Je sais si vous vous en rendez compte, mais je viens d’enfourcher ma plume pour parler d’un rappeur, chose absolument incongrue s’il en est une. Moi qui dans ma playlist a, avec fierté, les polonaises de Chopin et les impromptus de Schubert, je me découvre une passion pour le rap.
Une passion, c’est beaucoup dire en fait. Une passion pour Orelsan. On en avait parlé il y a quelques mois suite à sa chanson « Sale pute« , dans laquelle il parlait avec une certaine violence d’un adultère subit. Je lui avais déjà apporté mon soutien par principe, puisque je suis pour une liberté d’expression totale, et surtout parce que le texte était drôle et bien pensé. Je ne m’étais par contre pas penché plus que ça sur oeuvre toute entière.
Comme les mots clés sont là et que les détracteurs risquent d’arriver sur cette page, je dis d’emblée : je n’y connais que dalle en rap. Je suis telle une coiffeuse à qui on essaierait d’expliquer la relativité restreinte de M. Einstein (M pour Monsieur, pas pour Michel, décidément). Donc voilà, rien à foutre de ce que ces analphabètes prolétariens en mal d’amour péripatéticien peuvent dire sur l’inculte rappistique que je suis.
Je vais maintenant parler en tant que pseudo littéraire dramaturge-poète-romancier-critique-polémiste-éditorialiste-futur-maître-du-monde. Orelsan, c’est une écriture fabuleuse que l’on n’a plus connu depuis… bah, moi je connaissais pas en fait. Une tonne d’humour qui transpire au travers de textes finement ciselés, une capacité à l’auto-dérision fabuleuse et des punchlines (JE CROIS QUE ÇA S’APPELLE COMME ÇA, OUI) incroyablement géniales qui frappent sur tout le monde, les vieux, les mecs fashions, les femmes, les gays, etc.
Le truc d’Orelsan, c’est qu’il parvient magistralement à être dans son époque.
J’ai vraiment mal au dos. Ceci n’a pas forcément de rapport, mais c’est la catharsis. Peut-être que si je le dis, je me sentirai mieux. En fait non, mais ça valait le coup d’essayer. D’ailleurs, je vais vous faire un article sur le théâtre sous peu. Promis.
Donc, voilà. En accord avec son temps. Ça parle d’MSN, d’Emule, de lol, de Wizz, de Game-Boy (génération un poil rétro, mais sérieusement, faites pas chier). C’est parfois vulgaire mais avec tellement de références qu’on se demanderait presque si c’est pas fait exprès. On soupçonne, sans être sûr, qu’Orelsan est cultivé, ce qui est difficile à admettre pour un rappeur. Parce que je vous l’avoue, dans mon esprit, rappeur = CAP.
Je ne reviendrai jamais sur l’avis que j’ai sur les CAP.
Mais Orelsan. Ah Dieu, que c’est beau. Saint-Valentin m’a fait hurler de rire, les liens faits dans Pour le pire me font jouir, Changement et Peur de l’échec me font sortir les griffes pour m’accrocher au rideau tellement c’est beau. Un homme faible et qui le montre dans ses chansons, c’est juste fabuleux. D’ailleurs, son dernier tube sorti, Raelsan, est génial de ce point de vue. On sort de la merde ambiante des ratés musicaux préfabriqués pour entrer dans le monde d’un artiste qui se pose comme étant génialement génial. Je crois que c’est là en fait que se joue la différence. On sent qu’on a pas à faire à un gros con qui pense que Pétain est une rue de Bourges-les-Olivettes.
J’voudrais apporter quelque chose de positif, comme le depistage de Freddy Mercury <3
Donc voilà, vous savez tout. Moi, Mathieu Guglielmino (et j’ai pas peur de vous le dire), je suis transporté par tant de talent. Ça me fait autant gicler qu’un poème de Baudelaire.



