Archive pour ◊ avril, 2011 ◊

• Samedi 16 avril 2011 à 12 h 17
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J’ai fait cette nuit un rêve étrange et pénétrant. Exactement : étrange et pénétrant.

J’étais coincé dans un casino en ligne. Alors ne me demandez pas d’où je sors cette idée, c’est très simple. Voilà déjà des jours éternellement étirés que je cherche comment écrire un article drôle, engagé, violent, avec du sexe et des morceaux d’amour dedans, lyrique et poignant et qui caserait, entre autre, les mots « casino en ligne », pour la simple et bonne raison que j’adore les casinos (surtout quand ils sont en ligne, d’ailleurs).

Si bien que je suis tombé dans une violente psychose névrotique. J’ai tué trois personnes en essayant de leur soutirer leurs idées, dont une qui m’a confessé vouloir se découvrir des pouvoirs de super-héros et une autre qui avait l’ardent désir de quitter son statut de prolétaire affiché pour devenir péripatéticienne de luxe dans les quartiers branchés de la capitale. J’ai torturé femmes, enfants, nègres (ceux de PPDA notamment) et adolescents semi-pubères à coups de porte dans le petit orteil. Mais rien. Rien rien rien. Personne ne savait comment résoudre ce problème insoluble.

Et finalement, me voilà bouffé par la haine et l’inévitable folie psychédélique de mon être machiavélique et destructeur. J’aurais pu me trainer dans mon vomi et mes glaires sous les ponts obscurs de San Francisco ou de Saint-Yrieix-la-Perche, dans le limousin, que ce n’aurait pas été différent.

Je vous ai déjà parlé de Saint-Yrieix-la-Perche, dans le Limousin ? Non ? Diantre. Petite ville pittoresque au centre d’une région d’élevage, c’est à ses foires que la cité doit une part importante de son activité. Toutefois, ne déconsidérons pas son imprimerie employant jusqu’à 470 personnes et ses entreprises de fabrication de porcelaine. N’est-ce pas formidable ?

Mais comment, comment parler de Saint-Yrieix-la-Perche, et je m’étonne que vous ne m’ayez pas encore interrompu pour me le demander, oui, comment parler de Yrieix-la-Perche sans évoquer son histoire passionnante, qui débute en 510, avec la naissance du légendaire (oui, tenez-vous bien) Arède d’Atane, je vous le donne dans le mille ! Evidemment, vous le savez, mais c’est lui qui fonda le monastère très célèbre qui se transforma en collège de chanoines en 1044 avant Christine Boutin. N’est pas fantastique ?

Mais peu importe. Cette nuit, avachi sur un banc froid car n’ayant depuis plus de raison de vivre, j’ai fait ce rêve où j’étais coincé dans un casino en ligne. Où étaient mes deux sacoches d’herbe, mes soixante-quinze pastilles de mescaline, mes cinq feuilles d’acide-buvard carabiné, ma demi-salière de cocaïne, et ma galaxie complète et multicolore de remontants, tranquillisants, hurlants et désopilants que j’avais l’habitude de prendre quand j’allais au casino ? Sans téquila, sans rhum, et sans ampoules de nitrite d’amyle, la fête serait beaucoup moins drôle.

Penaud, je me suis donc rendu à la roulette russe, avec l’espoir de me faire un peu de fric pour subvenir à mes besoins et nourrir mes six gosses. Mais ces cons avaient perdu la boule, on a dû jouer avec l’œil de verre de Madame qui rentrait difficilement dans le flingue.

Quand je me suis rendu compte que personne n’avait de chaussettes, j’ai compris que cette soirée serait dramatique. J’ai bien essayé de m’enfuir sur le sol qui faisait xylophone, mais les machines à sous me barraient le passage ! Puis je me suis réveillé, en sueur, avec l’idée de génie me permettant d’inclure mes mots très discrètement. Mesdames, messieurs, bonsoir !

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• Mercredi 13 avril 2011 à 20 h 18
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Aujourd’hui, j’étais donc à Marseille, avec ma maman en conductrice aguerrie et expérimentée aux dangers de la route nerveuse des grandes villes. Le but du jeu était de se rendre d’un point A à un point B, situé approximativement dans le 8e arrondissement.

Cela est important pour la suite.

Mais commençons par le début. Sur les 80 premiers kilomètres, je pense que l’on peut dire avec une certaine fierté que le trajet ne s’est pas trop mal passé (si ce n’est que les pompes à essence avaient décidé de ne pas nous laisser faire le plein, entre les fermetures entre midi et deux, les disparitions soudaines de stations et autres mystérieux évènements). Là où les choses sont définitivement devenues drôles, c’est à partir de l’arrivée dans Marseille.

Marseille, enfin une ville. Une ville où des clochardes mi-femme mi-asiatique viennent te laver les vitres avec une certaine générosité. Le pire étant, je crois, que quand tu donnes 2€ à l’une d’entre elles, elle te répond :

- Je partage pas.

- Et moi, pourquoi vous me donnez rien ?

- MAIS FERME LES VITRES ET ACCÉLÈRE ! ATTENDS, ELLE S’ACCROCHE !

L’altruisme quand même, c’est quelque chose de fort.

- Bon. Continue sur 600 mètres et tourne à droite.

- Là ?

- Non, encore 550 mètres.

- J’ai une très mauvaise perception des distances.

- Non, tu déconnes ? Bien. Voilà. On est où là ? Putain de plan de merde, je savais que Google Maps c’était une mauvaise idée. En plus, ça veut dire quoi ça, et pourquoi y’a des chiffres écrits en vert et rouge ? Et quand est-ce qu’on mange ? J’ai envie de vomir. Je crois que je vais vomir. Oh, une librairie, on s’arrête ? J’aimerais bien du Faulkner.

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• Dimanche 10 avril 2011 à 10 h 21
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(La suite précédemment : Une bien mystérieuse disparition – Première partie)

Après l’explosion de la voiture d’Antonin, Gustavio ne sut plus où s’y prendre. Il se servit alors un verre de whisky tout en adoptant une pose plutôt mélancolique devant sa grande baie vitrée donnant sur le parc fleuri, baigné par de multiples fontaines. Il s’assit sur son grand fauteuil de velours, songeant au sens de la vie et à l’augmentation des prix soudains sur les serviettes de bains et les gants de douche.

Mais tout avait été détruit. La voiture, le capot, les sièges et le système élaboré de climatisation. Le corps avait dû être si endommagé qu’on n’en retrouva aucune trace, et l’ordinateur portable d’Antonin avait été carbonisé en même temps que ses notes écrites. Désespéré, Gustavio ne se rendit même pas à l’église pour prendre un peu de bon temps.

Toutefois, il croyait encore à la solution que lui donnerait la paire de chaussettes de Pie VI, dont vous remarquerez que l’auteur a fait correspondre les dates à l’aide de son génie caractéristique et de son talent inégalable.

Gustavio était perdu dans ses pensées quand le coussin sur lequel la chaussette était posée se mit à vibrer. Surpris, il s’approcha avec parcimonie de l’objet vibrant. Arrivé à sa hauteur, il déplaça la chaussette et s’empara du léger artéfact de tissu : la vibration venait de l’intérieur.

Il déchira alors qu’un geste vif la couture et enfouit sa main leste à l’intérieur, en ressortant alors un téléphone. « Un nouveau message d’Antonin » indiquait l’écran. Intrigué, Gustavio l’ouvrit, découvrant une adresse internet et une suite de chiffres étrange, terminée par un égal suivi d’un zéro et d’un point d’interrogation.

Sans perdre de temps, notre héritier au magnifique manoir pianota sur Google Chrome (qui est bien mieux que Firefox, mais sommes-nous là pour troller ? Je dis non !) l’adresse indiquée. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il tomba sur une page blanche, avec juste un champ de texte au centre et un bouton « Valider » sur le côté.

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• Samedi 09 avril 2011 à 10 h 47
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A cette époque de l’année, rien n’aurait pu laisser prévoir le drame qui se tramait alors. La France, bien qu’à cet instant baignée dans les fleurs lumineuses, tremblait de peur et d’angoisse, comprimée sous l’effroi diabolisant des sombres évènements qui agitaient le territoire hexagonal depuis déjà quelques semaines.

Antonin, jeune détective privé au chômage, n’était finalement pas dans un cas différent de tous ses camarades bouffés par la terreur. Harassé par les vagues de suicide, il avait essayé l’exil londonien, vénitien ou New-Yorkais, mais sans succès : il finissait toujours rattrapé par les évènements troublants d’une ampleur mondiale.

Ginette, la boulangère, s’était tuée en rentrant dans son four, inspirée par son grand-père Ulrich qui lui en avait raconté les bonheurs incroyables ; Edouard, le pharmacien, s’était piqué à l’œstradiol, faisant une overdose d’hormone féminine ; Emilie, la buraliste, s’était tranchée la gorge avec un ticket à gratter perdant.

C’était la débâcle la plus complète, la plus totale, la plus ravagée de ces dernières années. Antonin voyait ses proches pleurer dans la rue, assis sur des trottoirs usés ou perchés sur les branches fragiles de quelques arbres. Lui-même n’en pouvait plus de tant de haine, de tant de violence.

Les journaux titraient avec violence : « Le micro-onde : principal suspect dans l’affaire des disparitions », « Affaire du socketgate : la ville de Datang mise en cause par la cour de cassation », « Gammarelli : Le témoignage d’une marque à la pointe ».

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• Mardi 05 avril 2011 à 20 h 36
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Avec l’arrivée du printemps et les publications régimico-pubères des plus grands quotidiens féminins français, le peuple se lâche (à cette phrase, ma prof de philo écrirait « Ne soyez pas présomptueux ». Connasse celle là aussi. Genre parce que je dis « le peuple », je suis présomptueux. Encore une qui sait pas ce que c’est que la vanité. Si j’avais écrit « les bouseux de France », ouais, je dis pas, mais franchement, « le peuple »). Alors pourquoi le peuple se lâche me demanderez-vous avec une certaine envie qui brille dans vos yeux, je le vois bien, d’une réponse émanant de mon esprit supérieur.

Je comprends pas pourquoi « présomptueux ». En plus, elle a barré toutes mes parenthèses. Encore une vaginale frustrée probablement. Le pire, c’est qu’elle les a remplacées par vraiment de la bouse. Puis y’a des moments anthologiques, du style « A ce moment du devoir, on ne voit pas (encore) le rapport ». C’est sûr, j’en parle pas du tout plus tard. Ex parenthèsique :

« Le surmoi (ensemble des règles socio-culturelles) ».

Les parenthèses disparaissent miraculeusement à coup de rouge pour les remplacer par un superbe « ou » d’une littérature rarement retrouvée ailleurs que dans les plus belles pages de Martine à la Campagne. Et quand j’écris cette magnifique phrase :

« La pensée devient unidirectionnelle, et tant de contraintes entravent le déroulement d’une décision dans la liberté d’indifférence qu’il devient difficile de penser la conscience comme le moteur de la véracité d’une quelconque existence ».

Dans la marge « Barbarisme ». Bien.

Je sais même pas pourquoi je vous parle de ça, puisque j’avais prévu de parler du printemps. Le printemps et son lot de soleil, de filles en fleurs, d’étrons bourgeonnant et de serveurs idiots.

Quels cons ces serveurs. En plus d’estropier ton porte-feuille de ses dernières réserves à coup de 4€ la bouteille de Vittel de 33 cl, ils ne trouvent rien de mieux que de venir emmerder ton boule alors que t’es tranquillement installé devant ton cendrier.

C’est de cette façon (je mets des parenthèses (et si tu me lis, saches que je t’emmerde profondément Madame (eh ouais, tu me lis bien (et t’imagines pas comment) ) ), qu’après avoir bien passé 30 secondes (qui sont telle une éternité) à essayer de s’installer pour mettre ses pieds sur la chaise d’en face, tu te fais virer, passant 30 autres secondes à les enlever.

Ce qui fait au total 1 minute. Et 1 minute de la vie d’un homme c’est beaucoup.

De la vie d’une femme, déjà beaucoup moins.

Certes, vous me direz, on ne met pas ses pieds sur la chaise quand on est au café. Et on brûle pas 500 balles en direct. Et on dit pas qu’une femme peut s’ennuyer avec son mari et qu’elle rêve d’adultère. Et on parle pas d’un jeune homme au portrait extravagant qui se retrouve rongé par le vice et l’immoralité. Et on boit pas une autre boisson à la terrasse d’un café.

Oui, mais. J’avais quand même commandé un café, vous ne pouvez pas passer sous silence les détails qui vous dérangent, espèce de vicelard. Non, mais c’est beau comme façon d’agir. « Oui, je vais le critiquer en zappant la moitié de la scène véritable ». Ouais, joue pas trop à ça avec moi, parce que j’ai un pot de Nutella sur mon bureau, et que je n’hésiterai pas à m’en servir.

Puis un café, oui, mais il faisait chaud, il fallait donc me désaltérer, et il nous a pas apporté de verre d’eau cet idiot de serveur (qui se croyait vraiment dans un hôtel, vas-y que je fais la bise à ma copine, et patati, et patata, ON CROIT RÊVER). Donc qu’est-ce que je fais moi ? Vous auriez fait pareil : je sors la bouteille de coca de mon sac que je sens se réchauffer suivant la loi exponentielle du refroidissement de Newton.

« Hop hop, tu me rangeras ta bouteille, sinon je dois surveiller tout le monde, et ça va pas ».

Feignasse va. Si tu sais pas faire ce boulot, tu le fais pas, et tu fais éboueur, un truc qui demande beaucoup moins de compétences mentales, ou caissière. Ou tu pars en STG.