Cette interrogation m’a frappé de plein fouet il y a quelques jours, et bien que j’y réfléchisse depuis, je n’ai pas de réponse toute faite, de même que l’intérêt de la chose m’échappe encore.

Comme vous le savez sans aucun doute, l’homosexualité est aussi vieille que le monde, et ce ne sont pas les personnalités de notre époque et des siècles derniers qui manquent. On cite souvent la Grèce antique comme exemple de tolérance vis-à-vis de la population homosexuelle, mais sachez que bien avant les Grecs, les Egyptiens semblaient ne pas être révulsés par ce type de relations. On pense en particulier au pharaon Pepi II et son général Sissine (considérée comme une des premières relations du type, aux alentours de 2100 av. J.C. quand même) ou bien du viol d’Horus par Seth, qui reste une légende. Le pharaon Akhenaton (et pas le rappeur) est sujet aux controverses, de même que la gravure présentée ci-contre, découverte dans la nécropole de Saqqara en 1964, interroge les spécialistes quant à l’appartenance des deux personnages à la même patrie ou pas.
Revenons à la Grèce antique.
Dans la conscience collective, la Grèce représente la déviance à gogo et sodomie dans tous les coins de rue tellement qu’on s’éclatait trop. Pas du tout, c’est la pédérastie qui était tolérée, voire encouragée. On croit rêver ! Pour ceux qui ignorent tout de ça, l’armée spartiate était formée de binômes, un homme adulte (eraste) et son « élève » adolescent (éronème), lesquels étaient censés avoir des relations sexuelles pour renforcer le lien les unissant et être ainsi plus efficace au combat. Pour ne citer que lui, le bataillon de Thèbes par exemple était totalement gay, ce qui représente 150 couples d’amants. Et pour tout vous dire, il ne sera anéanti qu’en 338 avant J.C. par Alexandre, soit trente ans après sa création. Force est de constater que ça marchait plutôt pas mal.
A cette époque, ce n’est pas l’attirance réciproque entre deux mecs qui était répugnante, mais l’acte sexuel qui était, selon Platon par exemple, absolument absent dans l’accouplement animal. Platon Failed. L’homophilie (amour purement platonique) était très bien considérée puisque de nombreux auteurs se lâchent à mort dans leurs écrits et que pas mal de mâles (oh oh, c’est presque drôle) pratiquaient couramment, tandis que l’homosexualité (emboitement des protagonistes) était condamnable au même titre que l’adultère. D’ailleurs, c’est Proust qui déclare : « Aimer un jeune homme au temps de Socrate était comme, aujourd’hui, entretenir une maîtresse, puis se fiancer avec une autre femme« .
L’affichage public de son amour c’était donc super classe. Que ce soit Cicéron qui vante ses baisers avec son esclave ou encore Virgile qui clamait aimer exclusivement le sexe fort. L’expression était libre, les allusions étaient myriades. Chose qui a très vite disparue vers la fin du déclin de la Rome et le début du Christianisme.
Depuis des millénaires, ce n’est donc pas une cause qui est figée dans le temps ; ce n’est pas acquis, la popularité des gays pourrait être représentée par un schéma en dents de scie. Et c’est là que je veux en venir : Est-ce qu’aujourd’hui nous sommes dans un période ou être gay est une mode ?
En grand amateur de séries, je suis désolé, mais la remarque est pertinente. Que ce soit du personnage principal dans Six Feet Under à l’adolescent turbulent de Wisteria Lane dans Desperate Housewives (je parle d’Andrew dans les premières saisons, mais aujourd’hui on a carrément le couple banlieusard) en passant par l’athlète noir de Greek qui n’embrasse que dalle en public et le jeune Fred (Physique ou Chimie) en quête sa propre acceptation, les images se suivent mais ne se ressemblent pas. Y’en a pour tous les goûts, les séries ne sont pas hypes si elles n’ont pas leur gays. Et même plus, les gens protestent quand les personnages de leur feuilleton de l’après-midi font place à une branche de gui quand ils s’embrassent.
La téléréalité se fout dans la course aussi. J’ai suivi Mon Incroyable Fiancé II avec délice (j’ai beaucoup ris) et il m’ait arrivé, dans des moments de faiblesse, de regarder Next édition spéciale partouze dans le bus. On a eu droit à François Xavier dans la dernière saison de Secret Story, rappelez-vous, mais aussi à l’étonnant « Hot Cast » qui a fait jaser dans les chaumières.
Mais des propos comme ceux tenus par Christian Vanneste récemment, auxquels j’aurais dû réagir plus tôt (mais y’a prescription maintenant), cassent le paysage. Les agressions homophobes sont toujours présentes (cf. le cas Matthew Shepard, assassiné en 1998 à cause de son homosexualité) et il est toujours de ces fanatiques qui voudraient rétablir la chasse aux sorcières à la mode Ku Klux Klan.
Sommes nous aujourd’hui dans une période d’âge d’or pour les gays, qui chutera dans les années qui viennent, ou bien cette acceptation vis-à-vis de la société croîtra de façon exponentielle ? Impossible à dire. Mais peut-être que le fait que la culture gay devienne un phénomène de société aboutira peut-être à un nouveau système où l’homosexualité ne sera plus considérée comme une déviance génétique ou une conséquence d’un environnement instable.

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