
Il fut un temps, pas si lointain
Camarades extrémistes, intégristes religieux, gudards, manifestants décérébrées d’une opposition qui s’étiole, c’est à vous que je m’adresse.
Avec l’élection de François Hollande est arrivée dans le même temps la promesse d’un socialisme qui se voulait novateur. A une époque où 13 pays ont déjà adopté le mariage homosexuel (aussi connu sous la dénomination hypocrite « Mariage pour tous »), la France se montrait bien dans ses chaussures en élisant un président qui promettait cette réforme entérinant une bonne fois pour toute cette époque durant laquelle l’homosexualité était vue comme une maladie et était pénalisée (rappelons qu’il existe encore des pays dans lesquels elle est punissable par mort). Un texte qui se voulait joie — comme en Nouvelle-Zélande où le vote s’est fait dans l’allégresse — a dégénéré et est devenu le fer de lance d’une poignée d’intégristes prêts à tout pour se battre contre un bouleversement de ce qu’ils n’ont cessé de connaître. Car les bouleversements sont finalement des obstacles que l’humanité n’a jamais réussi à dépasser, comme la voiture, la radio et le parcmètre automatique.
Ceux qui veulent un référendum n’ont pas compris : le référendum, c’était le 6 Mai dernier, l’adoption et le mariage étaient contenus dans les promesses électorales. Mais Hollande, fort de ce succès, a laissé les choses s’envenimer jusqu’à arriver à un point de non retour. Il avait l’opinion dans sa poche, le texte aurait dû passer sans la moindre encombre (un peu comme dans tous les pays modernes qui l’ont adopté en fait). Mais il a voulu traîner, laisser les choses décanter et les opposants se radicaliser.
C’est ce climat qui a permis à une rescapée d’un système médiatique pourri jusqu’à la moelle qui cherche le sensationnel, le buzz, le bon mot bien au-dessus des idées et des faits, d’aller tapiner dans la rue auprès de BFM, iTélé, TF1 et tous ces médias putassiers qui se réjouissent très certainement de ce qui fait leurs choux gras d’audience. Mais ça y’est, Frigide Barjot existe, on connait son pull, ses cheveux de pailles, son sourire enfantin, ses émotions à la limite du foutage de gueule. Elle a bien compris comment ça marchait, Frigide. Elle voulait être cette bonne maman, celle qui câline, qui fait des bisous, et pour cela, pour protéger ses enfants, elle a accouché par son vagin intellectuel de la Manif Pour Tous, qui sur une référence qui se veut bon enfant a dégénéré en mouvement violent, groupuscule des jeunesses hitlériennes et des catholiques qui n’hésitent pas à proférer des « Je vous salue Marie » en pleine rue, à porter des croix à bout de bras et à arguer au nom d’un seigneur qu’ils veulent Amour la contre-nature de ce projet.
Le vrai visage de la manif de la honte
Voilà qui sont vos religieux. Ce sont ceux qui sans sourciller parlent d’une Taubira qui a décidé « d’assassiner les enfants du pays réel et la famille par dessus tout« , sans penser à tous ces enfants, les vrais enfants du monde réel, qui meurent tous les jours en Syrie, d’une vraie mort, parce qu’une bombe a décidé de tomber sur le tête, ou parce qu’ils ont été abandonnés par leur vraie maman et leur vrai papa qui ont dû fuir. Les mots ont un poids, et en niant les réalités du monde, c’est vous qui conduisez tant d’odos au suicide, et pas si loin, peut-être même à côté de chez vous.
Mais qui sont-ils pour venir, ces religieux moralisateurs, inculquer une morale réprobatrice qui chaque mois et chaque semaine fait des centaines de blessés sur l’autel du conservatisme (et encore) (oui, c’est le Figaro, c’est fait exprès) ? Comment argumentent-ils devant ces enfants qui sont jetés de chez eux un coup de pied au cul parce qu’ils sont pédés ? C’est ça l’amour ? Comment font-ils pour justifier les violences que chaque jour ils subissent un peu plus parce qu’ils veulent prendre la main de leur compagnon dans la rue ? Vous n’êtes rien, vous êtes fétus de paille, et plus vite vous retournerez à votre poussière originelle que vous chérissez tant, plus tôt le monde pourra entamer la guérison de ses blessures si profondes.
Mon Dieu, mon Dieu, délivrez-nous de toutes les religions !
Guy Bedos
Vous n’avez, curés, abbés, prêtes, évêques et archevêques, aucune notion de ce qu’est une famille et un amour. S’il y avait un Dieu, vous seriez bien mal partis pour rentrer dans le Paradis. Mais qu’importe après tout, puisque vous êtes tellement opposés à la société moderne que vous n’avez aucune crédibilité. Voyons par exemple un chef d’oeuvre de putasserie et de vomissure.
Manifestation anti-IVG devant l’hôpital de Tenon
Pourquoi le gouvernement ne réagit-il pas face aux manifestations à caractère religieux ? Qu’est-ce que c’est que ce pays dans lequel laïcité est un mot d’ordre, dans lequel on s’indigne à la vue d’une burqa ou d’une mosquée (voire, dans certains cas extrêmes, la simple vue d’un arabe d’apparence musulmane est difficilement supportable), comment est-ce donc possible qu’une telle manifestation soit autorisée ? Les prières de rues sont manifestement INTERDITES (où j’ai raté un cours de droit) (et comme je suis pas en droit, c’est tout de même improbable), et pourtant, le contre-exemple ici est édifiant. Comme le dit la dame dans la vidéo : on met une église dans la rue, obligeant de fait à supporter une religion dans l’espace public. Ce n’est pas normal, et devrait être sévèrement puni. La très sulfureuse Civitas, par conséquent, ne s’en prive pas non plus.

En bonus, la même dame que dans la vidéo
Mais finalement, pourquoi manifestez-vous ? Pour vous opposer au changement ? Non, je ne crois pas. Je pense que, happés par la force du mouvement de groupe, vous avez juste l’impression d’appartenir à quelque chose de grand. Vous sentez que vous avez un combat, et ça y’est, vous existez. Vous êtes dans la cour des grands maintenant, en train d’essayer de laisser votre marque dans les livres d’histoire. Vous espérez pouvoir un jour dire « j’y étais« , mais vous vous moquez bien de la cause que vous défendez. Et pour satisfaire vos ego comme cela a déjà été fait, vous meurtrissez le monde sans vous en rendre compte. Et c’est même Le Figaro qui le dit.
Allez boire un thé, et laissez le monde en paix.




