie sur vos gencives inférieures intérieures. De là, un long tuyau aspirant récupère votre bave (j&#8217;ai découvert que j&#8217;avais beaucoup plus de bave que l&#8217;on n&#8217;aurait pu le croire ce jour là) dans un bruit de tractopelle. Et vous avez mal, et presque vous vous noyez dans vos sécrétions, et votre langue est super sèche, et quand vous voulez l&#8217;hydrater y&#8217;a le tuyau qui se bouche et ça fait &laquo;&nbsp;Pshshshhchhshh&nbsp;&raquo;, et cette connasse d&#8217;orthodontiste qui te dit &laquo;&nbsp;OUVRE LA BOUUUUCHE PLUS GRAND !&nbsp;&raquo;. J&#8217;ai arrêté de compter le nombre de fois où j&#8217;étais sur le point de l&#8217;assassiner à partir de la trente-deuxième.</p>
<p>Et vous repensez à cette revue de merde posée sur la table basse de cette salle d&#8217;attente aseptisée, &laquo;&nbsp;Parents, que faire pour survivre à des ados dangereux&nbsp;&raquo;, et vous comprenez que oui, un ado c&#8217;est dangereux. Vous vous demandez si ça vient des jeux vidéos, si c&#8217;est l&#8217;influence des 65% de 12-15 ans qui pratiquent couramment le cunillingus et la fellation ou si c&#8217;est le monde virtuel qui vous entoure qui vous fait cultiver de si noirs desseins.</p>
<p>Vous rêvez de vous emparer de cette perceuse à l&#8217;embout tournant pour crever une pupille, peut-être deux. Vous rêvez de cracher sur son crâne toute cette eau dégueulasse qu&#8217;elle a balancé avec son karcher dans votre pauvre orifice buccal qui ne s&#8217;en remettra plus. Vous rêvez, encore, oui ! Vous rêvez de foutre des claques, de casser une jambe. Vous voulez rigoler en l&#8217;imaginant mourir dans d&#8217;atroces souffrances, mais vous pouvez pas parce-que sinon vous vous étouffez et que vous vous faites engueuler &laquo;&nbsp;OUVRE LA BOUCHE, OUVRE LA BOUCHE SINON JE TE TRANSPERCE LE PALET AVEC MA MOISSONEUSE BATTEUSE&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Je méprise les orthodontistes.</p>
<hr />
<p><small>© Araen for <a href="http://www.antithese.fr">Antithese</a>, 2009. |
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		<title>[Chronique de la Tante Micheline] Je n&#8217;aurai pas droit au buffet.</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Sep 2009 19:42:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Araen</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Qu’est-ce que je pouvais m’emmerder. C’est fou ce que les enterrements sont chiants, celui là encore plus que les autres. Debout, plantés comme de sombres piquets dans l’herbe fraiche et mouillée du cimetière. Les parapluies s’étaient ouverts et on aurait pu dire avec délicatesse qu’ils avaient éclos un peu comme les jonquilles s’ouvrent quand le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Qu’est-ce que je pouvais m’emmerder. C’est fou ce que les enterrements sont chiants, celui là encore plus que les autres. Debout, plantés comme de sombres piquets dans l’herbe fraiche et mouillée du cimetière. Les parapluies s’étaient ouverts et on aurait pu dire avec délicatesse qu’ils avaient éclos un peu comme les jonquilles s’ouvrent quand le printemps arrive. Mais les parapluies ne sont pas intéressants, ils sont juste là, et ils sont rarement jaunes. Je n’en avais pas pris, bien que j’en aie deux chez moi ; l’un était gris, l’autre était noir. Et ceux que j’apercevais par delà mon chapeau étaient tous aussi sombres. Sauf un. Une femme avait un parapluie blanc, mais le manche était noir. Je ne l’aimais pas vraiment, cette femme. Et bien que ce fût la mienne, elle ne m’aimait pas vraiment non plus.</p>
<p>Il pleuvait des cordes depuis que nous étions là, les gouttes venaient frapper ces mêmes parapluies dans un bruit de froissement continu. En plus il faisait froid, puis je m’emmerdais. Tiens, merde, si je me cassais ? Non, je ne peux pas. Ca n’aurait pas été correct. Je dois dire que je n’ai jamais versé de larmes pour un proche disparu. Quand ma mère est morte, je me suis habillé de noir. Je crois que c’est ce que l’on fait quand on est en deuil. J’ai ainsi enfilé un costume jusqu’à la date de son enterrement, date à laquelle j’ai fait un éloge sans offrir ne serait-ce qu’un pleur. Aucun chatouillis sur ma joue rugueuse, aucun frisson le long de ma colonne vertébrale, pas de tremblements dans la voix. Rien. Elle était morte, tant pis.</p>
<p>Aujourd’hui, je ne rajustais pas mes lunettes sur le haut de mon nez pour mieux contempler le désespoir, elles gisaient grassement, inutiles, dans leur étui, sur ma table de chevet, à côté de ma Bible. Je ne croyais pas en Dieu, je n’ai jamais cru en Dieu, peut-être que j’aurais dû. Je devrais. Je suis peut-être trop vieux pour commencer, je ne sais pas. C&#8217;est d&#8217;ailleurs peut-être déjà trop tard.</p>
<p>Non loin de moi, un homme d’une cinquantaine d’années, la calvitie prononcée et le manteau usé, avait le regard dans le vague et la canne posée sur son bras replié. En tournant légèrement la tête, je pouvais entrevoir un adolescent à l’allure florissante et à l’âge magnifique rajuster ses épais cheveux noirs. Sa cravate partait se morfondre à l’intérieur de son gilet, il serrait contre lui une jeune fille effondrée. Ensemble, ils s’abritaient sous le même parapluie gris.</p>
<p>Nous devions être une vingtaine de privilégiés, moi plus que les autres, placés ici sous le tonnerre et les éclairs. Je baillais presque et commençais à être un peu engourdi. C’est bientôt fini ? Non ? Merde. Que de pleurs chatoyants et de complaintes déchirantes !  Il y a une certaine ironie à pleurer quand il pleut. La mise en abîme est très classe. Je n’en avais strictement plus rien à foutre aujourd’hui, mais ça n’enlevait rien au charme de la poésie. Et puis franchement, je fustige ceux qui m’ont forcé à venir ici. Les rares fois où je me suis rendu à des évènements de ce type, c’était pour profiter du buffet posthume. Oui, j’aime beaucoup qualifier ces buffets de posthumes, cela me plait. Et bien figurez-vous qu’aujourd’hui, comble de misère sadique, je ne pourrai y assister. Je ruminais intérieurement.</p>
<p>Et le vent sifflait bruyamment parmi les arbres aux branches mortifères. Les roses n’étaient pas belles, les oiseaux étaient bien crevés les pattes en l’air. Et la pluie cognait et frappait, elle crachait sur les façades mornes de la cathédrale émergeante au loin. Le tonnerre fouettait, les éclairs martelaient, tout autour de moi faisait plus de fracas que les cœurs réunis de deux amants trop longtemps séparés.</p>
<p>Puis les enterrements, ça m’a toujours bien fait marrer moi. On est tous là, à chaque fois, pour pleurer quelqu’un qui ne soucie absolument plus de vous puisque qu’il est mort. Mort, ma foi, ça se comprend non ? Pensez bien que d’ici quelques semaines, son visage tombera en lambeaux de peau putride qui iront bien vite réjouir les asticots affamés. Buffet posthume. Son corps boursouflé de pustules odorantes moisira dans la terre, son costume trois pièces sera déchiqueté tandis que son cercueil tentera de résister aux supplices du temps qui passe. Moi, je voulais me faire incinérer. On aurait jeté mes cendres dans la mer, alors que le soleil serait venu heurter de ses tendres lèvres écarlates l’horizon lisse et opaque d’un océan tumultueux. Et j’aurais couru sur la houle, caressant par l’esprit les embruns écumeux. Mais non, ils avaient décidé de m’enterrer.</p>
<p>Je n’entendis même plus le souffle de Dieu qui faisait tanguer les voiles quand ils fermèrent mon cercueil en bois d’ébène. Les crevards partaient sans doute au buffet, sans moi. Bande d’enfoirés.</p>
<hr />
<p><small>© Araen for <a href="http://www.antithese.fr">Antithese</a>, 2009. |
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		<title>[Chroniques de la Tante Micheline] Petit lexique des soldes estivales</title>
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		<pubDate>Mon, 03 Aug 2009 21:40:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Araen</dc:creator>
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		<description><![CDATA[En ces obscurs temps de soldes, où les ménagères en chaleur crapahutent au sein même des magasins essoufflés dont la circulation est aussi importante que les va-et-viens incessants subis par la partie sous-ombilicale de Clara Morgane, il est nécessaire d&#8217;avoir quelques notions (certes abstraites, mais nécessaires, je confirme) quant au déroulement hétéroclite de ces achats [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_1927" class="wp-caption aligncenter" style="width: 560px"><a href="http://www.antithese.fr/wp-content/uploads/2009/08/soldes.png"><img class="size-full wp-image-1927" title="Soldes" src="http://www.antithese.fr/wp-content/uploads/2009/08/soldes.png" alt="Les soldes pour les nuls." width="550" height="157" /></a><p class="wp-caption-text">Les soldes pour les nuls.</p></div>
<p>En ces obscurs temps de soldes, où les ménagères en chaleur crapahutent au sein même des magasins essoufflés dont la circulation est aussi importante que les va-et-viens incessants subis par la partie sous-ombilicale de Clara Morgane, il est nécessaire d&#8217;avoir quelques notions (certes abstraites, mais nécessaires, je confirme) quant au déroulement hétéroclite de ces achats compulsifs. Il se trouve que je suis là pour vous aider dans cette quête de la paire de chaussette en soie rose à -70%.</p>
<p><strong>1. La relou qui est plus rapide que vous. On l&#8217;appelle aussi &laquo;&nbsp;la salope des soldes&nbsp;&raquo;.</strong></p>
<p><em>(Ouh, le vilain, il dit des gros mots sur son blogue)</em> Sachez que quand vous faîtes les soldes, environ <strong>60 autres millions de personnes (moins une) font de même</strong>. Sauf si bien sûr l&#8217;on exclut les sans domicile fixe, les enfants de moins de 13 ans et les mamies radines. Ce qui nous laisse approximativement <strong>41.3% de la population française</strong> s&#8217;abaissant à acheter au rabais. Oui, à peu près, mais je vous met au défi de me prouver le contraire.</p>
<p>Si l&#8217;on continue notre démarche (totalement inutile car absolument anarchique) et que l&#8217;on définit arbitrairement que 55 % des français sont des femmes, <strong>19 239 000 <em>women</em> (comme disent les anglophones) font les soldes</strong>. De même, si l&#8217;on divise la France en 100 (parce-que y&#8217;a 100 départements), il y aurait dont 192 390 femmes par département. 35% d&#8217;entre elles sont de vraies garces, <strong>il y a 19 240 pétasses dans votre département</strong>. <em>CQFD</em>. Selon que vous habitiez une petite ville ou une grande ville, vous vous débrouillez pour la suite.</p>
<p>Il y a donc de forte chance pour que vous fassiez piquer l&#8217;article que vous recherchez. Même si c&#8217;est un casque de moto. Pour contre-attaquer, prenez avec vous des boules puantes ou une bombe lacrymogène de force 18.</p>
<div id="attachment_1929" class="wp-caption aligncenter" style="width: 273px"><a href="http://www.antithese.fr/wp-content/uploads/2009/08/bagarre_fille.jpg"><img class="size-full wp-image-1929 " title="Bagarre de filles pendant les soldes" src="http://www.antithese.fr/wp-content/uploads/2009/08/bagarre_fille.jpg" alt="Voilà qui illustre mes propos." width="263" height="350" /></a><p class="wp-caption-text">Voilà qui illustre mes propos.</p></div>
<p>(...)<br/>Lire la suite : <a href="http://www.antithese.fr/chroniques-de-la-tante-micheline-petit-lexique-des-soldes-estivales/">[Chroniques de la Tante Micheline] Petit lexique des soldes estivales</a> (745 words)</p>
<hr />
<p><small>© Araen for <a href="http://www.antithese.fr">Antithese</a>, 2009. |
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		<title>[Chroniques de la tante Micheline] Ce soir il pleut.</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Jun 2009 14:31:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Araen</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecriture]]></category>
		<category><![CDATA[chroniques]]></category>

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		<description><![CDATA[Vous savez, j&#8217;aime la pluie. Ce soir il pleut. Les gouttes argentées claquent contre mes fenêtres, au sol, les flaques se forment. Demain, les voitures rouleront dedans et balanceront sur le trottoir la flotte crasseuse. Demain, les enfants sauteront à pieds joints dans la boue, moi, demain, j&#8217;aurai la tête posée contre la fenêtre, une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Vous savez, j&#8217;aime la pluie. Ce soir il pleut. Les gouttes argentées claquent contre mes fenêtres, au sol, les flaques se forment. Demain, les voitures rouleront dedans et balanceront sur le trottoir la flotte crasseuse. Demain, les enfants sauteront à pieds joints dans la boue, moi, demain, j&#8217;aurai la tête posée contre la fenêtre, une tasse à la main et les yeux tourmentés.</p>
<p>Je regarderai sûrement les nuages crémeux qui moutonnent à l&#8217;horizon, les feuilles mortes qui jonchent le sol et qui offrent aux pavés des reflets orangés. Ce lampadaire, seul, sera toujours là. Il n&#8217;est pas droit ; il est cassé. L&#8217;ampoule ne s&#8217;allume plus, la peinture verte est caillée par endroit. La boule de verre qui le surmonte est brisée, les éclats gisent au sol. Et puis à y regarder de plus près, il n&#8217;y a plus d&#8217;ampoule. Mais il restera là, fier et blessé, un peu comme la poubelle d&#8217;acier qui se serait renversée dans la nuit. Elle est verte aussi, cette couleur doit porter la poisse.</p>
<p>Au loin, sous la pluie qui bat, Monsieur porte un chapeau décousu. Il était assis sur un banc marqué de tipex avant que l&#8217;averse arrive. Sa canne d&#8217;ébène était posée à côté de lui et, tandis que la nuit tombait, il n&#8217;avait pas de lumière pour éclairer sa peau blême, pour pouvoir regarder autour de lui les rideaux de fers des magasins de souvenirs. Non, le lampadaire est cassé.  La mer est agitée, elle devient d&#8217;encre, et le pêcheur aux mains rugueuses envisage, à l&#8217;intérieur de sa cabine miteuse, de remonter l&#8217;ancre maintenant. Le vent siffle et souffle, souffre et pouffe. Les chicots du vieillard se chicanent. Il est tard.</p>
<p>Je ne fume pas tu sais. J&#8217;aurais pu souffler ma fumée et donner un coup dans l&#8217;air, j&#8217;aurais pu niquer mes poumons. J&#8217;aurais pu souffler en l&#8217;air, la fumée brille à la lumière, un peu comme la lune quand il pleut. Ce soir, il n&#8217;y a pas de lune, les nuages sont noirs tu sais.</p>
<p>Il pleut. Il n&#8217;y a rien de plus triste qu&#8217;une nuit sans lune. Du coup, la nuit est noire : il n&#8217;y a plus de lampadaire, Monsieur a presque disparu de mon champ de vision.  Je remarque que de la buée s&#8217;est déposée sur ma vitre froide ; je dessine un cœur. Je ne sais pas pourquoi, j&#8217;ai toujours dessiné des cœurs quand j&#8217;apercevais de la buée au détour d&#8217;une fenêtre. Pas vous ? Non ? C&#8217;est un tort, vous devriez.</p>
<p>Les lames du vent parcourent les larmes du temps, je ne pleure pas. Et vous ? Non ? C&#8217;est un tort, vous devriez. Quand des larmes perlent sur votre joue rugueuse en déposant derrière elle une trainée de sel blanchâtre, quand la larme vient se loger dans la commissure de vos lèvres en y déposant un goût salé, l&#8217;on se sent soudain moins seul. Ma plume est essoufflée, mon palpitant est fatigué. Monsieur est mort, dehors il fait froid. En plus, il fait noir.</p>
<p>Hier soir il pleuvait. Vous savez, j&#8217;aime la pluie. Ce soir, il ne pleut plus. La lune est noire, il n&#8217;y a rien de plus triste qu&#8217;une nuit sans lune.</p>
<hr />
<p><small>© Araen for <a href="http://www.antithese.fr">Antithese</a>, 2009. |
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		<title>[Les Chroniques de la Tante Micheline] Le misogyne</title>
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		<pubDate>Sun, 14 Jun 2009 20:02:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Araen</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Putain !&#160;&#187;, crie le misogyne primaire dans un excès de colère foudroyante. Voyez-vous très cher (un peu comme les appareils apple, cessons de nous voiler la face), je peux comprendre cette attitude hostile dont les femmes – nos femmes – sont les tendres victimes. Même si je préfère employer le moins vulgaire (mais tout aussi [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&laquo;&nbsp;Putain !&nbsp;&raquo;, crie le misogyne primaire dans un excès de colère foudroyante. Voyez-vous très cher (un peu comme les appareils apple, cessons de nous voiler la face), je peux comprendre cette attitude hostile dont les femmes – nos femmes – sont les tendres victimes. Même si je préfère employer le moins vulgaire (mais tout aussi expressif) &laquo;&nbsp;secrétaire de direction&nbsp;&raquo;, il n&#8217;en reste pas moins que la gente féminine ne l&#8217;a pas volé.</p>
<p>Prenons les faits ! Alors que la sainte journée avait suivi son cours aux effluves indélicates (voyez-vous, Paris, la journée, c&#8217;est un ensemble de relents vomitifs pour le moins peu appétissants), le soleil laissait place à la nuit qui enrobait de son délicieux foulard de velours noir les quelques réverbères défoncés du boulevard St Germain. La lumière grésillait, mon souffle froid léchait la fenêtre sur laquelle s&#8217;était vite déposée une couche de buée opaque. Je pouvais apercevoir, baignée dans un flou argenté, le croissant de lune qui n&#8217;éclairait qu&#8217;à peine plus la route qu&#8217;un de ces fameux réverbères incompétents. C&#8217;est bien des fonctionnaires.</p>
<p>À cette heure ci, le monde s&#8217;endort et les chats myopes se lovent tendrement sur le patchwork de la vieille sorcière habitant l&#8217;antique demeure au coin de l&#8217;avenue Foch. Avant de s&#8217;endormir, elle n&#8217;a pas allumé le chauffage à pétrole, sa main est froide. Très vite, le chat aux poils roux part se coucher dans le tiroir aux petites culottes qui était resté ouvert ; c&#8217;est mauvais signe : quand le chat n&#8217;est plus sur mémé, c&#8217;est que mémé n&#8217;est plus. Mais il y a plus important, à cette heure de la nuit, où quelques télés osent avec insolence balancer des nouvelles infanticides avec autant de passion qu&#8217;un autiste enrhumé.</p>
<p>Les titres s&#8217;enchainent tandis que monsieur Jourdain s&#8217;est endormi le sexe à la main devant un film qui a laissé place aux informations. Évidemment, cela n&#8217;intéresse pas monsieur Jourdain. Depuis que madame Jourdain est partie, monsieur Jourdain n&#8217;est plus intéressé par rien, il finira par mourir d&#8217;un orgasme mal calculé quelques mois plus tard, dans un des hôtels miteux de Bangkok. Mais les infos se fichent bien de lui.</p>
<p>&laquo;&nbsp;C&#8217;est un monstre !&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;Courjault congèle ses bébés à côté des courgettes&nbsp;&raquo; (<em>Charlie Hebdo n&#8217;aurait peut-être pas osé</em>), &laquo;&nbsp;Une mère congèle ses progénitures entre le poulet et le brocolis&nbsp;&raquo;. Ces titres énoncés par la stagiaire du journal expriment ici un désarroi profond de la population tout entière. Le peuple n&#8217;a plus les moyens de se payer des brocolis surgelés marque repère (qui sont en moyenne moins chers chez Leclerc). Et puis je me souviens des prédictions alarmantes de spécialistes annonçant massivement la rudesse d&#8217;un hiver prochain. Les artriteux confus des maisons de retraite aux infirmières psychopates n&#8217;auraient pas été épargnés, il fallait bien faire des provisions. Puis s&#8217;ils étaient morts-nés, ces pauvres enfants aux joues roses et au nez rond, raison de plus. On ne joue pas avec la nourriture (j&#8217;espère qu&#8217;elle a pensé à garder le placenta). Mais bon, suite à cette explication illustrée, on peut mieux comprendre le &laquo;&nbsp;putain !&nbsp;&raquo; angoissant qui signe une misogynie profonde et les deux millions de cas de femmes battues chaque année.</p>
<p>Parce-que nous aussi, hommes, nous sommes traumatisés par ces femmes qui ne savent plus faire le repassage et dont la nourriture est aussi bonne qu&#8217;une boîte de cassoulet périmé deuis le débarquement de Normandie – au moins. De ce fait, je reste célibataire.</p>
<hr />
<p><small>© Araen for <a href="http://www.antithese.fr">Antithese</a>, 2009. |
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		<title>[Chroniques de la Tante Micheline] Je n&#8217;aime pas les jeunes.</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Jun 2009 15:42:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Araen</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je n&#8217;aime pas vraiment la jeunesse, vous savez. Ces jeunes filles augmentées de trente centimètres par la sournoiserie exhibitionniste de leurs talons aiguilles, dont la beauté souvent incroyable n&#8217;attirerait même pas un Marc Dutroux dans les parages. Et comme disait l&#8217;autre, quand le footballeur décérébré marque du pied, le pédophile, bien plus imaginatif et tout [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je n&#8217;aime pas vraiment la jeunesse, vous savez. Ces jeunes filles augmentées de trente centimètres par la sournoiserie exhibitionniste de leurs talons aiguilles, dont la beauté souvent incroyable n&#8217;attirerait même pas un Marc Dutroux dans les parages. Et comme disait l&#8217;autre, quand le footballeur décérébré marque du pied, le pédophile, bien plus imaginatif et tout en subtilité, Marc Dutroux.</p>
<p>Les jeunes (que je serais tenté d&#8217;appeler personnes à mobilité intellectuelle réduite tant un titre spécial devrait leur être attribué, la place de parking allant avec puisque le jeune ne veut pas avoir à faire plus d&#8217;une vingtaine de mètres pour acheter son paquet de clopes), les jeunes. Je met un point ici, sinon ma phrase devenait trop longue et les milliers d&#8217;adolescents qui ne me lisent pas n&#8217;auraient jamais eu l&#8217;occasion de ne pas me comprendre. C&#8217;eut-ce pu être un drame funeste.</p>
<p>La jeunesse, en fait, ne vit que pour se faire remarquer, pour parasiter de son acné sirupeuse la société actuelle qui déjà va mal. Mais ne soyons pas les infâmes vipères qui crachent leur ignoble venin sur un groupe social minoritaire, ce ne ferait qu&#8217;accentuer cette discrimination scandaleuse vis-à-vis d&#8217;une ethnie étrangère. Car oui, la jeunesse est une ethnie étrangère.</p>
<p>L&#8217;été, alors que les oiseaux chantent, que la mer va et vient au creux des rochers (pour plus de simplicité, l&#8217;action se passe sur les côtes maritimes du Sud-Est), que cette douce brise estivale caresse avec parcimonie (doit-on préciser que Parcimonie n&#8217;est pas une jeune fille ?) les raides brins d&#8217;herbes agités par des nuées d&#8217;insectes myrmécéens, que le prof ignorant a installé des ventilateurs rafraichissant un peu partout dans la classe et entreposé à côté de la porte une pile de bouteilles d&#8217;eau afin de favoriser les conditions de travail de ses élèves en cette fin d&#8217;année, la jeunesse (que je ne qualifie pas d&#8217;ahurie car, comme chacun doit le savoir, le pléonasme est une erreur grammaticale qui m&#8217;effraie) glande allongée par terre si parc à proximité il y a, ou vagabonde au sein d&#8217;une ville enfumée, slalomant entre les magasins avec un mouvement oculaire effrayant, dont l&#8217;expression glauque ne peut que me rappeler avec délice le regard bovin que jette une vache sur un pissenlit tout juste sorti de terre après un hiver rugueux. N&#8217;est-ce pas fantastique ?</p>
<p>La bouche ouverte et le rectum serré, ce mammifère à poils courts n&#8217;a pour seule vocation celle de contempler avec stupeur ses contemporains, sur lesquels il lance sans peine des éclats de lumière crasseux, eux-mêmes qui sont venus se réfléchir avec dégoût sur l&#8217;épaisse chevelure de l&#8217;animal suintant dont le sébum dégouline avec paresse sur sa peau pustuleuse et parsemée de furoncles aussi gros que le ventre bombé d&#8217;une blatte goulue. Le pré-pubère souffre, néanmoins.</p>
<p>Son activité hormonale, qui est toute aussi inexplicable que les audiences scandaleuses de la Star Academy (quoi que, il faut aller chercher du côté du QI moyen des français), lui fait désirer le premier mustelidé enragé qui se retrouvera bien vite avec le regard crémeux typique des orgies parisiennes du XVIIIe siècle. Ceci entrainant cela, son esprit dérangé le poussera à se rendre, et c&#8217;est son rôle de mâle, dans les quartiers les plus malfamés de sa banlieue, où le seul moyen de lire Proust par ces nuits sans étoiles est de brûler les bagnoles cabossées qui se reposent le cul à moitié sur le trottoir. Les sens aiguisés et le dos arc-bouté, il cherchera quelques furets bien graisseux qui présentent un orifice suffisamment béant.</p>
<p>Après l&#8217;agression pour le moins mouvementée que l&#8217;adolescent au sourire ferroviaire a subit entre le bâtiment C et le bâtiment D, la seule consolation qu&#8217;il aurait pu espérer trouver ici pour assouvir ses désirs les moins avouables ne subsiste qu&#8217;une patte mutilée dont la tribu maître du territoire ne tardera pas à s&#8217;emparer.</p>
<p>L&#8217;adolescente moyenne, quant à elle, préférera de loin se badigeonner les lèvres de graisse de cétacés, qui ne seraient plus en voie de disparition si elle avait donné son corps aux instituts cosmétiques. Sauvez les baleines, donnez votre graisse. L&#8217;appel est lancé.</p>
<p>Non, définitivement, je n&#8217;aime pas les jeunes.</p>
<hr />
<p><small>© Araen for <a href="http://www.antithese.fr">Antithese</a>, 2009. |
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		<title>Journal : Apocalypse, jour cinquième</title>
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		<pubDate>Wed, 06 May 2009 19:35:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Araen</dc:creator>
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		<description><![CDATA[(Voir premier jour, deuxième jour, troisième jour, quatrième jour) &#171;&#160;Dieu dit : Que les eaux produisent en abondance des animaux vivants, et que des oiseaux volent sur la terre vers l&#8217;étendue du ciel. Dieu créa les grands poissons et tous les animaux vivants qui se meuvent, et que les eaux produisirent en abondance selon leur espèce ; il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>(Voir <a href="http://www.antithese.fr/journal-apocalypse-jour-premier/">premier jour</a>, <a href="http://www.antithese.fr/journal-apocalypse-jour-deuxieme/">deuxième jour,</a> <a href="http://www.antithese.fr/journal-apocalypse-jour-troisieme/">troisième jour</a>, <a href="http://www.antithese.fr/journal-apocalypse-jour-quatrieme/">quatrième jour</a>)</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Dieu dit : Que les eaux produisent en abondance des animaux vivants, et que des oiseaux volent sur la terre vers l&#8217;étendue du ciel. Dieu créa les grands poissons et tous les animaux vivants qui se meuvent, et que les eaux produisirent en abondance selon leur espèce ; il créa aussi tout oiseau ailé selon son espèce. Dieu vit que cela était bon. Dieu les bénit, en disant : Soyez féconds, multipliez, et remplissez les eaux des mers ; et que les oiseaux multiplient sur la terre. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le cinquième jour.</em></p>
<p><em>Dans le royaume onirique, elle dansait dans un cercle de lumière, pieds nus et gorge déployée. Sa disparition n&#8217;empêcha pas la vie de reprendre son cours et les combats de continuer. L&#8217;épidémie américaine qui avait touchée quelques personnes en France s&#8217;était propagée à cause des conditions sanitaires dont je parlais récemment. Les taux de décès dans les hôpitaux insalubres explosaient, les malades aussi. Le virus H1N1 avait muté en une nouvelle souche totalement différente qui faisait exploser les cellules du corps à une vitesse incroyable. Il suffisait de quelques heures pour que des pustules aient envahi l&#8217;épiderme du malade et pour que s&#8217;ensuive la mort de ce dernier.</em></p>
<p><em>Se propageant par un contact, les malades survivant furent mis-en-quarantaine, où ils prirent des traitements qui les maintenaient en vie dans un état de demie-somnolence, entre la vie et la mort. La situation était telle depuis quelques semaines, si bien qu&#8217;on avait commencé à l&#8217;oublier de part une baisse considérable de la population contaminée. Mais aujourd&#8217;hui j&#8217;en reparle, et j&#8217;ai peur.</em></p>
<p><em>J&#8217;ai bien pensé à aller rejoindre Julie, quitter une bataille que je croyais perdue quand l&#8217;espoir m&#8217;avait quitté. Mais le temps ne s&#8217;offrait pas à moi et je n&#8217;avais même pas le loisir de pleurer sa mort. Non, il nous fallait nous isoler. J&#8217;étais sorti hors de Berlin avec 4 autres personnes, afin de ne pas être trop exposé. Nous étions dans une sorte de grange abandonnée, seuls avec les quelques provisions en boites que l&#8217;on avait apportées avec nous.</em></p>
<p><em>Ce sont les poissons qui ont commencé à être contaminés. Des pêcheurs avaient attrapé dans leurs filets des centaines d&#8217;espèces présentant des sortes de protubérances sous les écailles luisantes. Tout le résultat de la pêche fut jeté, une semaine plus tard tout l&#8217;équipage (trois hommes et une femme d&#8217;une quarantaine d&#8217;années) était décédé. Ils avaient été trouvés séparément, présentant les mêmes caractéristiques que les malades atteints par le virus. Cela s&#8217;était passé il y a environ une semaine, les journaux avaient relayés l&#8217;information, déclenchant une vague de panique au sein de l&#8217;Allemagne qui s&#8217;était rapidement apaisée.</em></p>
<p><em>Puis fleurirent comme des roses au printemps les nouveaux cas, en France, en Italie, en Grèce, puis en Angleterre, au Danemark, et aux Etats-Unis. Les poissons ne connaissent de frontières que les océans. Et quand les oiseaux s&#8217;y mirent, lâchant des fientes toxiques sur un peuple qui était décimé, je pense que nous avons tous compris que c&#8217;était fini. Qui s&#8217;en sortirait ? Entre une guerre qui n&#8217;avait d&#8217;ampleur égale que la seconde guerre mondiale et une pandémie comparable à la peste noire, que pouvons-nous faire ? Ce matin, les combats cessèrent, une trêve fut instaurée entre pays afin de résoudre au préalable ce problème plus important alors.</em></p>
<p><em>Il y eut un soir, il y eut un matin, les animaux que Dieu avait vus bons étaient en train de détruire les Hommes. Ce fut le cinquième jour.&nbsp;&raquo;</em></p>
<hr />
<p><small>© Araen for <a href="http://www.antithese.fr">Antithese</a>, 2009. |
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		<title>Journal : Apocalypse, jour quatrième</title>
		<link>http://www.antithese.fr/journal-apocalypse-jour-quatrieme/</link>
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		<pubDate>Tue, 05 May 2009 20:32:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Araen</dc:creator>
				<category><![CDATA[Antithese]]></category>
		<category><![CDATA[Ecriture]]></category>
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		<description><![CDATA[(Voir premier jour, deuxième jour, troisième jour) &#171;&#160;Julie était vraiment jolie. Dommage que je n&#8217;eus pu qu&#8217;apposer sur ses lèvres un seul baiser, l&#8217;unique, l&#8217;ultime car le dernier. Nous étions sorti ce matin pour boire un café par cette journée particulièrement calme. Pas de bruit d&#8217;explosions ou autres coups de feu, juste le calme, quelques oiseaux cachés [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>(Voir <a href="http://www.antithese.fr/journal-apocalypse-jour-premier/">premier jour</a>, <a href="http://www.antithese.fr/journal-apocalypse-jour-deuxieme/">deuxième jour,</a> <a href="http://www.antithese.fr/journal-apocalypse-jour-troisieme/">troisième jour</a>)</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Julie était vraiment jolie. Dommage que je n&#8217;eus pu qu&#8217;apposer sur ses lèvres un seul baiser, l&#8217;unique, l&#8217;ultime car le dernier. Nous étions sorti ce matin pour boire un café par cette journée particulièrement calme. Pas de bruit d&#8217;explosions ou autres coups de feu, juste le calme, quelques oiseaux cachés dans les branches d&#8217;un marronnier, et nous deux assis sur des chaises en fer forgé.</em></p>
<p><em>Nous avions roulé la nuit entière pour arriver à Berlin dès l&#8217;aube. Les détours furent nombreux avant de sortir du territoire, la circulation se fluidifiant dès notre arrivée en Allemagne. J&#8217;avais alors oublié le délicieux vernis d&#8217;une vie sans écorchures. Mon Dieu, les bruits urbains courants de Berlin au petit matin me semblait bien flous et tendres par rapport à l&#8217;actuel quotidien français. L&#8217;air était frais, la fraicheur était pure. J&#8217;ai revu le soleil se lever ce matin.</em></p>
<p><em>Nous discutions, insouciants. Je regardais le vert de ses yeux et la pulpe de ses lèvres, elle regardait en l&#8217;air un nuage de mousse. J’étais apaisé par ces quelques<span> cirrus</span> qui y trainaient, comme si un peintre avait commencé une toile et l’avait laissée inachevée, ne trouvant plus le courage ni la force de continuer à peindre. Puis des petits points au loin étaient apparus. Un vol d&#8217;oiseaux sans doute. Et puis les points grossirent, un bourdonnement se fit remarquer. Et des sortes d&#8217;obus furent lâchés dans la ville. Les oiseaux s&#8217;envolèrent dans un battements d&#8217;ailes, la terre se mit à trembler sous mes pieds.</em></p>
<p><em>Nous nous sommes levés, bien que mes souvenirs soient flous. Peut-être avions-nous couru, peut-être nous étions nous cachés, je ne sais pas, je lui tenais la main. Emportée par la panique, elle s&#8217;éloigna de moi, juste assez pour que sa tête explose, et avec elle une dizaine de personnes. J&#8217;ai eu le temps de voir cette fumée noire qui courait derrière l&#8217;obus, d&#8217;entendre ce sifflement de flèche qui transperce l&#8217;air, de voir la tête du missile éclater sur le sol. Le feu s&#8217;envola au-dessus de moi, déjà la première larme perlait sur ma joue rugueuse. Des volutes de flammes, une chaleur caressante, une beauté terrible qui l&#8217;avait conduite à sa perte. La cuillère que je tenais dans ma main tomba par terre. Je n&#8217;entendis même pas le choc entre l&#8217;inox et le goudron.</em></p>
<p><em>Tout autour de moi sifflaient les balles d&#8217;argent, les missiles. J&#8217;étais immobile, mes yeux n&#8217;avaient pas bougé et regardaient encore cette bulle qui rétrécissait comme un poumon se consume. J&#8217;avais perdu mon âme, j&#8217;avais perdu mon cœur.</em></p>
<p><em>Le feu cessa, je fus seul encore debout. Les gens étaient agenouillés contre des voitures, d&#8217;autres protégeaient leur tête de leur bras fragiles. J&#8217;avais envie de courir, de partir, de pleurer, de mourir aussi. Je me serai envolé dans les cieux pour récupérer son esprit encore bouillant, j&#8217;aurais plongé dans la terre pour extirper de l&#8217;enfer sa blonde chevelure.</em></p>
<p><em>Je n&#8217;eus pas le temps de la pleurer, de m&#8217;asseoir à terre à côté de ce qu&#8217;il restait d&#8217;elle. Tout s&#8217;était passé en quelques secondes, je me mis à courir, loin, dans les rues de Berlin. Arrivé à l&#8217;hôtel, je repartis pour le quartier général qui se trouvait dans une pièce aménagée spécialement au-dessus d&#8217;un pub. Elle accueillait facilement plusieurs centaines de personnes. Les nouvelles allaient bon train, ça parlait, ça s&#8217;offusquait, ça s&#8217;indignait. Un téléphone sonna et un voix s&#8217;éleva plus tard en criant &laquo;&nbsp;L&#8217;Angleterre a riposté, Paris attaqué, la tour Eiffel renversée, le Sacré-Coeur détruit&nbsp;&raquo;. Quoi ? Quoi&#8230;</em></p>
<p><em>Il sembla que la Russie allait porter main forte à la France, pour une raison obscure que nos spécialistes décrirent comme une prévision des révoltes populaires, ne voulant pas subir à nouveau la crise de 1918 à 1921, et par la même occasion l&#8217;apaisement du peuple de part une prise de position. Les alliances se créaient à nouveau. Mais nous étions là pour les affronter.</em></p>
<p><em>Le ciel était sans étoile cette nuit. Ce fut le quatrième jour.&nbsp;&raquo;</em></p>
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<p><small>© Araen for <a href="http://www.antithese.fr">Antithese</a>, 2009. |
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		<title>Journal : Apocalypse, jour troisième</title>
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		<pubDate>Mon, 04 May 2009 16:46:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Araen</dc:creator>
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		<description><![CDATA[(Voir premier jour, deuxième jour) &#171;&#160;Peut-être pour m&#8217;asseoir sur un banc, lever la tête et entendre craquer mon cou pour regarder dans un déchirement ce ciel qui n&#8217;était plus que le substitut d&#8217;un souvenir passé. Peut-être que des milliers de notes de musiques s&#8217;envoleraient dans l&#8217;espace, faisant rire les oiseaux qui, de leur chant caressant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>(Voir <a href="http://www.antithese.fr/journal-apocalypse-jour-premier/">premier jour</a>, <a href="http://www.antithese.fr/journal-apocalypse-jour-deuxieme/">deuxième jour</a>)</p>
<p>&laquo;&nbsp;<em>Peut-être pour m&#8217;asseoir sur un banc, lever la tête et entendre craquer mon cou pour regarder dans un déchirement ce ciel qui n&#8217;était plus que le substitut d&#8217;un souvenir passé. Peut-être que des milliers de notes de musiques s&#8217;envoleraient dans l&#8217;espace, faisant rire les oiseaux qui, de leur chant caressant mes épaules, répondraient en riant puis partiraient vers un arbre au loin pour se cacher dans son feuillage. Peut-être marcher dans la terre, sentir l&#8217;eau fraiche rafraichir nos pores, pouvoir sentir la force d&#8217;un vent qui nous transperce de ses mille et une lames. Pour rattraper à chaque instant les larmes du temps qui s&#8217;échappent, qui se subliment dans un éclat cristalin.</em></p>
<p><em><a href="http://www.antithese.fr/saison-1-ep-1-mes-petites-insomnies-et-moi/">Je n&#8217;avais pas dormi</a>. Peut-être parce-que j&#8217;avais trop chaud ou parce-que mon traversin était trop dur, peut-être à cause des litres de café ingurgités la veille, peut-être à cause des idées noires qui remuaient mon intellect. Peut-être parce-que j&#8217;avais seulement honte.</em></p>
<p><em>Les informations s&#8217;étaient précisées. Paris avait demandé à Londres de leur porter main-forte pour calmer la situation. Le premier ministre avait répondu que les affaires internes de notre pays ne concernaient en aucun cas le reste de l&#8217;Europe. Cela avait déclenché des tensions, le Royaume-Uni étant forcé de prendre une position sous peine d&#8217;attaques françaises sur son territoire. Ne violant pas une neutralité que lui était chère, l&#8217;île royale s&#8217;était ainsi faite agresser par des sous-marins français. La tentative fut très vite repérée, la bataille eut lieu dans le milieu aquatique. L&#8217;issue fut fatale pour la marine gouvernementale française. Et la guerre était désormais officielle.</em></p>
<p><em>Au XIe siècle, les Turcs interdirent l&#8217;entrée de Jérusalem aux Chrétiens. En réponse, le pape Urbain II organisa la première croisade, dans un but de reconquête. Mais pillant les villes, tuant les femmes et les enfants, les chevaliers du Pape furent très vite considérés comme des Barbares, si bien qu&#8217;ils se feront exterminer en Nicée. Seuls 3 000 des 25 000 hommes s&#8217;en sortirent et purent regagner le territoire Byzantin.</em></p>
<p><em>Et je ne puis m&#8217;empêcher de penser, au fil des mots et des phrases qui serpentent sur mes feuilles, à cette histoire. La France était les Barbares qui avaient pourtant comme but d&#8217;apporter de la lumière et de rectifier une injustice passée. Peut-être que les pays se plieraient dans un premier temps, mais très vite nous risquions l&#8217;extermination, tout comme les chevaliers d&#8217;Urbain II.</em></p>
<p><em>Plus rien ne serait jamais comme avant. Si la jeunesse dorée gagnait ce combat, l&#8217;intérêt collectif ou cette conscience primaire qualificative de notre espèce n&#8217;existeraient plus. Si les révolutionnaires l&#8217;emportaient, cela changerait-il radicalement ? Je voulais y croire, peut-être. Nous étions à la veille de quelque chose de grand. De terrible dans tous les cas.</em></p>
<p><em>J&#8217;avais rencontré Julie au journal. Je croisais son sourire furtif et ses centaines de boucles qui tombaient sur ses épaules. Elle avait été une des première personne à se liguer contre la loi appelée hadopi (Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la Protection des Droits sur Internet), marquant l&#8217;esprit des initiés comme la première dévience grave de nos dirigeants.</em></p>
<p><em>Cette après-midi d&#8217;été ne laissait pas transpercer les rayons du soleil, le ciel était d&#8217;un gris artificiel. A la nuit tombée, l&#8217;Italie avait déclenchée la guerre à la jeunesse dorée. Les révolutionnaires étaient conviés à partir à Berlin et à Rome, sans doute les conservateurs s&#8217;exileront en France.</em></p>
<p><em>Le troisième jour marqua l&#8217;organisation complète des affrontements qui allaient désormais se livrer ici.&nbsp;&raquo;</em></p>
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<p><small>© Araen for <a href="http://www.antithese.fr">Antithese</a>, 2009. |
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